jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2318639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 3ème chambre |
| Avocat requérant | BENVENISTE |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 14 décembre 2023, sous le n° 2318639 M. D B, représenté par Me Benveniste, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon pour indiquer les diligences dans la préparation de son départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet a commis une erreur sur sa nationalité en retenant qu'il serait de nationalité azerbaïdjanaise et géorgienne alors qu'il ne dispose que de la nationalité géorgienne, ainsi que l'a indiqué la Cour nationale du droit d'asile ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que pour écarter les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'est fondé sur un avis du 28 février 2023 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a examiné son état de santé en retenant qu'il était de nationalité azerbaidjanaise et non géorgienne ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de nouvelle saisine du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile n'est pas régulière ;
- il n'est pas établi que la décision de la Cour nationale du droit d'asile a fait l'objet d'une lecture publique, ce qui entache d'irrégularité la procédure ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été mis en œuvre avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'est pas de nationalité azerbaidjanaise ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle au regard des critères de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 avril et 15 mai 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 14 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête enregistrée le 14 décembre 2023, sous le n° 2318641 Mme C A, représentée par Me Benveniste, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai, et l'a astreinte à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon pour indiquer les diligences dans la préparation de son départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- le préfet a commis une erreur sur sa nationalité en retenant qu'elle serait de nationalité azerbaïdjanaise alors qu'elle ne dispose que de la nationalité géorgienne, ainsi que l'a indiqué la Cour nationale du droit d'asile ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile n'est pas régulière ;
- il n'est pas établi que la décision de la Cour nationale du droit d'asile a fait l'objet d'une lecture publique, ce qui entache d'irrégularité la procédure ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été mis en œuvre avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 avril et 15 mai 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par une décision du 14 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950 ;
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Specht-Chazottes, vice-présidente pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Specht-Chazottes, magistrate désignée a été entendu au cours de l'audience publique.
Après avoir prononcé à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien, né le 2 mai 1972 a déclaré être entré irrégulièrement en France le 28 décembre 2021, en compagnie de sa compagne, Mme A, ressortissante géorgienne née le 12 juillet 1975 et leur fils mineur né le 16 octobre 2005. Ils ont sollicité le 4 janvier 2022 la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes ont été rejetées par deux décisions du 28 avril 2022 du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) confirmées par deux décisions du 26 juillet 2023 de la Cour nationale du droit d'asile. Par deux arrêtés du 22 novembre 2023, le préfet de la Vendée leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et les a astreints à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon pour indiquer les diligences dans la préparation de leur départ. Par leurs requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. B et Mme A demandent l'annulation de ces arrêtés, chacun en ce qu'il le concerne.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ".
3. Les demandes présentées par M. B et Mme A tendant à obtenir la reconnaissance du statut de réfugié ont été définitivement refusées par deux décisions du 26 juillet 2023 de la Cour nationale du droit d'asile et les requérants ne bénéficient plus du droit de se maintenir en France. Par suite, ils entrent dans le champ des dispositions précitées du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles le préfet peut les obliger à quitter le territoire français.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B :
4. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. " Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 611-2 de ce code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ".
5. Il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que, dès lors qu'elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie qu'elle prévoit des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B est notamment fondée sur la circonstance que l'état de santé du requérant ne fait pas obstacle à son éloignement. A cet effet le préfet s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 28 février 2023, selon lequel le collège de médecins, retenant la nationalité azerbaïdjanaise de M. B, conclut que son état de santé nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
7. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des éléments analysés par l'OFPRA à partir des déclarations de l'intéressé, qui indique être né en Géorgie, y avoir toujours vécu et être d'ethnie Azéri, que M. B est de nationalité géorgienne, cette nationalité étant celle retenue dans les motifs de la décision de l'OFPRA et dans l'arrêt de la CNDA. Si le préfet relève en défense que le requérant a été enregistré, dans sa demande d'asile, comme étant de nationalité azerbaidjanaise, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause les déclarations précises faites lors de son entretien auprès de l'OFPRA ni l'appréciation portée par l'Office sur ce point. Par suite, alors qu'il n'est pas contesté que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le collège de médecins de l'OFII, dans son avis du 28 février 2023, a apprécié si l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé en Géorgie lui permettent de bénéficier d'un traitement approprié, le requérant est fondé à soutenir qu'il présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers ne pouvant faire l'objet d'une mesure d'éloignement avant une nouvelle saisine du collège de médecins de l'OFII examinant son état de santé en prenant en compte sa nationalité géorgienne pour l'appréciation de la disponibilité des soins.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions fixant le pays de destination et l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat de La Roche-sur-Yon.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de Mme A :
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
10. Il n'est pas contesté que Mme A, compagne de M. B, entretient avec ce dernier une relation de concubinage stable et continue. Par suite, compte tenu de l'annulation prononcée de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B, la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme A, qui aurait pour conséquence de séparer le couple, emporterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il y a lieu, par suite, d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme A.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions fixant le pays de destination et l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat de La Roche-sur-Yon.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
13. En premier lieu, eu égard au motif d'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2023 pris à l'égard de M. B, l'exécution du présent jugement implique nécessairement, en application des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de la Vendée procède au réexamen de la situation de M. B et, en particulier, recueille l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Vendée de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans l'attente, de délivrer à M. B, une autorisation provisoire de séjour.
14. En second lieu, eu égard au motif d'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2023 pris à l'égard de Mme A, dont la situation est liée à celle de son compagnon M. B, l'exécution du présent jugement implique nécessairement, en application des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que, dans l'attente du réexamen de la situation de M. B, le préfet de la Vendée délivre à Mme A une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais d'instance :
15. M. B et Mme A ayant chacun obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans cette instance, le versement à Me Benveniste, avocate des requérants, de la somme de 1 800 euros. Conformément aux dispositions de 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 22 novembre 2023 du préfet de la Vendée sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vendée de procéder à un nouvel examen de la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Vendée, dans l'attente du réexamen de la situation de M. B, de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'Etat versera à Me Benveniste, avocate de M. B et Mme A, la somme de 1 800 euros (mille huit cents euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme C A, au préfet de la Vendée et à Me Benveniste.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La magistrate désignée,
F. SPECHT- CHAZOTTES
La greffière
F. MERLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2 2318641
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026