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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2400700

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2400700

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2400700
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET DROUINEAU 1927

Texte intégral

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement informées du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 janvier 2024 à 14 heures 30 :

- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,

- les observations de M. B représentant le Comité de défense citoyen Vendée grand littoral ;

- et les observations de Me Dallemane substituant Me Porchet pour la communauté de communes Vendée grand littoral.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le Comité de défense citoyen Vendée grand littoral demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision 2023-12-D28 du 20 décembre 2023 par laquelle le conseil de la communauté de communes Vendée grand littoral a fixé les tarifs de la redevance incitative destinée au financement unique du service de gestion des déchets ménagers et assimilés à compter du 1er janvier 2024.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs () ". Selon l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". En vertu de l'article L. 5211-1 du même code, ces dispositions sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions de ce code.

4. En application de ces dispositions, le président de l'établissement public de coopération intercommunale est tenu de communiquer aux membres de l'organe délibérant les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires soumises à leur délibération.

5. Il ressort des pièces du dossier qu'une note de synthèse a été adressée aux membres du conseil communautaire, le 14 décembre 2023, dans un délai dont il n'est pas contesté qu'il a respecté les cinq jours francs avant la séance du 20 décembre 2023. Cette note explicitait les motifs de l'évolution tarifaire proposée de 5 % de la redevance incitative destinée au financement unique du service de gestion des déchets ménagers et assimilés à compter du 1er janvier 2024 sur le territoire de la communauté de communes tenant à l'augmentation de la cotisation au syndicat Trivalis de 5,4%, le coût des traitements impactés par la hausse de la taxe générales sur les activités polluantes et des charges de personnel en augmentation de 5%, cette hausse devant permettre d'équilibrer le budget de fonctionnement du service en fonction du nombre d'usagers et des projections effectuées quant au niveau d'utilisation du service.

6. Si pour éclairer leur décision sur ce point les conseillers communautaires ont été rendus destinataires du compte rendu du conseil d'exploitation de la régie d'exploitation du service de gestion des déchets du 24 octobre 2023, il est constant que ce document se limitait à signaler in fine qu'une " hausse des redevances pour 2024 devra être envisagée ". Toutefois, si en cours de séance du conseil communautaire du 20 décembre 2023 un conseiller a également regretté ne pas avoir " un peu plus de détail sur les motivations financières qui nous conduisent à nous prononcer aujourd'hui sur une augmentation de 5% () [notamment] un peu plus de détail quant à l'augmentation de Trivalis () ", eu égard au contenu de la note synthèse rappelé au point 5, en l'état de l'instruction, il n'apparaît pas que l'absence d'information sur ce point a eu une incidence significative quant au droit à l'information des conseillers communautaires sur la portée de la délibération attaquée, ni que les erreurs matérielles relevées dans les énoncés de la délibération en litige ont été de nature à induire les conseillers en erreur ou à constituer un vice de forme.

7. Par suite, en l'état de l'instruction et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, les moyens de la requête ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération 2023-12-D28 du 20 décembre 2023 du conseil communautaire de la communauté de communes Vendée grand littoral. Les conclusions du Comité de défense citoyen Vendée grand littoral tendant à la suspension de l'exécution de cette délibération doivent, en conséquence, être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du Comité de défense citoyen Vendée grand littoral la somme que demande la communauté de communes Vendée grand littoral au titre des frais engagés par elle et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du Comité de défense citoyen Vendée grand littoral est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Vendée grand littoral au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au Comité de défense citoyen Vendée grand littoral et à la communauté de communes Vendée grand littoral.

Fait à Nantes, le 1er février 2024

Le juge des référés,

B. Echasserieau

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2400700

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