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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2316486

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2316486

lundi 4 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2316486
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPAMLAW - AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 27 novembre 2023, Mme J O, M. L B, Mme N H, M. I F, Mme A D épouse F, M. M E et Mme G C, représentés par Me Diversay demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Vertou du 12 mai 2023 portant décision de non-opposition à la déclaration préalable n°DP4421523Y2131 déposée par la SAS Free Mobile en vue de l'installation d'un pylône de radiotéléphonie comportant six antennes et un module, la mise en place d'une zone technique et l'édification de clôtures, sur un terrain situé rue du Moulin de l'Herbray ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vertou la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent dans le dernier état de leurs écritures que :

- la requête est recevable en ce qu'ils ont tous un intérêt à agir en tant que propriétaires d'habitations situées à proximité du lieu d'implantation du pylône, qui va générer une perte de valeur pour leur propriété et entraîner des troubles pour l'utilisation, l'occupation et la jouissance de leurs biens par l'exposition aux ondes électromagnétiques alors, en outre qu'ils ont respecté les dispositions des articles L. 600-3 et R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- la fin de non-recevoir soulevée en défense tenant à l'existence d'une ordonnance en date du 7 novembre 2023 et rejetant une première demande de suspension ne pourra qu'être rejetée comme manquant en droit. Alors que cette première ordonnance a été rendue sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans audience, cette seconde demande de suspension présente de longs développements, éléments nouveaux, consacrés à la démonstration de l'urgence ;

- la condition d'urgence est présumée satisfaite au regard des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, aucun intérêt public ne s'oppose à la reconnaissance de la condition d'urgence ; la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile est d'ores et déjà suffisante.

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : le projet présente une emprise au sol supérieure à 20 m² et était, pour cette raison, soumis à permis de construire et non à déclaration préalable ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : le projet de construction porte sur l'installation d'un pylône comportant six antennes de téléphonie mobile et un module d'une hauteur hors tout de 38,35 mètres, dans un secteur agricole et à proximité immédiate d'un secteur pavillonnaire, ne comprenant aucun ouvrage présentant une telle hauteur. Les documents graphiques joints au dossier de déclaration préalable ne font pas apparaître les constructions avoisinantes et leur prise de vue aboutit à une minoration, par la société Free, de la hauteur et de l'impact paysager d'un ouvrage, dont la hauteur excède très largement celle des constructions et de la végétation environnante. Il convient au surplus de préciser que les documents graphiques et photographiques joints au dossier de déclaration préalable se fondent sur des vues datant de 2020 et ne prenant donc pas en considération les constructions à usage d'habitation édifiées en 2021 et 2022. Ces documents ont donc eu pour effet de tromper le service instructeur sur l'environnement réel du projet de construction et de son impact paysager sur les constructions avoisinantes ;

