lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2317529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | BERRADIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 novembre 2023 et 7 novembre 2024, Mme B D épouse C, représentée par Me C, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 14 novembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision implicite de l'autorité consulaire française à Oran (Algérie) refusant de lui délivrer un visa d'établissement en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français ou de son conjoint a, à son tour, implicitement refusé de délivrer le visa sollicité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen dès lors qu'elle a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a produit l'ensemble des éléments lui permettant de se voir délivrer le visa sollicité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête ainsi qu'au rejet des conclusions présentées au titre des frais d'instance.
Il fait valoir qu'un visa de court séjour à entrées multiples a été délivré à Mme D épouse C le 28 août 2023.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre et 4 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Tavernier a été entendu au cours de l'audience publique du 2 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse C, ressortissante algérienne, a sollicité la délivrance d'un visa d'établissement en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français auprès de l'autorité consulaire française à Oran (Algérie), laquelle a implicitement rejeté sa demande, refus consulaire révélé par la délivrance d'un visa de court séjour à entrées multiples valable du 28 août 2023 au 24 février 2024. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision implicite de refus consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, implicitement refusé de délivrer le visa sollicité par une décision née le 14 novembre 2023, dont la requérante demande l'annulation au tribunal.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes du recours administratif préalable obligatoire adressé à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France et du courrier adressé à l'appui de sa demande de visa, que Mme D épouse C a expressément sollicité la délivrance d'un visa d'établissement en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français. En outre, il ressort du formulaire de demande de visa " Schengen " produit en défense que la demandeuse a précisé l'objet de son voyage en indiquant vouloir se rendre en France en qualité d'" ascendante à charge de français ou de son conjoint étranger ". Par suite, la demande de Mme D épouse C ne pouvant être regardée comme tendant à la délivrance d'un visa de court séjour au sens des dispositions du règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009, la requête conserve son objet et l'exception de non-lieu à statuer ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit ()
: / b) () aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge ".
Le deuxième alinéa de l'article 9 du même accord prévoit que : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis, alinéa 4 (lettres c à d), et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ".
4. Lorsqu'elles sont saisies d'une demande tendant à la délivrance d'un visa de long séjour par une personne étrangère faisant état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français ou de son conjoint étranger, les autorités diplomatiques ou consulaires peuvent légalement fonder leur décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
5. Alors que le caractère d'ascendante à charge d'un ressortissant français dont se prévaut Mme D épouse C n'est pas remis en cause par l'administration, l'intéressée joint à ses écritures un justificatif d'emploi de son fils, M. A C, ressortissant français exerçant en qualité d'enseignant-chercheur au sein de l'école supérieure d'ingénieurs en génie électrique de Saint-Etienne-du-Rouvray, des bulletins de paie faisant état de revenus nets moyens s'élevant à environ 2 600 euros par mois, ainsi que des preuves de transferts d'argent adressés par ce dernier à la requérante pour des montants de 22 000 euros en 2014, 5 000 euros en 2016, 12 000 euros en 2018 ainsi que de 8 000 euros en 2023. La requérante, âgée de soixante-dix-sept ans à la date de la décision attaquée, verse également au débat des attestations de ses enfants résidant en Algérie indiquant que l'état de santé de l'époux de l'intéressée ne lui permet plus, par sa seule pension de retraite, d'assurer sa prise en charge. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme D épouse C est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement qu'un visa d'établissement soit délivré à Mme D épouse C. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer à l'intéressée le visa sollicité dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à verser à Mme D épouse C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 14 novembre 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à Mme D épouse C le visa d'établissement sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Mme D épouse C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse C et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, présidente,
M. Tavernier, conseiller,
M. Templier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
Le rapporteur,
T. TAVERNIER
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026