lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2316901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 novembre et 27 décembre 2023, M. D F, Mme C A A épouse E et Mme H G, représentés par Me Moundounga Ntsigou, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) refusant de délivrer à Mme H G un visa de long séjour en qualité d'enfant de ressortissant français, a, à son tour, refusé de lui délivrer le visa sollicité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité dès la notification de la décision à intervenir, au besoin sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- le refus de visa litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le motif tiré de ce que les informations communiquées seraient incomplètes et/ou ne seraient pas fiables est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée est illégale du fait de l'illégalité de la décision consulaire ;
- l'identité de la demandeuse et le lien de filiation les unissant à elle sont établis par les documents d'état civil produits ;
- ils justifient de ce que la demandeuse est à la charge de M. F et de Mme A A ;
- la demandeuse remplit toutes les conditions pour se voir délivrer le visa sollicité ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, que M. F et Mme A A épouse E ne justifient pas en leur seule qualité de représentants légaux de la demandeuse d'un intérêt pour agir, et d'autre part, de ce que l'intéressée n'a pas élu domicile en France ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté par les requérants, a été enregistré le 17 novembre 2024, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience du 18 novembre 2024 :
- le rapport de M. Tavernier,
- et les conclusions de M. Danet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G, ressortissante camerounaise née le 4 février 1999, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour en qualité d'enfant à charge d'un ressortissant français, auprès de l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun), laquelle a rejeté cette demande. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité par une décision du 9 novembre 2023 dont les requérants demandent l'annulation au tribunal.
2. En premier lieu, la décision attaquée n'a pas été prise par M. Alain Ferré, président suppléant de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France régulièrement reconduit dans les fonctions de second suppléant du président de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France pour une durée de trois ans à compter du 28 juin 2022 par décret du ministre de l'intérieur du 27 juin 2022, mais par cette commission lors de sa séance du 9 novembre 2023. M. B s'est borné, en sa qualité de président suppléant, à signer le courrier informant le conseil des requérants de cette décision prise par la commission. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 311-1, R. 312-2 et
L. 426-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique être fondée sur les motifs tirés, d'une part, de ce que l'identité de la demandeuse et son lien de filiation avec son " accueillant " ne sont pas établis au regard du caractère non probant des documents d'état civil produits et, d'autre part, de ce que l'intéressée ne justifie pas être dépourvue de ressources propres ni que son père subvienne régulièrement à ses besoins. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, lorsqu'elle est saisie d'un recours dirigé contre une décision consulaire refusant la délivrance d'un visa de long séjour à un ressortissant étranger qui fait état de sa qualité de descendant de plus de vingt-et-un ans à charge d'un ressortissant français, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son ascendant dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son ascendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
5. En se bornant à produire un certificat d'inscription dans un établissement d'enseignement supérieur au Cameroun, lequel ne comporte au demeurant aucune information sur l'année académique concernée et fait état d'une simple avance sur les frais d'inscription, les requérants n'établissent pas que la demandeuse, âgée de vingt-quatre-ans à la date de la décision attaquée, serait dépourvue de ressources propres. Cet élément suffit, à lui seul, à établir que cette dernière n'est pas à la charge de M. E et de Mme A A, ressortissants français. Dans ces conditions, à supposer même que l'identité de l'intéressée et le lien familial l'unissant à Mme A A et à M. F seraient établis, les moyens tirés de ce que la demandeuse remplirait toutes les conditions auxquelles la délivrance du visa sollicité est subordonnée, de ce qu'elle serait à charge de ses parents, de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'exception d'illégalité de la décision de la commission doivent être écartés. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Les requérants ne démontrent pas la continuité, l'intensité ainsi que la stabilité des relations qui uniraient la demandeuse à M. F et Mme A A en se bornant à produire des justificatifs de transferts d'argent, ainsi qu'un justificatif de voyage de Mme A A au Cameroun en 2023. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme G, âgée de vingt-quatre ans à la date de la décision attaquée, serait isolée ou en situation de précarité dans son pays de résidence, ni que ses parents ne pourraient pas lui rendre visite. Par suite, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En cinquième lieu, la demandeuse étant majeure à la date de la décision attaquée, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté comme inopérant.
9. En sixième et dernier lieu, il ne ressort d'aucun élément du dossier que la décision attaquée serait entachée d'un détournement de pouvoir. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, leurs conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées comme doivent l'être, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F, Mme A A et Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D F, à Mme C A A épouse E, à Mme H G,et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, président,
M. Tavernier, conseiller,
Mme Glize, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.
Le rapporteur,
T. TAVERNIER
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026