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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2317652

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2317652

lundi 26 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2317652
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantLEJEUNE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes (9ème chambre) a examiné trois requêtes distinctes, mais jointes, de ressortissants malgaches (Mme F, M. B E, et M. J E et Mme I pour leur enfant H E) contestant le refus de visa de court séjour pour visite familiale. Les requérants invoquaient notamment une insuffisance de motivation, la méconnaissance des articles L. 211-3 et L. 313-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, considérant que les décisions attaquées étaient suffisamment motivées et que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. Il a notamment retenu que les requérants ne justifiaient pas de ressources suffisantes pour leur séjour, un motif substitué par le ministre, et que le refus ne portait pas une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de la vie privée et familiale.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2317652 les 24 novembre 2023, 6 décembre 2023, 13 décembre 2023 et 5 mars 2025, Mme K F, représentée par Me Lejeune, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 6 juillet 2023 de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de lui délivrer un visa de court séjour pour visite familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, de lui délivrer un visa de court séjour, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- quant à la substitution de motifs implicitement demandée par le ministre, elle devait être hébergée par Mme C E, qui dispose de ressources suffisantes pour financer son séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par larequérante ne sont pas fondés ;

- les décisions attaquées peuvent être également fondées sur le défaut de justification de ressources suffisantes des intéressés pour leur séjour.

II. - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2317756 les 24 novembre 2023, 6 décembre 2023, 13 décembre 2023 et 5 mars 2025, M. B E, représenté par Me Lejeune, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 6 juillet 2023 de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de lui délivrer un visa de court séjour pour visite familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur de lui délivrer un visa de court séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a aucune intention migratoire ;

- il dispose des ressources nécessaires pour financer son séjour ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- quant à la substitution de motifs implicitement demandée par le ministre, il devait être hébergé par M. A E qui dispose de ressources suffisantes pour financer son séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;

- les requérants ne justifient pas des ressources suffisantes pour leur séjour.

III - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2317767 les 24 novembre 2023, 6 décembre 2023, 13 décembre 2023 et 5 mars 2025, M. J E et Mme D I, agissant en tant que représentants légaux de l'enfant mineur H E, représentés par Me Lejeune, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 6 juillet 2023 de l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de délivrer un visa de court séjour à l'enfant H E pour visite familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a aucune intention migratoire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- quant à la substitution de motif implicitement sollicitée par le ministre, leur enfant devait être hébergé par Mme C E, qui dispose de ressources suffisantes pour financer son séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés ;

- les requérants ne justifient pas des ressources suffisantes pour leur séjour.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (CE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ;

- le règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chauvet, présidente-rapporteure,

- les conclusions de Mme Pétri, rapporteure publique,

- et les observations de Me Arnal, substituant Me Lejeune, représentant Mme K F, M. B E, ainsi que M. J E et Mme D I.

Considérant ce qui suit :

1. Par trois décisions du 6 juillet 2023, l'autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) a refusé de délivrer des visas de court séjour pour motif familial à Mme K F, à M. B E et à leur petit-fils mineur, H E. Par trois décisions du 20 septembre 2023, le sous-directeur des visas a rejeté les recours préalables obligatoires formés contre ces décisions. Par leurs requêtes, Mme K F, M. B E, ainsi que M. J E et Mme D I, parents N E, demandent au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur la jonction :

2. La requête n° 2317652, présentée par Mme L, la requête n° 2317756, présentée par M. B E, et la requête n° 2317767, présentée par M. J E et Mme D I au bénéfice de son enfant mineur H E, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 10 de la convention d'application de l'accord de Schengen : " 1. Il est institué un visa uniforme valable pour le territoire de l'ensemble des Parties contractantes. Ce visa () peut être délivré pour un séjour de trois mois au maximum () ". Aux termes de l'article 21 du règlement (CE) du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas : " 1. Lors de l'examen d'une demande de visa uniforme, () une attention particulière est accordée à l'évaluation du risque d'immigration illégale () que présenterait le demandeur ainsi qu'à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d'expiration du visa demandé. ". Aux termes de l'article 32 du même règlement : " 1. () le visa est refusé : () / b) s'il existe des doutes raisonnables sur () la fiabilité des déclarations effectuées par le demandeur ou sur sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l'expiration du visa demandé. () ".

4. L'administration peut, indépendamment d'autres motifs de rejet tels que la menace pour l'ordre public, refuser la délivrance d'un visa, qu'il soit de court ou de long séjour, en cas de risque avéré de détournement de son objet, lorsqu'elle établit que le motif indiqué dans la demande ne correspond manifestement pas à la finalité réelle du séjour de l'étranger en France. Elle peut à ce titre opposer un refus à une demande de visa de court séjour en se fondant sur l'existence d'un risque avéré de détournement du visa à des fins migratoires.

