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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2317106

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2317106

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2317106
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 1ère chambre
Avocat requérantTHOUMINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2023 et le 17 avril 2024, M. B A, représenté par Me Thoumine, demande au tribunal :

1°) de renvoyer l'affaire à une autre audience ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2023 par lequel le préfet de la Vendée lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois années ;

3 °) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il est impossible d'effectuer une demande de renouvellement de titre de séjour en ligne ;

- il travaillait du 23 mai au 28 août 2023 et ne pouvait se rendre à la préfecture d'Indre-et-Loire ;

- il doit être regardé comme ayant demandé le renouvellement de son titre de séjour ;

- l'arrêté attaqué s'analyse en un refus de renouvellement d'un titre de séjour ;

- il doit être annulé pour défaut d'examen ;

- l'obligation de quitter le territoire français émane d'une autorité incompétente ;

- il ne pouvait être fondé sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- son comportement n'est pas une menace à l'ordre public ;

- il a toujours travaillé depuis son arrivée en France en 2017 ;

- il a de la famille en France ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est méconnu ;

- le refus d'accorder un délai de départ volontaire est dépourvu de base légale et entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la durée de l'interdiction de retour est disproportionnée .

Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 décembre 2023 et le 18 avril 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Durup de Baleine, président ;

- les observations de Me Thoumine, avocate de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né en 2001, entré sur le territoire français le 3 août 2017, était titulaire, en dernier lieu, d'un certificat de résidence qui lui avait été délivré en qualité de salarié, valable jusqu'au 31 août 2023. Par l'arrêté du 10 novembre 2023 dont il demande l'annulation, le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Sur les conclusions tendant au report de l'audience :

2. Le juge, auquel il incombe de veiller à la bonne administration de la justice, n'a aucune obligation, hormis le cas où des motifs exceptionnels tirés des exigences du débat contradictoire l'imposeraient, de faire droit à une demande de report de l'audience formulée par une partie. Il n'a pas davantage à motiver le refus qu'il oppose à une telle demande.

3. Si M. A, qui est représenté, demande le report de l'audience, il n'est pas fait état de motifs exceptionnels tirés des exigences du débat contradictoire qui imposeraient de reporter l'audience. Il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-12 de ce code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Selon l'article R. 433-1 du même code : " L'étranger qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour temporaire présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises à l'occasion du renouvellement du titre conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le certificat de résidence dont M. A était titulaire en dernier lieu en qualité de salarié était arrivé à échéance le 31 août 2023. Il lui était loisible d'en demander le renouvellement, dans le délai prévu au 1° de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas, dans ce délai, demandé ce renouvellement. Si, en réponse à la lettre du préfet de la Vendée du 15 septembre 2023 l'informant de l'irrégularité de sa situation sur le territoire français depuis le 31 août 2023 et de l'éventualité d'une mesure d'éloignement, M. A a, par un courrier du 20 septembre 2023 reçu le 27 septembre suivant, fait part de sa situation et, compte tenu des termes de ce courrier, manifesté une intention de demander la délivrance d'un titre de séjour, ce simple courrier, d'ailleurs postérieur à l'échéance du délai prévu au 1° de l'article R. 431-4, ni ne constituait et ne pouvait constituer une demande de renouvellement d'un titre de séjour, ni ne constituait une demande de première délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, ce courrier n'a pas eu pour effet de saisir le préfet de la Vendée, ni un autre préfet, d'une demande de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, il n'appartenait pas au préfet de la Vendée de se prononcer sur une demande dont il n'avait pas été saisi. Le préfet n'avait pas l'obligation de mettre M. A, alors écroué depuis le 1er septembre 2023 à la maison d'arrêt de Fontenay-le-Comte, matériellement à même de présenter une demande de titre de séjour ou de l'inviter à le faire, le choix de présenter une telle demande relevant de la responsabilité personnelle de l'étranger. Il ressort de la lettre de M. A du 20 septembre 2023 qu'il savait qu'il lui appartenait, s'il entendait le faire, de demander un titre de séjour. Il en résulte, d'une part, que le préfet de la Vendée n'a pas omis d'examiner une demande de titre de séjour qui n'a pas été présentée et, d'autre part, que M. A n'est pas recevable à demander l'annulation d'une décision par laquelle ce préfet a refusé de renouveler un titre de séjour, ce refus de renouvellement n'existant pas.

6. Par un arrêté du 3 mai 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Vendée, le préfet de la Vendée a donné délégation au signataire de l'arrêté attaqué, directeur de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture de la Vendée, à l'effet de signer un arrêté de la nature de celui dont M. A demande l'annulation, en toutes les décisions qu'il comporte. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A était titulaire en dernier lieu d'un certificat de résidence valable jusqu'au 31 août 2023, dont, comme il a été dit, il n'a pas demandé le renouvellement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances imprévisibles, irrésistibles et extérieures à sa personne l'aurait placé dans l'impossibilité de solliciter ce renouvellement. Le fait qu'il s'est trouvé écroué à compter du 1er septembre 2023, postérieurement à l'échéance de ce certificat de résidence comme du délai qui lui était ouvert pour en demander le renouvellement, n'est pas au nombre de ces circonstances. Il en résulte que M. A se trouve dans le cas prévu au 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le préfet peut obliger l'étranger à quitter le territoire français. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français a pour base légale ce 2°.

