jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2317054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL R & P AVOCATS - OLIVIER RENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 28 novembre 2023, M. D C B, agissant en tant que représentant légale de sa fille E D C, représenté par Me Renard, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours formé contre la décision implicite par laquelle les autorités consulaires françaises à Nairobi (Kenya) ont refusé de délivrer à Mme E D C un visa au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, de procéder à un nouvel examen de la situation de Mme E D C dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la durée de la séparation d'avec sa fille qui repose en grande partie sur l'inertie de l'administration au regard de sa diligence pour faire venir sa fille, en outre, cette dernière se trouve dans une situation de particulière vulnérabilité au Kenya en tant de jeune femme isolée, ce qui a déjà été reconnu par l'ordonnance n°2305134 du 10 mai 2023, sa prise en charge temporaire par une amie risque de cesser dès qu'elle deviendra majeure le 14 décembre prochain, alors en outre que sa mère est décédée et que tous les autres membres de la famille ne résident plus en Afrique, la situation des réfugiés somaliens devient de plus en plus précaire eu égard à leur grand nombre et aux aléas climatiques et économiques qui compliquent l'accès aux besoins élémentaires ; elle est d'autant plus angoissée qu'elle risque d'être refoulée à compter de sa prochaine majorité et qu'elle a subit des agressions à la sortie de l'école conduisant à ce qu'elle soit depuis lors déscolarisée et psychiquement très touchée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile y compris en ce qui concerne la motivation de la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui n'a pas répondu à ce jour à sa demande de communication des motifs ;
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de démonstration par l'administration du caractère frauduleux de l'acte d'état civil et du titre de circulation produit, qui reste valide bien qu'il ait été édité sur un ancien modèle ainsi que l'indique la base de données du conseil de l'Europe ; le lien de filiation ressortant des documents établis par l'OFPRA à M. C B, des déclarations constantes de celui-ci et des autres éléments de possession d'état produits ;
* elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste de l'intérêt supérieur de sa fille ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle des intéressés et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie en ce que Mme E D C n'a jamais vécu auprès du requérant, aucune relation matérielle et affective n'étant établie, alors qu'elle n'est pas isolée et qu'elle est scolarisée:
- aucun des moyens soulevés par M. C B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
M. C B été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle M. C B, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 novembre 2023 à 9h30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de Me Lejosne substituant Me Renard, représentant M. C B;
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été différée au 4 décembre 2023 à 11h00.
Une pièce complémentaire présentée par M. C B a été enregistrée le 1er décembre 2023 et a été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C B, ressortissant somalien né le 1er janvier 1978 a obtenu la protection subsidiaire par décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 7 avril 2022. Il a entrepris auprès de l'autorité consulaire française à Nairobi (Kenya) les démarches à fin de voir délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à sa fille E D C, ressortissante somalienne née le 14 décembre 2005. Sa demande de visa, enregistrée le 29 juin 2023 par les services consulaires n'ayant pas été suivie d'une réponse, le requérant a fait enregistrer son recours préalable obligatoire auprès de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France le 15 septembre 2023. Par la présente requête, M. C B sollicite la suspension de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours formé contre la décision implicite par laquelle les autorités consulaires françaises à Nairobi ont refusé de délivrer à Mme E D C un visa au titre de la réunification familiale.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C B par une décision du 22 novembre 2023. Par suite, les conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. En l'état de l'instruction, compte tenu des incohérences se rapportant au décès de la mère de Mme E D C, des doutes quant à la possibilité de délivrer concomitamment deux certificats de naissance émanant d'administrations différentes et un passeport à l'intéressée alors qu'il n'existait aucun élément quant au maintien des liens entre le requérant et celle qu'il présente comme sa fille jusqu'à une époque récente, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision implicite par laquelle les autorités consulaires françaises à Nairobi ont refusé de délivrer à Mme E D C un visa au titre de la réunification familiale.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence, que les conclusions présentées par M. C B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquences, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte et sa demande au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetée.
O R D O N NE:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire
Article 2 : La requête de M. C B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Renard.
Fait à Nantes, le 7 décembre 2023.
Le juge des référés,
B. EchasserieauLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2317054
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026