jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2316002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | HUGEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 27 octobre 2023 et 7 novembre 2023, Mme G E, M. F J, Mme I B et M. C B, représentés par Me Papin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel le maire de Briollay a délivré à la société Bluverda un permis de construire trois maisons individuelles ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Briollay la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été signé par une autorité compétente ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 9 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 avril 2024 et 11 juin 2024, la société Bluverda, représentée par Me Hugel, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 500 euros soit mise à la charge des requérants.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, la commune de Briollay, représentée par Me Blin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme D, rapporteuse publique,
- les observations de Me Dezalay, substituant Me Hugel, représentant la société pétitionnaire,
- et les observations de Me Blin, représentant la commune de Briollay.
Considérant ce qui suit :
1. La société Bluverda a déposé le 8 février 2023 en mairie de Briollay une demande de permis pour la construction de trois maisons individuelles sur un terrain situé Chemin du Calvaire en zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole. Par arrêté du 2 mai 2023, le maire a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Mme G E et autres demandent l'annulation de cet arrêté.
2. Enfin, par arrêté du 29 mai 2024 non contesté dans la présente instance, le maire de Briollay a délivré à la société Bluverda un permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. A titre liminaire, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
4. Il résulte de ce qui précède que les moyens de la requête dirigés contre l'arrêté du 2 mai 2023 doivent être examinés en tenant compte de la régularisation des illégalités éventuellement intervenue par la délivrance du permis de construire modificatif du 29 mai 2024.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué :
5. Par un arrêté du 29 mai 2020, transmis en préfecture le 17 juin 2020 et affiché en mairie le 18 juin 2020, le maire de Briollay a accordé une délégation de fonctions à M. H A, adjoint au maire, et l'a autorisé à signer les " autorisations et actes relatifs à l'occupation des sols ". La circonstance que cet arrêté de délégation n'a pas été mentionné dans les visas de l'arrêté litigieux est sans incidence sur la légalité de cet acte. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés du caractère incomplet, insuffisant ou imprécis des documents du dossier de demande de permis de construire :
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
S'agissant du plan de masse de demande de permis de construire :
7. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire initial ne fait pas apparaître les plantations maintenues, supprimées ou créées. Cette insuffisance n'est pas compensée par les autres pièces de ce dossier, notamment la notice, et est susceptible, dans les circonstances de l'espèce, d'avoir faussé l'appréciation des services instructeurs quant à la conformité du projet aux règles de l'article 9 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme intercommunal. Toutefois, les plans de bornage et de masse, joints au dossier de demande de permis modificatif, qui a donné lieu à l'arrêté du 29 mai 2024 rappelé au point 2, font apparaître les plantations maintenues, supprimées ou créées. Ce permis de construire modificatif a donc eu pour effet de régulariser le caractère incomplet du dossier de demande de permis initial au regard de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme. Par suite, les requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions.
S'agissant du document graphique du dossier de demande de permis de construire :
9. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / () ".
10. Les requérants soutiennent que les documents graphiques joints au dossier de demande de permis de construire initial ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes ainsi que le traitement des accès et du terrain.
11. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire initiale présente l'état initial du site ainsi que l'environnement du projet. Elle comporte des plans de situation du projet, des vues cadastrales du lieu d'implantation, ainsi que des photographies permettant de visualiser les abords et alentours du terrain, et notamment les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants. Le dossier inclut également un plan de masse, les plans de chaque façade du projet ainsi que différents plans de coupe permettant d'apprécier l'implantation et le volume des constructions. En outre, la notice architecturale du projet, figurant dans le dossier de demande, expose le traitement de la construction projetée, ses caractéristiques ainsi que les matériaux et couleurs utilisés. Par ailleurs, il ne ressort pas des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, qui n'imposent que la production d'un seul document graphique d'insertion, qu'un tel document doive représenter le rendu du projet depuis chaque construction avoisinante. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande permet d'apprécier l'insertion du projet de construction notamment par rapport aux constructions avoisinantes ainsi que le traitement des accès et du terrain, sans que l'appréciation du service instructeur sur ces points ait pu être faussée. En tout état de cause, le dossier de permis de construire modificatif comporte six documents graphiques permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole :
12. Aux termes de l'article 9 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole relatif aux obligations imposées en matière d'espaces libres et de plantations : " Les espaces libres* de toute construction doivent faire l'objet d'un traitement paysager afin de participer à l'amélioration du cadre de vie, à la gestion de l'eau pluviale et au maintien d'une biodiversité en milieu urbain. / Pour ces espaces, le choix des essences doit être lié au caractère de l'espace (dimension, vocation, environnement). / Il sera recherché une valorisation des végétaux existants notamment les arbres de haute tige et arbustes. / Les aires de stationnement devront contribuer à la qualité des espaces notamment par l'emploi de plantations d'accompagnement. / () ". Le lexique annexé au règlement écrit du plan local d'urbanisme définit l'espace libre comme la " superficie du terrain non occupée par l'emprise au sol des constructions ".
13. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale du dossier de demande de permis de construire initial précise que " le terrain sera arboré d'au moins un arbre à haute tige pour 100 m2 d'espace libre de toute construction " et que des arbres d'essences variées seront plantés. En outre, si, ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, les éléments du dossier de demande de permis de construire initial n'ont pas mis en mesure l'autorité compétente de vérifier le respect par le projet en cause des dispositions citées au point précédent et, en particulier, de vérifier que les aires de stationnement contribuent à la qualité des espaces libres, il ressort du plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire modificatif que les aires de stationnement prévues au projet seront accompagnées de plantations pour assurer la qualité des espaces conformément aux prescriptions de l'article 9 précité. Dans ces conditions, le permis de construire initial a été régularisé sur ce point par le permis de construire modificatif. Il ressort enfin de ce plan de masse que les espaces libres du projet, qui représentent plus de la moitié de la superficie du terrain d'assiette du projet, comprendront notamment des espaces de pleine terre où seront plantés 9 arbres et des haies. Les espaces libres du projet ont ainsi fait l'objet d'un traitement paysager, conformément aux dispositions citées au point précédent, lesquelles n'interdisent pas en tout état de cause la suppression de plantations existantes. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 précité doit, en toutes ses branches, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole :
14. Aux termes de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme d'Angers Loire Métropole relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées : " Tout terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin, dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions et aménagements envisagés. Les voies à créer destinées à la circulation automobile doivent présenter un passage suffisamment dimensionné. / Les accès* et les voies doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de la collecte des ordures ménagères. / Les voies en impasse* ne doivent pas avoir une longueur supérieure à 100 mètres et doivent être aménagées dans leur partie terminale pour permettre aux véhicules de faire aisément demi-tour : impasse en boucle ou avec aire de retournement. L'aire de retournement n'est pas nécessaire lorsque l'impasse est en boucle ou qu'il est aménagé une autre voie de sortie accessible aux véhicules de service (lutte contre l'incendie, collecte des déchets ménagers, etc.). / () ".
15. D'une part, les requérants soutiennent que la voie située sur la parcelle cadastrée section AB n°63 ne respecte pas les dispositions précitées dès lors qu'aucune aire de retournement n'y est aménagée dans sa partie terminale. Toutefois, et à supposer que cette voie puisse être considérée comme une voie d'accès au terrain d'assiette des constructions et non comme une voie interne à ce terrain, le permis de construire modificatif prévoit, en tout état de cause, la réalisation d'une aire de retournement propre à régulariser le permis initial. Par suite, il y a lieu d'écarter cette première branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme.
16. D'autre part, les requérants soutiennent qu'aucun dispositif n'est prévu afin d'assurer la sécurité de l'accès au projet depuis la route des Varennes, qui est déjà particulièrement empruntée. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la route des Varennes, qui dessert le projet en litige, ne puisse absorber le surcroît de trafic lié aux allées et venues des futurs occupants des trois maisons individuelles projetées. Par ailleurs, l'accès au projet est situé à un endroit où la route des Varennes présente un caractère rectiligne et offre une visibilité satisfaisante en entrée comme en sortie. Il suit de là que la deuxième branche du moyen ne peut qu'être écartée.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme G E et autres doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Briollay, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une somme que ceux-ci demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le paiement d'une somme à verser à la commune de Briollay et à la société Bluverda au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Briollay et de la société Bluverda présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à la commune de Briollay et à la société Bluverda.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026