LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2317538

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2317538

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2317538
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 4ème chambre
Avocat requérantHAJJI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 novembre 2023 et le 14 septembre 2024, M. C A B, représenté par Me Hajji, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, assortie d'une décision de signalement aux fins de non-admission dans le Système d'information Schengen (SIS) ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le fichier SIS ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité, par voie de conséquence, de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- la décision attaquée a été prise sans que le préfet de la Loire-Atlantique n'ait examiné sa situation personnelle ;

- le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'articles L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le risque de fuite n'est pas établi ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité, par voie de conséquence, de la décision fixant le pays de destination ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

Sur la décision portant interdiction de retour en France pendant une durée d'un an :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité, par voie de conséquence, de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit, le préfet n'a pas procédé à l'examen des critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la durée de l'interdiction de retour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation personnelle ; cette décision n'est pas adaptée et ses effets sur sa situation personnelle sont disproportionnés au but qu'elle poursuit ;

Sur l'inscription dans le fichier d'information Schengen :

- l'annulation de la décision portant interdiction de retour entraînera l'effacement du signalement aux fins de non-admission.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950 ;

- l'accord entre la République Française et la République Tunisienne du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Specht-Chazottes, vice-présidente, pour statuer sur les litiges relatifs aux mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Specht-Chazottes, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 20 janvier 1992, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 21 octobre 2020 et s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire. Il a été interpellé le 22 novembre 2023 à Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique) par la gendarmerie nationale dans le cadre d'un contrôle routier et d'identité, puis a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, lui a interdit tout retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a informé de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. Par sa requête, M. A B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

3. Il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci vise les textes dont il est fait application et énonce avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, les considérations de fait, en particulier la situation de l'intéressé, et les circonstances de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. A B, il ressort de la motivation de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et familiale avant de décider de lui faire obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen de la situation de M. A B doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. M. A B soutient qu'il est présent en France de manière continue depuis le 21 octobre 2020, soit trois ans et un mois à la date de la décision attaquée, qu'il entretient des liens socioprofessionnels très forts sur le territoire et qu'il travaille en contrat à durée indéterminée depuis le 18 mai 2022 en tant que câbleur salarié par la société Pro Telecom à Paris. Toutefois, il se borne à produire des bulletins de paie couvrant la période de juin à octobre 2023 soit sur une période de cinq mois précédant l'édiction de la décision attaquée, qui sont insuffisants à établir une intégration particulière par le travail, alors qu'il est constant que M. A B n'a effectué aucune démarche administrative lui permettant d'obtenir un titre de séjour ou une autorisation de travail en France et qu'ainsi que le relève le préfet en défense, au moment de son interpellation, M. A B conduisait un véhicule appartenant à une société différente de celle mentionnée sur les bulletins de salaires, soit la société Tarcom dont il a indiqué être le salarié. Par ailleurs, il ressort de ses déclarations, transcrites dans le procès-verbal dressé par la gendarmerie le 22 novembre 2023, qu'il est célibataire et sans enfant, qu'il ne justifie d'aucune attache personnelle, notamment familiale, sur le territoire français, et que ses parents et ses deux sœurs, avec qui il maintient de bonnes relations, vivent en Tunisie, où il a lui-même vécu la majeure partie de son existence. Par suite, compte tenu des conditions du séjour en France de M. A B en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été édictée, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations mentionnées et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A B invoque à l'encontre de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.

8. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 du même code sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées.

9. L'arrêté litigieux vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement, dès lors qu'il ne justifie pas être entré régulièrement en France, qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour et qu'il n'est pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité ni de justifier d'une résidence effective permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, la décision est suffisamment motivée.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas contesté que M. A B est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il n'est pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité ni de justifier d'une résidence effective permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, le requérant se trouve dans les cas prévus par les dispositions précitées du 1° et du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lesquels le risque de fuite est présumé. Si M. A B fait état de circonstances particulières tenant à ce qu'il ne s'est pas soustrait à une mesure d'éloignement, cette circonstance n'est pas de nature à faire écarter la présomption de risque de fuite. Par suite, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'octroyer à l'intéressé un délai de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation personnelle et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A B invoque à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.

13. En second lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'absence de toute démarche de la part de l'intéressé en vue d'obtenir l'asile en France, et à l'absence de justification par lui de l'existence d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

14. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A B invoque à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire, ne peut qu'être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

16. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet, sauf circonstances humanitaires, assortit l'obligation de quitter sans délai le territoire français d'une interdiction de retour d'une durée maximale de trois ans, et que, pour fixer cette durée, il tient compte de la durée du séjour en France de l'étranger, de la nature et de l'ancienneté de ses liens, d'une précédente mesure d'éloignement et d'une menace pour l'ordre public éventuelles. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

17. La décision attaquée, qui fait par ailleurs état des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale du requérant et à la durée et aux conditions de son séjour en France, vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de la Loire-Atlantique a fait application et précise que M. A B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière s'opposant à l'édiction d'une interdiction de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

18. En troisième lieu, M. A B fait l'objet, par l'arrêté en litige, d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé et entre ainsi dans les prévisions des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet d'édicter une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, si M. A B soutient qu'il est inconnu des services de police et qu'il a développé des liens intenses, stables et anciens sur le plan personnel comme professionnel en France où il exerce un métier en tension, il est constant, ainsi qu'il a été dit au point 6, que l'activité professionnelle invoquée a été exercée sur une brève période sans que M. A B n'établisse disposer d'un titre de séjour l'y autorisant et que par ailleurs, il ne justifie d'aucun lien personnel en France et n'a effectué aucune démarche en vue de sa régularisation. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, et alors même que M. A B ne représenterait pas une menace pour l'ordre public et n'a pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement par le passé, en décidant de lui interdire le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet de la Loire-Atlantique, qui a tenu compte de l'ensemble des éléments composant la situation personnelle de l'intéressé et portés à sa connaissance, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur d'appréciation dans la fixation de la durée d'interdiction, ni davantage entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant inscription dans le fichier d'information Schengen :

19. L'illégalité de la décision portant interdiction de retour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A B invoque à l'encontre de la décision d'inscription dans le fichier d'information Schengen aux fins de non-admission, ne peut qu'être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A B tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2023 du préfet de la Loire-Atlantique doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024

La magistrate désignée,

F. SPECHT- CHAZOTTES

La greffière

E. HAUBOIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions