mercredi 15 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2315274 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2023 sous le numéro 2315274, M. D D A et Mme B E C, représentés par Me Pollono, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier la mesure d'injonction, prononcée par ordonnance n° 2308893 du 6 juillet 2023, demeurée sans effet, en l'assortissant d'une astreinte de 1 000 euros par jour de retard
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros HT au profit de Me Pollono, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée, à son profit en application des dispositions de ce dernier article.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et au rejet du surplus.
Il informe le tribunal qu'un visa de long séjour a été délivré à Mme E C.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. D A par décision du 17 octobre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2308893 rendue le 6 juillet 2023 par la juge des référés de ce tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 octobre 2023, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant M. D A et Mme E C,
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Et aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ". Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.
2. Un visa de long séjour a été délivré 29 octobre 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, à Mme B E C. L'ordonnance susvisée n° 2308893, par laquelle il a notamment été enjoint au ministre de l'intérieur de faire procéder au réexamen de la demande de visa présentée par l'intéressée au titre de la réunification familiale dans le délai d'un mois a ainsi produit tous ses effets et doit être regardée comme entièrement exécutée. Par suite, la demande des requérants tendant au prononcé d'une mesure complémentaire destinée à assurer l'exécution de cette ordonnance est désormais dépourvue d'objet. Il n'y a, en conséquence, plus lieu d'y statuer.
3. M. D A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, Me Pollono, son avocate, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pollono d'une somme de 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. D A et Mme E C tendant à l'application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat versera à Me Pollono une somme de 500 euros (cinq cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui/celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D D A et Mme B E C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pollono.
Fait à Nantes, le 15 novembre 2023.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
M-C. MINARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026