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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2315203

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2315203

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2315203
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantBLACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 octobre 2023 et 18 octobre 2024, Mme I C, épouse G, M. E G, Mme A F et Mme D H, représentés par Me Blache, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 25 septembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions de l'autorité consulaire française en République démocratique du Congo refusant de délivrer à M. E G, Mme A F, Mme D H, Israël Basawula, Japhet Mbuku et Alfredine Diakiese des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer ces visas dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer leurs demandes de visa ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée à ce titre d'une erreur d'appréciation, dès lors que, d'une part, le lien familial est établi entre les demandeurs de visas et Mme C, d'autre part, A F a atteint l'âge de dix-neuf ans entre l'introduction de la demande d'asile de Mme C et la date à laquelle celle-ci a obtenu le statut de réfugiée ;

- M. G et Mme C ont maintenu des liens affectifs ;

- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à leur droit de mener une vie privée et familiale normale, au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par Mme C, M. G, Mme A F et Mme D H ne sont pas fondés ;

- la décision attaquée peut être légalement fondée sur les motifs tirés de ce qu'ils n'établissent pas avoir maintenu des liens affectifs, le lien de filiation paternel entre Mme F et M. G n'est pas établi et les documents produits pour établir le lien familial entre Mme C et M. G, et à l'égard D H, Israël Basawula, Japhet Mbuku et Alfredine Diakiese, ne sont pas probants.

Une note en délibéré a été enregistrée le 3 décembre 2024 pour les requérants et n'a pas été communiquée.

Par une décision du 11 septembre 2024, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Pétri, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pollono, substituant Me Blache, avocate de Mme C, M. E G, Mme A F et Mme D H.

Considérant ce qui suit :

1. Mme I C, épouse G, ressortissante congolaise née le 6 janvier 1972, a obtenu le statut de réfugiée par une décision du 27 novembre 2018 de la Cour nationale du droit d'asile. Des visas de long séjour ont été sollicités, au titre de la réunification familiale, par M. E G, qu'elle présente comme son conjoint, par Mme A F et Mme D H, et pour Israël Basawula, Japhet Mbuku et Alfredine Diakiese, qu'elle présente comme ses enfants, auprès de l'autorité consulaire en République démocratique du Congo (RDC), laquelle a rejeté ces demandes. Par une décision implicite née le 25 septembre 2023, dont Mme C, M. G, Mme A F et Mme D H demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre ces décisions consulaires.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; () / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

3. La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial du conjoint et des enfants d'une personne admise à la qualité de réfugiée ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs le défaut de valeur probante des documents destinés à établir la réalité du lien de filiation produits à l'appui de la demande de visa.

4. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Aux termes de cet article 47 : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

5. Enfin, il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux et ou révélerait une situation contraire à la conception française de l'ordre public international.

En ce qui concerne M. G :

6. Pour rejeter le recours préalable formé contre le refus consulaire opposé à M. G, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être regardée comme s'étant fondée, ainsi qu'elle est réputée le faire en vertu des dispositions de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le motif opposé par ces refus consulaires tiré de ce que son identité et son lien familial avec Mme C ne sont pas établis.

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment d'un jugement supplétif rendu le 23 août 2018 par le tribunal de paix de Matadi et de l'acte de naissance pris en transcription dudit jugement, établi par un officier d'état civil le 15 octobre 2018, que M. G est né le 12 décembre 1970 à Kinshasa, informations confirmées par les mentions figurant sur son passeport délivré le 11 janvier 2019 et non contestées par le ministre de l'intérieur. D'autre part, les requérants produisent une copie certifiée conforme d'un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil, établi par les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 4 septembre 2019, indiquant que Mme C et M. G se sont mariés le 20 mai 2004 à Matadi (République démocratique du Congo). Par suite, et alors qu'en l'absence de mise en œuvre par l'administration d'une procédure d'inscription en faux, les documents délivrés par l'OFPRA font foi, l'identité de M. G et son lien matrimonial avec Mme C doivent être regardés comme établis. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant le recours formé par M. G.

8. Toutefois, pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre de l'intérieur fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que Mme C et M. G n'ont pas maintenu de liens affectifs depuis l'arrivée en France en 2013 de Mme C. Le ministre doit être regardé comme sollicitant implicitement une substitution de motif.

9. Le motif tiré de ce que les liens affectifs n'ont pas été maintenus entre les époux n'est pas au nombre des motifs d'ordre public ou énumérés à l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier le refus de délivrance d'un visa de long séjour au conjoint d'un réfugié. En tout état de cause, si Mme C est arrivée en France en 2013, elle n'a obtenu le statut de réfugié qu'en 2018. Elle explique, en outre, que sa famille s'est enfuie en Angola et qu'il leur a été extrêmement difficile de maintenir des contacts au début de cet exil. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a pu reprendre des liens affectifs avec son époux à partir de 2020, soit depuis trois ans, ainsi qu'en attestent les échanges via une messagerie instantanée et les transferts d'argent réalisés au profit de celui-ci. Par suite, la substitution de motifs ne peut être accueillie.

En ce qui concerne Mme A F, Mme D H, Israël Basawula, Japhet Mbuku et Alfredine Diakiese :

10. En premier lieu, les décisions consulaires visent les articles L. 561-2 à L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et L. 434-9 du même code, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Elles indiquent les motifs sur lesquels elles sont fondées. Ces décisions et, partant, la décision attaquée, comportent un exposé suffisant des considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit donc être écarté comme manquant en fait.

