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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2316401

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2316401

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2316401
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantLE FLOCH

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2023 et 4 octobre 2024 sous le numéro 2316401, M. C D B, agissant en son nom propre ainsi qu'en qualité de représentant légal des enfants mineurs I C D, G C D, H C D et E C D, ainsi que M. J C D, représentés par Me Le Floch, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision née le 29 octobre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions du 2 août 2023 de l'ambassade de France en Ethiopie refusant de délivrer à M. D ainsi qu'à I C D, à G C D, à H C D ainsi qu'à E C D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale a, à son tour, implicitement refusé de délivrer les visas sollicités ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen des demandes de visas, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à leur conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;

- il n'est pas établi que la commission de recours était régulièrement composée lors de la séance au cours de laquelle cette décision litigieuse a été prise ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit, dès lors que M. D, âgé de dix-huit ans lors du dépôt de sa demande de visa, est éligible au bénéfice de la réunification familiale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que l'ensemble de la famille a sollicité le bénéfice de la réunification familiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le nouveau motif opposé en défense par le ministre de l'intérieur est entaché d'une erreur de droit, dès lors que M. D B n'avait pas à démontrer l'existence d'un maintien " de liens avec ses enfants avant et après l'exil ".

Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés et sollicite une substitution de motifs.

M. D B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 août 2024.

II- Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 février et 4 octobre 2024 sous le n° 2402556, M. C D B et M. F C D, représentés par Me Le Floch, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision née le 7 janvier 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 10 octobre 2023 de l'ambassade de France en Ethiopie refusant de délivrer à M. D un visa de long séjour au titre de la réunification familiale a, à son tour, implicitement refusé de délivrer le visa sollicité ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de la demande de visa, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à leur conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- il n'est pas établi que la commission de recours était régulièrement composée lors de la séance au cours de laquelle cette décision litigieuse a été prise ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le nouveau motif opposé en défense par le ministre de l'intérieur est entaché d'une erreur de droit, dès lors que M. D B n'avait pas à démontrer l'existence d'un maintien " de liens avec ses enfants avant et après l'exil ".

Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés et sollicite une substitution de motifs.

M. F C D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 28 août 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 novembre 2024 :

- le rapport de M. Templier, conseiller ;

- et les observations de Me Le Floch, avocate des requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant somalien, s'est vu accorder en France le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 22 septembre 2020. Des demandes de visas de long séjour au titre de la réunification familiale ont été déposées par M. J C D, M. F C D, I C D, G C D, H C D et E C D, ses enfants, auprès de l'ambassade de France en Ethiopie, laquelle a rejeté ses demandes par des décisions des 2 août et 10 octobre 2023. Saisie de recours administratifs préalables obligatoires formés contre ces décisions consulaires, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, implicitement refusé de délivrer les visas sollicités par des décisions nées les 29 octobre 2023 et 7 janvier 2024, dont les requérants demandent l'annulation au tribunal.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2316401 et 2402556 concernent des demandeurs de visas se réclamant d'une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de décision explicite prise dans le délai de deux mois, le recours administratif exercé devant les autorités mentionnées aux articles D. 312-3 et D. 312-7 est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée. L'administration en informe le demandeur dans l'accusé de réception de son recours ".

4. D'une part, s'agissant de M. J C D et de M. F C D, il ressort des dispositions précitées que les décisions en litige doivent être regardées comme étant fondées sur les mêmes motifs que les décisions consulaires auxquelles elles se sont substituées, tiré de ce que les demandeurs étaient âgés de plus de dix-huit ans lorsqu'ils ont déposé leurs demandes de visas auprès des autorités consulaires.

5. D'autre part, s'agissant de I C D, G C D, H C D et E C D, il ressort des dispositions citées au point 2 que la décision en litige doit être regardée comme étant fondée sur le même motif que les décisions consulaires auxquelles elle s'est substituée, tiré de ce que leurs demandes de visas ont été déposées dans le cadre d'une demande de réunification familiale partielle.

