LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2318925

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2318925

lundi 15 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2318925
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDELANNOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 décembre 2023, la société civile immobilière (SCI) des Goémoniers, et ses co-gérants, M. B A et Mme C A, représentés par Me Delannoy, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n°618 du 1er août 2023 par lequel le maire de la commune du Croisic a délivré le permis de construire n° PC 044 049 23 T0027 ; ainsi que de la décision portant rejet implicite du recours gracieux formé le 7 septembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune du Croisic la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le délai de recours contentieux a bien été respecté et les recours seront notifiés à la commune et aux pétitionnaires dans les quinze jours de l'introduction de la requête ;

- ils justifient d'une présomption d'intérêt à agir en tant que voisins immédiats du projet ;

- la condition d'urgence est présumée satisfaite au regard des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; par ailleurs, les travaux ont débuté comme l'atteste l'installation de piquets pour matérialiser l'emplacement des constructions.

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le dossier de permis de construire est incomplet et n'a permis ni à l'architecte des bâtiments de France ni au service instructeur de remplir leurs missions au regard des imprécisions et omissions qui ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la règlementation applicable ; il empêche l'appréciation des règles d'insertion par rapport aux avoisinants édictées dans le règlement du site patrimonial remarquable (SPR), dans le plan local d'urbanisme (PLU) et prévues par les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'est constatée l'absence de :

°toute photographie d'insertion par rapport aux avoisinants,

° tout repère de la maison voisine coté est et de la couronne de l'arbre remarquable sur le plan de masse,

°tout élément concernant le portail et les essences choisies pour les haies de clôture ;

*l'article UR6 du règlement du plan local d'urbanisme est méconnu : la zone URb se trouvant en dehors de l'agglomération du Croisic, au sens des dispositions de la loi littorale, la marge de retrait minimum applicable à la parcelle concernée par le permis de construire litigieux est de 25 mètres par rapport à l'axe routier ; la marge applicable est, en tout état de cause, a minima de 12 mètres, ce que ne respecte pas le projet litigieux ;

*l'article UR7 du règlement du PLU est méconnu dès lors que la marge latérale de 3 mètres minimum n'est pas respectée par le projet litigieux ;

*l'article UR11 du règlement du PLU, renvoyant à l'article R. 111-27 (anciennement R. 111-21) du code de l'urbanisme, est méconnu : le projet litigieux ne permet aucune cohérence urbaine et paysagère, encore moins architecturale et ne permet pas une insertion harmonieuse avec le milieu avoisinant ;

*l'article UR13 du règlement du PLU est méconnu, dès lors qu'il impose la création d'un arbre de haute tige par 200m² de terrain libre ou en présence de deux places de stationnement, ce qui correspond à la situation du projet litigieux ;

*l'article 2.4 secteur 2 du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) est méconnu : il est porté atteinte aux arbres remarquables de la parcelle contigüe à celle faisant l'objet du permis de construire litigieux ;

*l'article 2.2 du secteur balnéaire du règlement de l'AVAP est méconnu quant à son implantation par rapport aux avoisinants et quant à la conservation de la percée visuelle vers et depuis la côte ; le projet méconnaît les trois objectifs de cet article, dès lors qu'il dissimule un arbre remarquable, a un pignon donnant face au littoral et supprime une respiration paysagère.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 décembre 2023, la commune du Croisic conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCI Des Goémoniers au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence n'est pas caractérisée par la présence de piquets sur le terrain concerné par le permis litigieux ;

- aucun des moyens soulevés par la SCI Des Goémoniers, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire litigieux :

*le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire serait incomplet manque en fait ;

*le terrain d'assiette du projet se situe à l'intérieur des limites de l'agglomération de la commune du Croisic ; l'implantation de la construction est nettement au-delà des 12 mètres de l'axe de la route départementale 45, ainsi que le prévoit l'article UR6 du PLU ;

*le projet ne méconnait pas l'article UR7 du PLU, dès lors qu'il résulte du plan de masse du projet et de sa note descriptive que la construction s'implante bien à une distance égale ou supérieure à trois mètres de la limite séparative Est ;

*le projet ne méconnaît pas l'article UR11 du PLU, dès lors qu'il ne masque pas les arbres de la parcelle voisine et ne porte pas atteinte au caractère des avoisinants ;