5. Il ressort des pièces des dossiers que Mme K F et son époux, M. B E, ont sollicité des visas de court séjour afin de rendre visite à leurs deux enfants, M. A E et Mme C E, ressortissants français, avec l'enfant mineur de leur troisième enfant, le jeune H E. A cet égard, sont produits les factures d'achats de trois billets d'avion aller-retour, pour un premier vol à destination de Paris en date du 8 juillet 2023 puis pour un vol retour à destination d'Antananarivo en date du 30 juillet 2023. En outre, Mme K F et M. B E établissent, par la production d'un certificat d'immatriculation et de situation juridique qui, s'il est postérieur à la décision attaquée, est de nature à révéler une situation de faire antérieure, être propriétaires de deux villas situées sur une propriété dite " Miharisoa " à Amboropostsy depuis 1992, dont l'une faisait l'objet, à la date des décisions attaquées, de travaux en vue d'une mise à la location. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que le jeune frère de Andraina Mattèo E et M. E et Mme I, leurs parents, résident à Madagascar et que ces derniers, qui représentent leur aîné dans le cadre de la présente instance, l'ont autorisé, le 7 avril 2023, à se rendre en France avec ses grands-parents pour ledit séjour. Ainsi, tant Mme K F et M. B E que le jeune H E doivent être regardés comme disposant de fortes attaches personnelles et familiales dans leur pays d'origine. En conséquence, et eu égard à l'ensemble des éléments qui précèdent, ils présentent des garanties de retour suffisantes. Par suite, en estimant qu'il existe un risque avéré de détournement de l'objet des visas sollicités, le sous-directeur des visas a entaché les décisions litigieuses d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Toutefois, l'administration peut, notamment en première instance, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que l'annulation dont la décision est demandée est légalement justifiée par un autre motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existante à la date de sa décision. Il appartient alors aux juges, après avoir mis à même la partie ayant introduit le recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative ils peuvent procéder à la substitution demandée, sous réserve, toutefois, qu'elle ne prive pas la partie requérante d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

7. Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, invoque dans son mémoire en défense, qui a été communiqué aux requérants, un nouveau motif tiré de l'insuffisance des ressources des demandeurs pour leur séjour. Il doit ainsi être regardé comme demandant que ce motif soit substitué à celui censuré.

8. Aux termes de l'article L. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger qui déclare vouloir séjourner en France pour une durée n'excédant pas trois mois dans le cadre d'une visite familiale ou privée doit présenter un justificatif d'hébergement qui prend la forme d'une attestation d'accueil, signée par la personne qui se propose d'assurer le logement de l'étranger, ou son représentant légal. Cette attestation est validée par l'autorité administrative et constitue le document prévu par la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 pour justifier les conditions de séjour dans le cas d'une visite familiale ou privée ". Aux termes du second alinéa de l'article L. 313-2 du même code, l'attestation d'accueil " est accompagnée de l'engagement de l'hébergeant de prendre en charge, pendant toute la durée de validité du visa ou pendant une durée de trois mois à compter de l'entrée de l'étranger sur le territoire des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, et au cas où l'étranger accueilli n'y pourvoirait pas, les frais de séjour en France de celui-ci, limités au montant des ressources exigées de la part de l'étranger pour son entrée sur le territoire en l'absence d'une attestation d'accueil ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'obtention d'un visa de court séjour est subordonnée à la condition que le demandeur justifie à la fois de sa capacité à retourner dans son pays d'origine et de moyens de subsistance suffisants pendant son séjour. Il appartient au demandeur de visa, dont les ressources personnelles ne lui assurent pas ces moyens, d'apporter la preuve de ce que les ressources de la personne qui l'héberge et qui s'est engagée à prendre en charge ses frais de séjour, au cas où il n'y pourvoirait pas, sont suffisantes pour ce faire. Cette preuve peut résulter de la production d'une attestation d'accueil validée par l'autorité compétente et comportant l'engagement de l'hébergeant de prendre en charge les frais de séjour du demandeur, sauf pour l'administration à produire des éléments de nature à démontrer que l'hébergeant se trouverait dans l'incapacité d'assumer effectivement l'engagement qu'il a ainsi souscrit.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme C E et M. A E perçoivent, au titre de leurs activités professionnelles qu'ils exercent tous deux au bénéfice de contrats à durée indéterminée, des revenus mensuels qui s'élèvent, pour la première à 3 000 euros et pour le second à 2 500 euros, qui leur permettent de prendre en charge le séjour en France de leurs parents et neveu. En outre, si le ministre de l'intérieur soutient que les demandeurs n'auraient pu loger, faute de place pour y accueillir trois personnes, dans l'appartement de Mme C E, il ressort également des pièces des dossiers, et plus particulièrement des deux attestations d'accueil produites à l'appui des demandes de visas, respectivement établies par M. A E et Mme C E et visées par les maires des XIVe et XIXe arrondissements de Paris, que Mme F et le jeune H E seront hébergés par Mme C M, tandis que M. E sera hébergé chez M. A E. Par suite, et alors mêmes que les ressources de M. E et Mme F ne leur permettraient pas de justifier de conditions de ressources suffisantes, leurs pensions de retraite étant, au demeurant, supérieures au salaire médian de leur pays d'origine, le nouveau motif opposé par le ministre dans son mémoire en défense n'est pas susceptible de fonder légalement les décisions attaquées. Il n'y a donc pas lieu de faire droit à la demande de substitution de motifs qu'il a implicitement sollicitée.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation des décisions attaquées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

12. Eu égard au motif d'annulation qu'il retient, le présent jugement, implique nécessairement qu'il soit procédé à la délivrance des visas d'entrée et de court séjour sollicités par Mme K F et M. B E et pour l'enfant H E. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de faire délivrer ces visas, dans un délai de deux mois suivant sa notification. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à verser aux requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les décisions du 20 septembre 2023 du sous-directeur des visas d'entrée en France sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de délivrer les visas sollicités dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Article 3 : L'Etat versera aux requérants la somme globale 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme K F, à M. B E, à M. J E, à Mme D I et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 5 mai 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Claire Chauvet, présidente,

Mme Françoise Guillemin, première conseillère,

M. Emmanuel Bernard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2025.

La présidente-rapporteure,

Claire Chauvet

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Françoise Guillemin

La greffière,

Anne Voisin

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2317756, 2317767

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