En ce qui concerne les refus de visas opposés à M. J C D et à M. F C D :

6. D'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire () / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite ". Pour l'application de ces dispositions, l'article R. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La demande de réunification familiale est initiée par la demande de visa des membres de la famille du réfugié ou du bénéficiaire de la protection subsidiaire mentionnée à l'article L. 561-5. Elle est déposée auprès de l'autorité diplomatique ou consulaire dans la circonscription de laquelle résident ces personnes ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles () L. 434-3 à L. 434-5 () sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement ". Aux termes de l'article L. 434-3 de ce code : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ". Aux termes de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France ".

8. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles des articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, auxquelles l'article L. 561-4 renvoie, que le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale, par ses enfants non mariés, y compris par ceux qui sont issus d'une autre union, à la condition que ceux-ci n'aient pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été présentée.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. J C D et M. F C D, nés respectivement les 11 mai 2004 et 1er juin 2005, ont déposé leurs demandes de visas respectivement les 13 décembre 2022 et 1er août 2023, alors qu'ils étaient âgés de moins de dix-neuf ans. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer les visas sollicités au motif qu'ils étaient âgés de plus de dix-huit ans à la date de dépôt de leurs demandes de visas, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne les refus de visas opposés à I C D, à G C D, à H C D et à E C D :

10. D'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire (). ". Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables ".

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants ". A résulte de ces dispositions que le regroupement familial doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'un regroupement familial partiel ne peut être autorisé à titre dérogatoire que si l'intérêt des enfants le justifie. L'intérêt des enfants doit s'apprécier au regard de l'ensemble des enfants mineurs du couple, qu'ils soient ou non concernés par la demande de regroupement. C'est au ressortissant étranger qu'il incombe d'établir que sa demande de regroupement familial partiel est faite dans l'intérêt des enfants.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. F C D, frère des demandeurs, a déposé une demande de visa auprès de l'ambassade de France en Ethiopie, laquelle a rejeté cette demande le 10 octobre 2023. Il ressort par ailleurs des explications présentées dans le recours administratif préalable obligatoire adressé à la commission de recours que, si la demande de visa déposée par M. D avait dû être déposée plus tardivement, le temps pour l'intéressé de se voir délivrer un passeport, qui lui a été effectivement délivré le 11 juin 2023, ce dernier avait déposé sa demande de visa à la date à laquelle est née la décision implicite de rejet litigieuse. Par suite, M. D B est fondé à soutenir qu'en refusant de délivrer à ses enfants les visas sollicités au motif tiré de l'existence d'une situation de réunification familiale partielle, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur de fait.

13. Toutefois, l'administration peut faire valoir devant les juges de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors aux juges, après avoir mis à même la partie ayant introduit le recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, ils peuvent procéder à la substitution demandée, sous réserve, toutefois, qu'elle ne prive pas la partie requérante d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

14. Pour établir que les décisions attaquées étaient légales, le ministre de l'intérieur fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que les visas ne peuvent être délivrés du fait de l'absence de maintien des liens familiaux entre les demandeurs de visas et le réunifiant.

15. La circonstance que M. D B, qui entend se prévaloir de son droit à la réunification familiale, n'établirait pas avoir maintenu des liens avec ses enfants depuis son départ de Somalie n'est pas de nature à justifier que la délivrance de visas de long séjour leur soient refusés, un tel motif n'étant pas opposable dans ce cadre. Par suite, la demande de substitution de motifs présentée en défense ne peut être accueillie.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que les requérants sont fondés à demander l'annulation des décisions en litige.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

17. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que des visas de long séjour soient délivrés à M. J C D, à M. F C D ainsi qu'à I C D, à G C D, à H C D et à E C D. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer aux intéressés les visas sollicités, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

18. M. D B et M. D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 800 euros au titre de ces dispositions, sous réserve que Me Le Floch renonce à la part contributive de l'Etat.

D É C I D E :

Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 29 octobre 2023 est annulée.

Article 2 : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 7 janvier 2024 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à M. J C D, à M. F C D ainsi qu'à I C D, à G C D, à H C D et à E C D les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à Me Le Floch la somme globale de 1 800 (mille huit cents) euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C D B, à M. J C D, à M. F C D, au ministre de l'intérieur et à Me Le Floch.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,

Mme Glize, conseillère,

M. Templier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le rapporteur,

P. TEMPLIERLa présidente,

M. LE BARBIER

La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N 2316401 - 2402556

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