mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2315660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PRELAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2023, Mme A F, représentée par Me Prélaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme F a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine, président,
- les observations de Me Prélaud, avocate de Mme F.
Une pièce, enregistrée le 25 avril 2024, a été présentée par Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F, ressortissante gabonaise née le 29 avril 1999, est entrée en France le 4 novembre 2021, munie d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa de long séjour à entrées multiples valable du 21 octobre 2021 au 21 octobre 2022, valant carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", qui lui avait été délivré le 21 octobre 2021 par l'autorité consulaire française à Libreville. Elle a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le renouvellement de ce titre de séjour. Par l'arrêté du 13 janvier 2023 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé ce renouvellement et a assorti ce refus d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque ce délai sera expiré.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 5 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné à la directrice des migrations et de l'intégration délégation à l'effet de signer dans le cadre des attributions relevant de sa direction " - tous arrêtés et décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception des arrêtés réglementaires et des circulaires au maires ", et plus particulièrement au titre du bureau du séjour, " - les décisions portant refus de titre de séjour () assorties ou non d'une mesure d'obligation de quitter le territoire, d'une décision fixant le pays de renvoi, d'une décision portant sur le délai de retour volontaire () ", et au titre du bureau du contentieux et de l'éloignement, " - les décisions portant obligation de quitter le territoire assorties ou non d'une décision portant sur le délai de retour volontaire avec ou sans mesure de surveillance ; () / - les décisions fixant le pays de renvoi () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme F, le préfet de la Loire-Atlantique a relevé, d'une part, que la formation à laquelle elle était inscrite pour l'année scolaire 2022-2023 ne nécessitait pas sa présence sur le territoire français dès lors qu'il s'agit d'une formation à distance et, d'autre part, que l'intéressée ne justifiait pas de la réalité et du sérieux de ses études.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour l'année 2021-2022, Mme F était inscrite en première année de brevet de technicien supérieur de commerce international dans un établissement d'enseignement privé. Elle ne justifie pas avoir obtenu cette première année et le bulletin afférent au semestre 2 fait état d'une moyenne de 6, 1 sur 20, de 82 absences dont 80 injustifiées, d'un " avertissement de travail de l'équipe pédagogique " et, quant au passage en seconde année, d'un redoublement conseillé. Pour l'année 2022-2023, Mme E est inscrite en première année de brevet de technicien supérieur de gestion de la PME auprès du centre national d'enseignement à distance. Elle n'apporte aucun élément quant à la réalité des études ainsi effectivement menées, qui ne nécessitent pas une présence sur le territoire français, mais justifie seulement d'une inscription auprès de cet établissement public. La requérante ne peut valablement se prévaloir de la circonstance qu'elle exercerait une activité salariée accessoire, ce qui rendrait difficile la conduite d'études. Dès lors, il ne ressort pas du dossier que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en estimant que l'intéressée ne justifie pas du caractère réel et sérieux de son parcours d'études et qu'en conséquence, elle n'est pas en droit de prétendre au renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante.
6. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de titre de séjour, Mme F n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.
7. Le séjour de la requérante en France est récent. Elle ne justifie pas d'études effectives réelles et sérieuses, alors qu'elle avait été autorisée à séjourner en France seulement à fin d'études mais non en considération de sa vie privée ou familiale. Elle est célibataire et, à la date de l'arrêté attaqué, n'a aucune tierce personne à sa charge. S'il est fait état de la naissance d'un enfant, dont la requérante serait la mère, et de l'état de santé de cet enfant, cette naissance, le 10 octobre 2023, est de neuf mois postérieure à l'arrêté attaqué, dont la légalité s'apprécie à sa date. La requérante ne justifie pas d'attaches personnelles particulières, notamment privées ou familiales, en France. Elle peut poursuivre son existence dans le pays dont elle est la ressortissante, où elle a vécu pendant plus de vingt-deux ans, qui lui a délivré le 25 août 2021 un passeport valable jusqu'au 25 août 2026 et où elle peut poursuivre des études, ainsi d'ailleurs qu'elle indique qu'elle le faisait avant sa venue en France. Ainsi, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de Mme F en France, comme des effets d'une obligation de quitter le territoire français, il ne ressort pas du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une telle obligation sur la situation personnelle de l'intéressée.
8. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français, Mme F n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de ce refus et de cette obligation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Il ne peut, en conséquence, être fait droit aux conclusions à fin d'injonction qu'elle présente.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Prélaud.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le président-rapporteur,
A. DURUP DE BALEINE
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. THOMAS
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026