mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2315113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUPPRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 10 octobre 2023 et 7 février 2024, M. C B, représenté par Me Dupré, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été entendu ni mis à même de présenter ses observations, en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait s'agissant de sa situation personnelle dès lors qu'il n'est pas célibataire ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article R. 611-1 du même code dès lors que le collège de médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été saisi ; le traitement médicamenteux n'est pas disponible en Guinée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 33 de la convention de Genève ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Specht-Chazottes, magistrate désignée,
- les observations de Me Dupré, avocate de M. B,
- et les observations de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 30 août 2022, déclare être entré irrégulièrement en France le 8 septembre 2022. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision du 21 décembre 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 mai 2023. Par un arrêté du 22 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
3. Il ressort des termes de la décision litigieuse que celle-ci vise, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont elle fait application. Elle mentionne, en outre, qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile, et qu'il ne justifie d'aucune attache particulière sur le territoire français ni n'établit qu'il serait exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que le préfet n'a pas à énoncer l'intégralité des éléments qu'il a pris en considération mais uniquement ceux portés à sa connaissance, sur lesquels il a entendu fonder sa décision, la décision en litige comporte, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui la fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il est indiqué qu'il est célibataire alors qu'il entretient une relation de concubinage avec une compatriote, la circonstance que l'intéressé aurait une relation sentimentale avec une personne résidant en France n'est pas de nature à remettre en cause son état matrimonial. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait informé les services préfectoraux de cette situation. Le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. B invoque la méconnaissance du principe du contradictoire, au demeurant sans viser aucun texte, en ce qu'il n'aurait pas été entendu ni mis à même de présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision litigieuse. D'une part, s'il a entendu fonder son moyen sur la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, relatives, pour certaines décisions administratives, à la mise en œuvre d'une procédure préalable contradictoire, ces dispositions ne sont pas applicables aux relations régissant les rapports entre les étrangers et l'administration en matière de droit au séjour des étrangers, ceux-ci étant entièrement régis par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, s'il a entendu se fonder sur les principes généraux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle défavorable ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit de l'intéressé d'être entendu n'impose alors pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié ou de l'octroi de bénéfice de la protection subsidiaire.
6. En l'espèce, s'il est constant que M. B, qui entre dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas été invité par l'administration à présenter, préalablement à l'édiction de la décision attaquée, ses observations écrites ou orales sur la perspective d'une mesure d'éloignement, il ne pouvait ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet d'une telle mesure après le rejet définitif de sa demande d'asile, dont il n'est pas contesté que la décision lui a été régulièrement notifié le 8 juin 2023. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant a été privé de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales ou qu'il aurait demandé, en vain, un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de porter à la connaissance de l'administration les informations relatives à son état de santé ou à la relation invoquée avec une compatriote avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Par suite, et alors que le préfet n'était pas tenu d'inviter M. B à formuler des observations avant l'édiction de la décision attaquée, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu son droit à être entendu en application de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre l'arrêté attaqué. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". L'article R. 611-1 du même code dispose que : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 611-2 de ce code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ".
9. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, l'autorité préfectorale n'est tenue, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.
10. M. B soutient que le préfet aurait dû saisir le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, préalablement à l'édiction de la décision litigieuse, dès lors qu'il justifie d'un état de santé nécessitant une prise en charge régulière. A cette fin, il produit une attestation d'un médecin psychiatre indiquant qu'il a fait l'objet de plusieurs consultations entre le 29 novembre 2022 et le 3 mars 2022 et précisant qu'il présente un état de stress post-traumatique avec hyper-vigilance et troubles du sommeil important, ainsi que diverses ordonnances entre le 3 mars 2023 et le 1er septembre 2023 lui prescrivant un traitement médicamenteux constitué d'antidépresseurs et tranquillisants. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, d'une part, qu'il aurait informé les services de la préfecture de ses problèmes de santé préalablement à l'édiction de la décision en litige, et, d'autre part, que le défaut de prise en charge de sa pathologie pourrait entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité au sens des dispositions précitées. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la disponibilité du traitement dans son pays d'origine, le moyen tiré du vice de procédure au regard des dispositions de R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
12. Le requérant soutient qu'il a fixé le centre de sa vie sociale et professionnelle en France dès lors qu'il a entrepris des démarches d'insertion professionnelle. Toutefois, alors que le requérant n'est présent que depuis un an à la date de la décision contestée, la circonstance qu'il est suivi à la mission locale de Nantes métropole depuis le 2 mai 2023 afin de se former au métier d'électricien et qu'il a signé un contrat d'engagement le 2 mai 2023 est insuffisante pour établir une insertion professionnelle en France. Par ailleurs, s'il soutient qu'il entretient une relation avec une personne dénommée Mme A, et fourni une reconnaissance préalable de paternité de l'enfant qu'elle porte datée du 13 janvier 2024, postérieure à la décision attaquée, ces éléments sont insuffisants pour établir la réalité et l'ancienneté de la vie commune alléguée. Au demeurant, sa compagne est également de nationalité guinéenne de sorte qu'il n'existe pas d'obstacle à ce que la cellule familiale se poursuive dans leur pays d'origine. Enfin, s'il se prévaut de l'absence de lien avec son pays d'origine dès lors qu'il a été banni de sa famille en Guinée, il ne démontre pas être dépourvu de tout lien avec son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
13. En septième et dernier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a ni pour objet ni pour effet de déterminer le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. Par suite, M. B ne peut utilement invoquer, à l'encontre de cette décision, la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celle des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle relève en outre que M. B n'établit pas être exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradant en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, cette décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.
15. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, eu égard à ce qui a été démontré précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, invoquée à l'encontre des décisions fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
17. M. B soutient qu'il encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Guinée dès lors qu'il a subi d'importantes violences de la part de son père et de ses oncles, de confession musulmane, du fait des relations amicales qu'il avait nouées avec de jeunes compatriotes de confession catholique, et que les autorités guinéennes n'ont pas été en mesure de le protéger. Toutefois, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations permettant d'établir qu'il encourrait, en cas de retour dans son pays, des risques pour sa vie ou sa liberté ou qu'il y serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants. Au demeurant, sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié, à l'appui de laquelle il invoquait ces mêmes circonstances, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile en raison de leur imprécision, qui ne permettait pas de tenir les faits et craintes comme établies. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 septembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que la demande présentée sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Dupré.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La magistrate désignée,
F. SPECHT-CHAZOTTES La greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026