*le projet ne méconnaît pas l'article UR13, dès lors que cet article ne s'applique pas au projet en litige ;

*le projet ne méconnaît pas l'article 2.4 secteur 2 du règlement de l'AVAP, dès lors que les arbres concernés sont situés sur une autre parcelle ;

*le projet ne méconnaît pas l'article 2.2 du règlement de l'AVAP, dès lors que le projet s'inscrit dans la limite de recul des avoisinants ; la percée visuelle est respectée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2023, M. D et Mme D F concluent au rejet de la requête et demandent que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu'aucun des moyens soulevés par la SCI des Goémoniers n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire litigieux :

*le dossier de permis de construire est complet et suffisant ;

*le projet respecte l'article UR6 du PLU, dès lors que la parcelle litigieuse est située dans les limites de l'agglomération au sens du code de la route et que l'implantation de la construction est prévue à plus de 12 mètres de l'axe de la route départementale 45 ;

* le projet respecte l'article UR7 du PLU, dès lors que l'examen des plans permet de vérifier que la construction est implantée à minima à 3, 01 mètres de la limite séparative de propriété à l'Est ;

*le projet respecte l'article UR11 du PLU et l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet ne porte pas atteinte à l'intérêt que présentent les arbres remarquables de la parcelle voisine ; l'architecte des bâtiments de France a formulé des prescriptions qui garantissent l'intégration du projet dans son environnement ; plusieurs constructions environnantes ont un caractère moderne ;

*le projet ne méconnaît pas l'article UR13 du PLU, dès lors que ni l'architecte des bâtiments de France, ni la commune n'ont imposé de plantations aux requérants ; le projet ne comporte qu'une seule place de stationnement ;

*le projet respecte l'article 2.4 du règlement de l'AVAP, dès lors que les arbres remarquables ne sont pas situés sur la parcelle litigieuse ; la construction autorisée s'implantera à plus de trois mètres de la limite séparative Est où se situent ces arbres et seul le garage sera implanté sur la partie sud de la parcelle ;

*le projet respecte l'article 2.2 du règlement de l'AVAP, dès lors que l'implantation de la construction autorisée est alignée avec celle de la parcelle Est ; la percée visuelle étant située sur la limite séparative Est, l'implantation du projet devra avoir lieu à plus de 2m50 de cette limite, ce qui est le cas ; aucune des règles contraignantes prévues par l'AVAP n'est méconnue.

Vu :

- la décision attaquée ;

- la requête enregistrée le 20 décembre 2023 sous le numéro 2318913 par laquelle la SCI des Goémoniers demande l'annulation de la décision attaquée.

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme André pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 janvier 2024 à 9h30 :

- le rapport de Mme André, juge des référés,

- les observations de Me Delannoy, représentant la SCI des Goémoniers ;

- les observations de Me Giraud, représentant la commune du Croisic ;

- et les observations de Me Dubos, substituant Me Caradeux, représentant de M. D et Mme D F.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. la société des Goémoniers exerce une activité d'hôtellerie dans les locaux situés 8 rue des Goémoniers. En leur qualité de voisins immédiats du projet poursuivi par M. et Mme D, E et M. et Mme A, ses co-gérants, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n°618 du 1er août 2023 par lequel le maire de la commune du Croisic a délivré un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation et d'un garage sur la parcelle cadastrée 49 section AC, n° 14, ainsi que de la décision portant rejet implicite du recours gracieux formé le 7 septembre 2023.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 1er août 2023 par lequel le maire de la commune du Croisic a délivré un permis de construire à M. D et Mme D F. Il y a lieu, en conséquence, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de la SCI des Goémoniers et de M. et Mme A, en toutes ses conclusions.

Sur les frais liés à l'instance :

4. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune du Croisic, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

5. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge solidaire des requérants les sommes que demandent respectivement la commune du Croisic et M. D et Mme D F au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SCI des goémoniers et de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune du Croisic et de M. D et Mme D F, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière des Goémoniers, à M. et Mme A, ainsi qu'à la commune du Croisic et à M. D et Mme D F.

Fait à Nantes, le 15 janvier 2024.

La juge des référés,

M. ANDRE

La greffière,

M-C. MINARDLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions