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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2316407

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2316407

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2316407
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantLE FLOCH

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 3 novembre 2023 sous le n° 2316407, M. A E C et Mme B D, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de I E C, H E C, G E C, J E C et K E C, représentés par Me Le Floch, demandent au tribunal :

1°) d'admettre M. E C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 12 octobre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions de l'autorité consulaire française à Addis-Abeba (Ethiopie) refusant de délivrer à Mme D, I E C, H E C, G E C, J E C et K E C, des visas de long séjour au titre de la réunification familiale a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen des demandes dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que la commission était régulièrement composée lors de la séance au cours de laquelle la décision attaquée a été prise ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'identité des demandeurs et leur lien familial avec le réunifiant sont établis par les documents d'état civil produits et par la possession d'état ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires, produites pour les requérants, ont été enregistrées les 9 octobre et 7 novembre 2024 et n'ont pas été communiquées.

M. E C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juillet 2024.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 avril et 30 avril 2024 sous le n° 2405871, M. A E C et Mme B D, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux F E C, représentés par Me Le Floch, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'admettre M. E C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 11 avril 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'ambassade de France à Addis-Abeba (Ethiopie) refusant de délivrer à F E C un visa de long séjour au titre de la réunification familiale a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de la demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que la commission était régulièrement composée lors de la séance au cours de laquelle la décision attaquée a été prise ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qui concerne le caractère partiel de la demande de réunification ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'identité de la demandeuse et son lien de filiation avec le réunifiant sont établis par les documents d'état civil produits et par la possession d'état ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 août 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 octobre 2024 à 17h00.

Des pièces complémentaires, produites pour les requérants, ont été enregistrées les 9 octobre et 7 novembre 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'ont pas été communiquées.

M. E C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juillet 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 novembre 2024 :

- le rapport de M. Tavernier,

- et les observations de Me Le Floch, avocate des requérants, en présence de M. A E C.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2316407 et 2405871 sont relatives à une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. E C, ressortissant somalien, s'est vu reconnaître en France la qualité de réfugié par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 décembre 2020. Des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ont été sollicités au profit de son épouse alléguée, Mme D, et de leurs enfants déclarés, F E C, I E C, H E C, G E C, J E C et K E C, auprès de l'autorité consulaire française à Addis Abeba (Ethiopie), laquelle a rejeté ces demandes. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ces décisions de refus consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités par une décision du 12 octobre 2023 s'agissant de I E C, H E C, G E C, J E C et K E C et, s'agissant d' F E C, par une décision du 11 avril 2024. Par leurs requêtes, les requérants demandent au tribunal l'annulation de ces deux décisions de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Par deux décisions du 1er juillet 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. E C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans chacune des présentes instances. Par suite, les conclusions tendant à ce que ce dernier soit provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 12 octobre 2023 :

4. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

5. Il résulte de ces dispositions que lorsque la venue d'une personne en France a été sollicitée au titre de la réunification des membres de la famille d'une personne reconnue réfugiée ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, l'autorité diplomatique ou consulaire n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état civil produits pour justifier de l'identité et, le cas échéant, du lien familial de l'intéressé avec la personne protégée.

6. En outre, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

7. La décision attaquée est fondée sur le motif tiré de ce que l'identité des demandeurs et leur lien familial avec le réunifiant ne peuvent être tenus pour établis, au regard du caractère non probant des documents d'état civil produits.