* elle méconnaît l'article A.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) applicable à la zone AD ; le principe applicable dans cette zone est l'interdiction des constructions nouvelles non liées à une activité agricole. Les rares exceptions prévues par le règlement doivent donc nécessairement faire l'objet d'une interprétation restrictive, prenant en considération la vocation agricole pérenne de cette zone. Dans le cas présent, le projet ne relève pas des constructions autorisées par les dispositions susvisées en zone A. Ce projet compromet le caractère agricole de la zone, le terrain concerné ne pouvant plus être mis en valeur par une exploitation agricole et, compte tenu de son gabarit et du caractère protégé du site, classé en espace paysager à protéger (EPP), il est totalement insusceptible de s'insérer dans le paysage existant. Il convient de préciser que le projet contesté s'implante au cœur d'un secteur AOC viticole, répertorié par le plan local d'urbanisme métropolitain et qu'il constitue un espace bocager caractéristique du paysage de vignoble, que le projet ne pourra que dénaturer. Ce projet entraîne une imperméabilisation des sols conséquente, compte tenu notamment de la surface de la zone technique (54 m²) et de la création d'un accès empierré. Il implique au surplus la création d'un puits. La commune n'est donc pas fondée à soutenir que " l'imperméabilisation des sols est de plus réduites " et qu'"elle se limite à assurer le fonctionnement de cette station de radiotéléphonie". À supposer même que ce projet puisse être considéré comme une installation nécessaire à la réalisation d'une infrastructure liée au réseau, il est constant que celle-ci n'apparaît pas nécessaire et pouvait être implantée en d'autres lieux ; ce projet n'a pas vocation à couvrir une zone blanche ; par ailleurs, la commune n'est pas fondée à se prévaloir du principe d'indépendance des législations ; la jurisprudence citée par cette dernière écarte le moyen tiré de la méconnaissance de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications, alors que le moyen soulevé porte sur la violation des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable à la zone AD, dont il ne saurait être sérieusement soutenu qu'elles n'étaient pas opposables à la déclaration préalable. C'est en vue d'apprécier le respect ou la méconnaissance de ces dispositions qu'il convient de prendre en considération le principe de mutualisation passive entre les opérateurs. Les requérants établissent ainsi que les travaux auxquels il n'a pas été fait opposition ne sont pas nécessaires à la couverture du territoire par le réseau de téléphonie mobile et qu'en tout état de cause, l'ouvrage devait être implanté en d'autres lieux. Il ne saurait sérieusement leur être fait grief d'avoir, à cette fin, rappelé que les opérateurs doivent privilégier la mutualisation des équipements ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article et B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) applicables à la zone A ; le projet se situe à une distance d'environ six mètres de la limite séparative Est du terrain d'assiette. Il présente une hauteur hors tout de 38,35 mètres. Toutefois, compte tenu de la hauteur hors tout du projet de construction, celui-ci devait respecter un retrait d'au moins 19,18 mètres par rapport à cette limite séparative. Le projet de construction ne relève pas de l'exception du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relative aux " équipements d'intérêt collectif et les services publics ", puisqu'il n'appartient à aucune des sous-destinations concernées. Par ailleurs, son implantation n'est pas justifiée par " des préoccupations de fonctionnalité ou de sécurité " ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article B.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) applicable à la zone A. Les documents graphiques du dossier de déclaration préalable ne font apparaître l'insertion du projet de construction que depuis les parcelles agricoles et non par rapport aux terrains bâtis voisins. Ces derniers présentent des constructions pavillonnaires de gabarit R+1, présentant une hauteur très largement inférieure à celle du projet objet de la déclaration préalable (36 mètres). Aucun élément vertical dominant n'existe à proximité du terrain d'assiette. Aucun dispositif visant à améliorer l'intégration dans le paysage environnant, à supposer même qu'elle soit possible, n'a été envisagé par la société Free ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article B.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm). Le règlement graphique du plan local d'urbanisme identifie, sur le terrain d'assiette du projet déclaré, un espace paysager à protéger (EPP). Le projet déclaré, qui porte sur l'édification d'un pylône de plus de 36 mètres et sur la mise en place d'une zone technique est de nature à porter atteinte à cet espace paysager à protéger, en entraînant l'artificialisation d'une parcelle et la création d'un ouvrage dont les dimensions excèdent très largement celles de la végétation existante. Un tel projet est manifestement de nature à porter une grave atteinte à l'intégrité de l'EPP ; La commune défenderesse ne peut se borner à se prévaloir du fait qu'il n'aurait pas d'atteinte à l'intégrité de cet espace paysager protégé " faute d'abattage ", les dispositions susvisées ne restreignant pas leur champ d'application au seul abattage d'arbres ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé constitue une liberté fondamentale, dont l'autorité administrative doit nécessairement tenir compte dans le cadre de son action.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 et 27 novembre 2023, la commune de Vertou, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :

- la requête est irrecevable car elle tend aux mêmes fins qu'une précédente requête ayant été rejetée le 7 novembre 2023 pour défaut d'urgence, en l'absence d'élément nouveau ;

- A défaut, la requête est infondée : la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que les travaux sont réversibles ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;

* Mme K dispose d'une délégation qui lui a été accordée par arrêté du 18 juin 2020. Cette délégation porte sur " les actes d'urbanisme " ;

* sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme. Si les requérants font valoir que ce projet entraine la création d'une emprise supérieure à 20 m2 et que, de ce seul fait, le projet est soumis à permis de construire et non à simple déclaration préalable, il n'en est rien. Le dossier indique que le massif enterré ne dépasse pas le sol et que l'emprise au sol ne créée pas de surface de plancher. La dalle béton ne crée, en elle-même, aucune emprise au sol. Le projet relevait donc bien de la déclaration préalable et non du permis de construire ;

* sur la méconnaissance de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme. Seule une insuffisance ayant induit en erreur les services instructeurs constitue un vice substantiel de nature à entrainer la censure de l'acte attaqué. En tout état de cause, aucune insuffisance n'affecte ce dossier. Le dossier comporte un plan de situation qui localise le terrain d'assiette du projet. Une photographie aérienne a également été produite. Très peu de constructions sont implantées dans ce secteur. Trois vues accompagnent ce dossier. Il résulte des photographies que l'environnement du projet est tout à fait banal. Certes, des arbres sont présents. Ils occulteront pour partie cet ouvrage. Les requérants font grief à la décision de non-opposition d'avoir été accordée alors que le dossier ne comporterait aucune photographie laissant apparaître, en même temps, le pylône et les constructions à usage d'habitation présentes dans ce secteur. Eu égard à la configuration des lieux, la pièce qui ferait prétendument défaut ne pouvait être produite. En effet, la caractéristique de ce projet est qu'entre les constructions existantes et le pylône à édifier, s'interposent des boisements qui masquent la visibilité avec les habitations présentes dans ce secteur. Les services instructeurs n'ont pas été induits en erreur. En effet, le plan de situation fait apparaître, quant à lui, la présence de constructions à usage d'habitation, de même que la photographie aérienne qui figure au dossier. Les requérants ne produisent aucune photographie démontrant le contraire. Le dossier comporte également une photographie d'une maison située dans cet environnement. L'environnement du projet se caractérise donc par la présence de terres agricoles en friche et celle de bosquets non remarquables ;