11. En deuxième lieu, les requérants ne contestent pas le motif opposé par les refus consulaires, et sur lequel la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit, en vertu des dispositions de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, être regardée s'être fondée, tiré de ce que les documents produits à l'appui de leurs demandes de visas ne permettent pas de justifier que le lien de filiation n'est établi qu'à l'égard de la personne qu'ils entendent rejoindre en France, ou que l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux, ou qu'ils auraient été confiés à la personne qu'ils entendent rejoindre en France en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère.

12. En tout état de cause, pour justifier que Mme D H, Israël Basawula, Japhet Mbuku et Alfredine Diakiese sont issus de l'union de Mme C et M. G, les requérants produisent un jugement supplétif rectificatif n°RC.9005/TP, rendu par le tribunal de paix de Boma, ainsi que des copies intégrales d'actes de naissance pris en transcription de ce jugement, établis par un officier d'état civil de la ville de Boma. Toutefois, si ces actes font référence au jugement supplétif cité précédemment, portant le numéro RC.9005/TP, rendu le 9 décembre 2019, il est fait mention d'une audience qui se serait tenue, sur la première page dudit jugement, le " neuf vingt-sept " novembre 2019, puis dans ses motifs, le 27 novembre 2019 et le 25 octobre 2019 et enfin dans l'acte de signification de ce jugement supplétif le 27 novembre 2018. Par ailleurs, ledit jugement ne précise pas si le jugement initial du 4 juillet 2018 a été annulé, celui n'étant au demeurant pas produit à la présente instance. Eu égard à ces éléments pris dans leur ensemble, le jugement rectificatif n°RC.9005/TP doit être regardé comme présentant un caractère frauduleux, ôtant ainsi aux actes de naissance y afférents toute valeur probante. Par ailleurs, les documents produits au titre de la possession d'état ne sont pas suffisants pour établir l'identité des intéressés et leur lien de filiation avec Mme C.

13. En troisième lieu, pour rejeter le recours préalable formé contre le refus consulaire opposé à Mme A F, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être regardée comme s'étant fondée, ainsi qu'elle est réputée le faire en vertu des dispositions de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le motif opposé par ces refus consulaires tiré de ce qu'elle était âgée de plus de dix-neuf ans à la date de sa demande de visa.

14. Pour l'application des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énoncées au point 2, l'article R. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La demande de réunification familiale est initiée par la demande de visa des membres de la famille du réfugié ou du bénéficiaire de la protection subsidiaire mentionnée à l'article L. 561-5. Elle est déposée auprès de l'autorité diplomatique ou consulaire dans la circonscription de laquelle résident ces personnes ". Il résulte de ces dispositions que l'âge de l'enfant pour lequel il est demandé qu'il puisse rejoindre son parent réfugié sur le fondement de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être apprécié à la date de la demande de réunification familiale, c'est-à-dire à la date à laquelle est présentée la demande de visa à cette fin, sans qu'aucune condition de délai ne puisse être opposée. La circonstance que cette demande de visa ne peut être regardée comme effective qu'après son enregistrement par l'autorité consulaire, qui peut intervenir à une date postérieure, est sans incidence à cet égard. Par ailleurs, lorsqu'une nouvelle demande de visa est déposée après un premier refus définitif, il convient, pour apprécier l'âge de l'enfant, de tenir compte de cette demande, et non de la première demande.

15. Les dispositions précitées ne peuvent toutefois recevoir application dans le cas où l'enfant a atteint l'âge de dix-neuf ans entre la demande d'asile de son parent et l'octroi à celui-ci du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire. Dans cette hypothèse, sous réserve que la demande de réunification ait été introduite dans les trois mois suivant l'octroi de la protection, l'âge doit être apprécié à la date de la demande d'asile.

16. Il ressort des pièces du dossier que Mme A F, née le 5 mars 1999, avait atteint l'âge de dix-neuf ans entre la demande d'asile de Mme C, qu'elle présente comme sa mère, et l'octroi du statut de réfugiée de celle-ci le 27 novembre 2018 et plus de trois mois séparent cette date du 21 mai 2019, qui est celle à laquelle elle a présenté sa demande de visa auprès de l'autorité consulaire . Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant le recours formé par Mme A F, pour le motif énoncé au point 13.

17. En quatrième et dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 12 et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C, à supposer sa filiation établie, entretiendrait une vie familiale et affective avec Mme A F, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée uniquement en tant qu'elle rejette le recours formé par M. G.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

19. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement, mais uniquement, qu'il soit procédé à la délivrance d'un visa de long séjour à M. G. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

20. Mme C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) à verser à Me Blache, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, née le 25 septembre 2023, est annulée, en tant qu'elle rejette le recours formé par M. G.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à M. G un visa de long séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Blache la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce au versement de la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme I C, à M. E G, à Mme A F et à Mme D H, ainsi qu'à Me Blache et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 25 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Claire Chauvet, présidente,

Mme Marina André, première conseillère,

M. Emmanuel Bernard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La rapporteure,

Marina B

La présidente,

Claire Chauvet

La greffière,

Anne Voisin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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