8. D'une part, pour justifier de l'identité des enfants allégués du réunifiant et du lien de filiation les unissant, les requérants produisent les " birth certificates " n° 260398, n° 259333, n°259331, n° 259319 et n° 259321, délivrés le 13 février 2022 par l'officier d'état civil de Mogadiscio (Somalie), faisant état de ce que, de l'union de M. E C et de Mme D sont nés, respectivement les 3 mars 2008, 23 janvier 2010 et 20 janvier 2017, I E C, H E C et K E C ainsi que, le 10 septembre 2012, G E C et J E C. S'il ressort des pièces du dossier que ces documents ont été établis le même jour, le ministre ne précise pas en défense quelles règles de droit local auraient ainsi été méconnues et n'établit pas davantage que ces documents auraient été délivrés sur simple déclaration. Il n'est en outre pas contesté que les mentions relatives à l'état civil des intéressés figurant sur ces actes coïncident avec celles figurant dans leurs passeports, lesquels font également état de la filiation maternelle à l'égard de Mme D, et sont conformes aux déclarations fournies par M. E C à l'OFPRA. Enfin, les requérants versent au débat des photographies, des extraits d'échanges sur une messagerie instantanée, ainsi que des preuves de transfert d'argent adressées par le réunifiant à Mme D. Dans ces conditions, l'identité de I E C, H E C, G E C, J E C et K E C, et leur lien de filiation avec M. E C doivent être tenus pour établis par l'ensemble de ces éléments de possession d'état. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est, à ce titre, entachée d'une première erreur d'appréciation.

9. D'autre part, pour justifier de l'identité de Mme D et du lien matrimonial les unissant, les requérants produisent l'acte de naissance n° 259303, établi le 13 février 2022 par l'officier d'état civil de Mogadiscio, faisant état de ce que l'intéressée est née le 1er janvier 1981, ainsi qu'un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil établi le 30 septembre 2021 par le directeur général de l'OFPRA, indiquant que la demandeuse de visa s'est mariée le 14 février 2002 à El Maan (Somalie) avec le réunifiant et dont les informations relatives à son état civil coïncident avec celles figurant dans l'acte de naissance susmentionné ainsi qu'avec celles figurant dans son passeport, également versé aux débats. En l'absence de mise en œuvre par l'administration d'une procédure d'inscription en faux, les documents délivrés par l'OFPRA font foi. Dans ces conditions et eu égard à ce qui a été dit au point précédent, l'identité de Mme D et le lien matrimonial l'unissant à M. E C doivent être tenus pour établis. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est également entachée d'une erreur d'appréciation à ce titre.

10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2316407, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 11 avril 2024 :

11. Aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles () L. 434-3 à L. 434-5 () sont applicables.

/ La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement ". Aux de l'article L. 434-4 de ce code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France ".

12. Il résulte de ces dispositions que la réunification familiale doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'une réunification familiale partielle ne peut être autorisée à titre dérogatoire que si l'intérêt des enfants le justifie. C'est au ressortissant étranger qu'il incombe d'établir que sa demande de réunification familiale partielle est faite dans l'intérêt des enfants.

13. Aux termes des dispositions de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de décision explicite prise dans le délai de deux mois, le recours administratif exercé devant les autorités mentionnées aux articles D. 312-3 et D. 312-7 est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée. L'administration en informe le demandeur dans l'accusé de réception de son recours ". Il ressort des dispositions précitées que la décision en litige doit être regardée comme étant fondée sur le même motif que la décision consulaire à laquelle elle s'est substituée, tiré de ce que la procédure de réunification familiale présente un caractère partiel.

14. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, que des demandes de visas ont été déposées pour la mère F, dont l'identité et le lien de filiation à l'égard du réunifiant ne sont pas contestés, ainsi que pour l'ensemble de ses frères et sœur, dont l'identité et lien de familial à l'égard de la demandeuse doivent, au regard de ce qui a été dit au point 7, être tenus pour établis. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2405871, que les requérants sont fondés à demande l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

16. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que des visas de long séjour soient délivrés à Mme D, à F E C, à I E C, à H E C, à G E C, à J E C et à K E C. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer aux intéressés les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de sa notification, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

17. M. E C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les instances n° 2316407 et n° 2405871. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 800 euros à verser à Me Le Floch, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 12 octobre 2023 est annulée.

Article 3 : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 11 avril 2024 est annulée.

Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à Mme D, à F E C, à I E C, à H E C, à G E C, à J E C et à K E C, les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : L'Etat versera à Me Le Floch la somme globale de 1 800 (mille huit cents) euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C, à Mme B D, au ministre de l'intérieur et à Me Le Floch.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,

M. Tavernier, conseiller,

Mme Glize, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. TAVERNIER

La présidente,

M. LE BARBIER La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2316407, 2405871

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