* sur la méconnaissance de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable à la zone AD. En l'occurrence, le terrain d'assiette du projet est classé en zone agricole mais n'est pas exploité. Il s'agit d'une friche de 1.538 m². L'imperméabilisation des sols est des plus réduites. Elle se limite à assurer le fonctionnement de cette station de radiotéléphonie. Les requérants contestent l'emplacement retenu pour ériger cette station de radiotéléphonie et font valoir que, pour être autorisées en zone A, les installations doivent non seulement être liées aux réseaux, mais en outre ne sauraient être implantées en d'autres lieux. Les deux conditions posées seraient donc cumulatives. Pour autant, les requérants ne démontrent pas qu'eu égard aux contraintes techniques s'appliquant aux stations de radiotéléphonie, cette antenne aurait pu être utilement implantée en d'autres lieux du territoire communal. En tout état de cause, ce moyen n'est pas pertinent. Quant au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code des postes et télécommunications, il a déjà été jugé inopérant à raison du principe de l'indépendance des législations ;

* sur la méconnaissance de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable à la zone A : le moyen tiré de ce que le projet ne pouvait pas s'implanter à moins de 19,18 mètres de la ligne séparative manque en droit. En effet, les dispositions générales du PLU, en son article B 1.1.1 prévoient qu'une implantation différente peut être autorisée pour les équipements d'intérêt collectif et les services publics ; il a déjà été jugé que l'implantation d'antennes relais constituait des ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement d'un équipement collectif ;

* sur la méconnaissance des dispositions de l'article B.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable à la zone A : eu égard à l'absence de tout intérêt architectural ou paysager de l'environnement du projet et du peu d'impact qu'il aura sur le paysage, il ne peut être soutenu qu'il ne s'intègrerait pas à son environnement ;

* sur la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.2 : cette disposition n'interdit pas toute atteinte à l'espace paysager à protéger. Elle spécifie qu'il ne doit pas être porté atteinte à son intégrité. En l'espèce, faute d'abattage, il n'y a pas d'atteinte à l'intégrité d'un espace paysager

protégé. C'est d'ailleurs ce qui distingue l'espace paysager protégé de l'espace boisé classé.

* sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : ce moyen doit être écarté en présence d'un environnement banal.

La requête a été communiquée à la SAS Free mobile, laquelle n'a pas produit à l'instance avant l'audience.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 11 juillet 2023 sous le numéro 2310039 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 novembre 2023 à 09h30 :

- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,

- les observations de Me Diversay, représentant les requérants, qui recontextualise le dossier afin de démontrer qu'il ne s'agit pas d'une implantation classique d'antennes-relais et répond à la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de ce que les requérants ne pouvaient pas saisir à nouveau le tribunal d'une seconde requête tendant aux mêmes fins, sans qu'aucun élément nouveau ne justifie cette seconde saisine. Me Diversay développe ensuite oralement les moyens exposés dans sa requête, complétée par le mémoire récapitulatif du 27 novembre 2023 ;

- et les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, représentant la commune de Vertou, qui fait valoir qu'aucun élément nouveau relatif à l'urgence n'a été apporté dans cette présente requête et soutient, qu'en tout état de cause, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

La SAS Free mobile, représentée par Me Martin, a produit, le 29 novembre 2023 à 11h19,

postérieurement à la clôture de l'instruction, une note en délibéré ne contenant l'exposé, ni d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, ni d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office, de sorte qu'elle n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Le 24 mars 2023, la société Free Mobile a déposé auprès de la commune de Vertou (Loire-Atlantique) une déclaration préalable de travaux aux fins d'installer une antenne-relais de radiotéléphonie mobile sur un terrain situé rue du Moulin de l'Herbray. Le 30 octobre 2023, Mme J O, M. L B, Mme N H, M. I F, Mme A D épouse F, M. M E et Mme G C, propriétaires d'habitations situées à proximité de la parcelle assiette du projet, ont contesté l'exécution de cette décision devant le juge des référés-suspension, lequel a rejeté leur requête par une ordonnance n° 2316071 du 7 novembre 2023 sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, estimant que les intéressés ne justifiaient pas de l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du même code. Par la présente requête, arguant de la production de nouveaux éléments, les requérants demandent une nouvelle fois au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Vertou du 12 mai 2023 portant décision de non-opposition à la déclaration préalable du 24 mars 2023.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du maire de la commune de Vertou du 12 mai 2023 portant décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la SAS Free Mobile en vue de l'installation d'un pylône de radiotéléphonie comportant six antennes et un module, la mise en place d'une zone technique et l'édification de clôtures, sur un terrain situé rue du Moulin de l'Herbray.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune en défense et sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vertou, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de la la commune de Vertou les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme J O, de M. L B, de Mme N H, de M. I F, de Mme A D épouse F, de M. M E et de Mme G C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vertou au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme J O, désignée représentant unique du collectif dans les conditions prévues par le dernier alinéa des articles R. 411-5 et R. 751-3 du code de justice administrative, au maire de la commune de Vertou et à la SAS Free mobile.

Fait à Nantes, le 4 décembre 2023.

Le juge des référés,

L. BOUCHARDON

La greffière,

M-C. MINARDLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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