9. Pour faire obligation à M. A de quitter le territoire français, le préfet s'est seulement fondé sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais non sur la circonstance que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Il en résulte qu'à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A ne peut utilement soutenir que son comportement ne menace pas l'ordre public.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement sur le territoire français le 30 août 2017, à l'âge de 16 ans, muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Son séjour n'est, ainsi, plus récent. Il n'est, toutefois, pas non plus ancien. S'il a bénéficié d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, c'était seulement en considération de sa qualité de mineur non accompagné, mais non en considération d'attaches de nature privée et familiale dont il aurait disposé sur le territoire français. M. A a été titulaire de certificats de résidence, en qualité d'étudiant du 1er septembre 2019 au 31 août 2020, et en qualité de salarié du 1er septembre 2020 au 31 août 2023. Il a travaillé du 22 septembre 2018 au 12 août 2021 et du 9 juin 2022 au 20 janvier 2023. Ces certificats de résidence lui ont ainsi été délivrés, non en considération de la vie privée et familiale qu'il aurait constitué en France, mais en des qualités, d'étudiant puis de salarié, se rapportant à des composantes essentiellement publiques, et non privées ou familiales, de la vie personnelle. Il ressort encore du dossier que M. A est célibataire et n'a aucune tierce personne à sa charge. Il n'est pas justifié d'attaches familiales particulières proches établies en France, notamment sa mère ou son père ou des frères ou sœurs. L'établissement d'un oncle maternel en France ne constitue pas une attache familiale particulièrement proche. Le requérant ne justifie pas d'autres liens, de nature privée, en particulier familiale, intenses et stables sur le territoire. En conséquence, il peut poursuivre sa vie personnelle, dans ses composantes constitutives de la vie privée et familiale, dans le pays dont il est le ressortissant, où il ne conteste pas que réside toute sa proche famille. Alors qu'il lui était loisible de solliciter le renouvellement du certificat de résidence valable jusqu'au 31 août 2023 dont il était titulaire et qui lui permettait de travailler, il s'en est abstenu. Par ailleurs, M. A a été condamné le 7 octobre 2021 à une peine de neuf mois d'emprisonnement dont cinq mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec détention à domicile sous surveillance électronique, en répression de faits, commis le 6 octobre 2021 à D, de violence aggravée, suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, avec usage ou menace d'une arme, en état d'ivresse et en réunion avec plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou complice. Le 21 avril 2022, le juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de D a décidé la révocation totale de ce sursis probatoire, révocation notifiée le 1er septembre 2023. En conséquence, M. A a été écroué à compter du 1er septembre 2023. Il ressort également du dossier que M. A avait été condamné le 6 janvier 2021 par le tribunal pour enfants de D pour des faits de vol aggravé. De telles circonstances caractérisent une menace pour l'ordre public. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des éléments caractérisant l'ancienneté et les conditions du séjour de M. A en France comme sa vie personnelle, dans ses composantes constitutives de la vie privée et familiale, dans ce pays, le préfet de la Vendée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts dans lesquels ont été prises les décisions de lui faire obligation de quitter le territoire français sans lui accorder un délai de départ volontaire. Dès lors, ces décisions ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, il ne ressort pas du dossier que le préfet de la Vendée aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ces décisions sur la situation personnelle de M. A.

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / () ".

13. D'une part, M. A s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, il ne justifie pas d'une circonstance particulière en se bornant à rappeler qu'au préalable il séjournait régulièrement en France. Dès lors, c'est par une exacte application du 3° de l'article L. 612-3 et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Vendée a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

14. D'autre part, pour les raisons déjà dites au point 11 de la présente décision, le préfet de la Vendée a pu valablement estimer que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. Dès lors, il ne s'est pas livré à une inexacte application du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que le comportement de cet étranger constitue une menace pour l'ordre public et, sur ce fondement, a pu également et sans erreur d'appréciation refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

16. L'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'énumèrent, l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. En outre, il résulte de l'article L. 612-6 de ce code que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit alors être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

17. L'obligation de quitter le territoire français faite à M. A par l'arrêté attaqué n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire. Il ne ressort pas du dossier que le préfet de la Vendée se serait livré à une inexacte application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que des circonstances humanitaires ne justifient pas de ne pas édicter une interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, c'est par une exacte application de cet article que le préfet de la Vendée a édicté une telle interdiction.

18. Si le requérant fait valoir que la durée de trois années de l'interdiction de retour contestée paraît parfaitement disproportionnée au vu de sa situation personnelle, il n'assortit toutefois ce moyen d'aucune précision et, en particulier, ne précise pas en quoi cette durée serait disproportionnée. Ressortissant algérien, ne justifiant pas d'attaches familiales particulières en France, M. A peut poursuivre sa vie personnelle dans le pays dont il est le ressortissant et ce, pour une durée indéterminée, notamment de trois ans. Comme il a été dit, sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, il ne ressort pas du dossier que le préfet de la Vendée n'aurait pu légalement fixer à trois années, à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, la durée de l'interdiction de retour sur ce territoire.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent, dans ces conditions, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Vendée et à Me Thoumine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le magistrat désigné,

A. DURUP DE BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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