mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2317887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | - 96h - Eloignement |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et des pièces complémentaires respectivement enregistrées les 2 et 5 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Moutel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre :
- il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'aucune atteinte à l'ordre public n'est caractérisée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle porte une atteinte excessive à sa situation personnelle et familiale ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour entraîne nécessairement l'illégalité de cette décision ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français entraîne nécessairement l'illégalité de cette décision.
Sur la décision portant interdiction de retour d'une durée de deux ans :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est marié avec une ressortissante française depuis le 18 novembre 2023 ; cette interdiction l'empêchera de solliciter la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française.
Sur la décision portant assignation à résidence :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne nécessairement l'illégalité de cette décision.
Par un mémoire enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2023.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Baufumé, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés par les articles L. 614-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique du 5 décembre 2023 à 15h15.
Le rapport de Mme Baufumé, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien, né le 1er novembre 1994, déclare être entré irrégulièrement en France au mois d'août 2019. Il a fait l'objet, le 29 avril 2021, d'un premier arrêté portant obligation de quitter le territoire français, pris par le préfet de la Mayenne puis, le 10 mars 2023, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois, pris par le préfet de la Sarthe. Il n'a déféré à aucun de ces deux arrêtés. Le 26 juillet 2023, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 30 novembre 2023, le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a fixé le pays à destination duquel l'intéressé pourra être reconduit d'office. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1 et L. 614-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour, lorsque ces derniers sont assignés à résidence. Dès lors, il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour dont il pourrait être saisi. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction dirigées contre la décision de refus de séjour du 30 novembre 2023 doivent être renvoyées devant une formation collégiale du présent tribunal.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, M. B soutient que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour entache d'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français.
4. D'une part, l'arrêté attaqué a été signé par M. Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par un arrêté du 19 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Sarthe lui a donné délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département de la Sarthe, à l'exception de certains actes dont les refus de titre de séjour ne font pas partie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant refus de titre de séjour manque en fait et doit être écarté.
5. D'autre part, l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail stipule que " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2019, a été interpellé, d'une part, le 28 avril 2021 pour avoir présenté aux gendarmes, à la suite d'un contrôle routier, une fausse carte d'identité et un faux permis de conduire italiens et, d'autre part, le 8 août 2021, dans la ville de Rennes, dans le cadre d'une rixe avec arme. Il en ressort en outre que M. B a été interpellé, le 10 mars 2023, pour des faits de vol à l'étalage et le 23 avril 2023 pour des faits de recel de vol. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il n'a pas déféré à l'arrêté du 29 avril 2021, pris par le préfet de la Mayenne et portant obligation de quitter le territoire français ni à celui du 10 mars 2023 pris par le préfet de la Sarthe et portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. Il en ressort en outre, et plus particulièrement du " soit transmis " adressé par la police aux frontières à ce même préfet le 13 septembre 2021, qu'il n'a pas respecté les obligations de pointage auxquelles il était soumis aux termes d'un arrêté du 9 août 2021 portant assignation à résidence émanant du préfet d'Ille-et-Vilaine. Il ressort enfin des pièces du dossier, et notamment du signalement effectué le 30 mai 2023 par le préfet de la Sarthe à destination de la procureure de la République, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, et il n'est par ailleurs pas contesté, que M. B n'a pas non plus respecté son obligation de pointage, à laquelle il était soumis aux termes d'un arrêté du 10 mars 2023 pris par le préfet de la Sarthe et portant assignation à résidence.
7. Si l'intéressé se prévaut d'une part, de ce que la seule condamnation pénale prononcée à son encontre concerne les faits de vol à l'étalage et, sans toutefois l'établir, de ce que les autres interpellations ont abouti à des classements sans suite, eu égard à la nature des faits, à leur réitération et à leur caractère récent, et même à supposer, comme il le soutient, qu'il n'aurait pas été impliqué dans la rixe avec armes ayant eu lieu le 8 aout 2021, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public. Le moyen soulevé à ce titre doit, par suite, être écarté.
8. Par ailleurs, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. M. B ne justifie pas avoir saisi le préfet d'une demande sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cela ne ressort pas non plus des pièces du dossier. Le requérant ne peut, dès lors, utilement soutenir que le préfet de la Sarthe, qui n'a pas examiné d'office la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions, aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en s'abstenant d'examiner son droit au séjour au regard de l'article L. 423-23 dudit code. En outre, compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 7 ci-dessus, et en application des dispositions précitées de l'article L. 412-5 du même code, le préfet de la Sarthe a pu, sans erreur de droit, refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par M. B sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco tunisien. Il s'en suit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de l'accord franco tunisien doit être écarté.
9. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de refuser de délivrer un titre de séjour à un étranger ou de procéder à son éloignement, d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie privée et familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2019, soit depuis un peu plus de quatre ans à la date de la décision attaquée, s'y est maintenu de manière irrégulière et n'a pas déféré à deux décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, s'il se prévaut d'une relation avec une ressortissante française, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de son certificat de mariage et de l'attestation manuscrite de sa compagne, que cette relation est très récente dès lors, d'une part, qu'il s'est marié avec cette dernière le 18 novembre 2023, soit 12 jours avant l'édiction de la décision attaquée et, d'autre part, que sa compagne indique qu'ils ne partagent une vie commune que depuis le mois de juillet 2023, sans que le requérant n'apporte par ailleurs d'élément attestant de la réalité d'une communauté de vie à compter de cette date. En outre M. B, qui n'atteste pas de liens privés ou familiaux intenses sur le territoire français, n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à ses vingt-quatre ans et où résident ses parents. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de la Sarthe, en rejetant la demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par voie d'exception à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ainsi que celle de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établies, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions, soulevé par voie d'exception à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant fixation du pays de renvoi, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour (°) ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.() ".
15. M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français en se bornant à faire état de son mariage célébré douze jours avant l'édiction de la décision attaquée et alors qu'il ne produit pas d'éléments attestant de la réalité d'une communauté de vie avec son épouse avant ce mariage, à l'exception d'une attestation de cette dernière indiquant qu'ils ont emménagé ensemble à compter du mois de juillet 2023 soit deux mois avant leur mariage. Il résulte de ce qui précède ainsi que de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement s'agissant des faits reprochés par le préfet au requérant et de la circonstance que ce dernier s'est soustrait à deux décisions portant obligation de quitter le territoire français et à deux obligations de pointage prononcées dans le cadre de l'adoption de deux décisions portant assignation à résidence, que M. B, qui n'atteste pas, par ailleurs, de liens privés ou familiaux intenses sur le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
16. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par voie d'exception à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence, doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation et d'injonction, à l'exception de celles concernant la décision portant refus de titre de séjour, et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 30 novembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et celles à fin d'injonction y afférentes sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Sarthe et à Me Moutel.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La magistrate désignée,
A. BAUFUMELa greffière,
G. PEIGNE
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026