lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2317378 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | MAGBONDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 novembre 2023, 1er février et 18 novembre 2024, Mme D C, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale d'Emmanuel Ngaidiro, ainsi que Mme F et Mme A C, représentés par Me Magbondo, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler les décisions du 6 décembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions du 11 juillet 2023 de l'ambassade de France en République centrafricaine refusant de délivrer à Mme E, à Mme C ainsi qu'à Emmanuel Ngaidiro des visas de long séjour en qualité d'enfants d'une ressortissante française a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen des demandes de visas, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros, à verser aux requérantes, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation faute de réponse à leur demande de communication de motifs dans le délai d'un mois prévu par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le motif tiré de ce que Mme D C ne justifierait pas d'une prise en charge consistante et régulière des demandeurs et ne disposerait pas de ressources suffisantes pour subvenir à l'ensemble de leurs besoins est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le motif tiré de ce que Mme C ne justifierait pas d'un agrément délivré par les autorités françaises est entaché d'une erreur de droit ;
- le motif tiré de ce que les parents des demandeurs n'auraient pas donné leur consentement libre et éclairé à l'adoption est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors que ce consentement libre et éclairé a été vérifié par la juridiction centrafricaine dans son jugement du 10 mars 2017, lequel bénéficie d'une décision d'exequatur en France ;
- le motif tiré de l'absence de nécessité pour Mme E et Mme C de s'établir en France est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- elles méconnaissent les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut :
- au prononcé d'un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte s'agissant de Mme A C et d'Emmanuel Ngaidiro, les visas sollicités ayant été délivrés le 4 novembre 2024 ;
- au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Templier, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique du 2 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C a acquis la nationalité française par un décret du 3 février 2014. Des demandes de visas de long séjour en qualité d'enfants de ressortissants français ont été déposées par Mme F et Mme A C ainsi que pour Emmanuel Ngaidiro, qu'elle a adoptés par un jugement n°7293 du tribunal de grande instance de Bangui du 10 mars 2017, lequel a fait l'objet d'une décision d'exequatur par le tribunal judiciaire de Paris le 27 octobre 2021. L'ambassade de France en Centrafrique a toutefois rejeté ces demandes par trois décisions du 11 juillet 2023. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ces décisions consulaires, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités, en dernier lieu par trois décisions expresses du 6 décembre 2023, dont les requérantes demandent l'annulation au tribunal.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'ambassade de France en Centrafrique a délivré le 4 novembre 2024 les visas sollicités à Mme C et à Emmanuel Ngaidiro. Ainsi, s'agissant de ces demandeurs, les décisions attaquées ont implicitement mais nécessairement été retirées. Par suite, les conclusions des requérants aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, postérieurement à la naissance d'une décision implicite de rejet du recours adressé à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, cette commission s'est réunie et a rejeté explicitement le recours formé par Mme E par une décision du 6 décembre 2023. Dès lors, le moyen de la requête tiré du défaut de motivation de la décision implicite de la commission ne peut qu'être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, lorsqu'elle est saisie d'un recours dirigé contre une décision consulaire refusant la délivrance d'un visa de long séjour à un ressortissant étranger qui fait état de sa qualité de descendant de plus de vingt-et-un ans à charge d'un ressortissant français, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son ascendant dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son ascendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis d'impôt sur les revenus de 2021 établi en 2022, que Mme C a perçu des salaires pour un montant total annuel de 21 539 euros, soit environ 1 800 euros par mois, alors qu'elle s'acquitte notamment d'un loyer mensuel de 548, 94 euros. Par ailleurs, il est constant que, Mme A C et Emmanuel Ngaidiro s'étant vu délivrer les visas demandés, ceux-ci ont désormais vocation à venir s'établir sur le territoire français auprès de Mme C. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C disposerait des ressources suffisantes pour prendre de surcroît en charge Mme E. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de considérer la demandeuse comme étant à la charge de son ascendante de nationalité française ne peut qu'être écarté. Il résulte de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, qui suffit à justifier la décision litigieuse.
6. En dernier lieu, dès lors que la requérante était majeure à la date de la décision en litige, celle-ci ne peut utilement se prévaloir des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a refusé de délivrer un visa de long séjour à Mme E doivent être rejetées comme doivent l'être, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte y afférentes.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 200 euros à verser à Mme D C et à Mme A C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête en tant qu'elles concernent Mme C et Emmanuel Ngaidiro.
Article 2 : L'Etat versera à Mme D C et à Mme A C une somme globale de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Mme F, à Mme A C et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, présidente,
M. Tavernier, conseiller,
M. Templier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
Le rapporteur,
P. TEMPLIER
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026