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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2401363

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2401363

vendredi 17 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2401363
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantPERROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Perrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2023 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer et d'instruire sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire d'enregistrer et d'instruire la demande de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir, dans cette attente, d'un récépissé l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que la décision attaquée :

- n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions des articles R. 431-10, R. 431-11 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet a considéré que sa demande était dilatoire et n'était accompagnée d'aucun élément nouveau.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que :

- ayant réexaminé la demande de M. B en exécution d'une décision du juge des référés, il a implicitement mais nécessairement retiré la décision attaquée ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 février 2024.

Par ordonnance du 21 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Hervouet, président du tribunal, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 19 juin 2002, est entré en France le 12 juillet 2018, muni d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa de court séjour valable du 4 juillet 2018 au 3 septembre 2018, à entrées multiples et pour une durée de trente jours, qui lui avait été délivré le 4 juillet 2018 par l'autorité consulaire française à Tunis. Il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, dans le cadre d'un recueil, puis en exécution d'une ordonnance de placement provisoire en date du 3 septembre 2018. Il a ultérieurement sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève " lui a été délivrée, valable du 8 juin 2021 au 7 juin 2022. Il a ensuite, au mois d'avril 2022, sollicité du préfet de Maine-et-Loire le renouvellement de ce titre de séjour à la faveur d'un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour, en indiquant vouloir " continuer à travailler et vivre en France ". Cette demande, regardée, compte tenu des pièces produites, comme tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ", a été rejetée par un arrêté du 20 décembre 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français. Par un arrêté du 10 novembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire a édicté à son encontre un autre arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'issue de ce délai. En outre, par une décision du 5 décembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer et d'instruire une nouvelle demande de titre de séjour présentée le 24 novembre 2023. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :

2. Par une ordonnance du 15 février 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de la décision attaquée du 5 décembre 2023 refusant d'enregistrer la demande de titre du requérant, et enjoint à son auteur de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. B, dans les trois semaines suivant la notification de cette ordonnance, en lui délivrant dans l'attente et sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. En exécution de cette décision du juge des référés, le préfet de Maine-et-Loire a, le 18 avril 2024, édicté un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. A cette fin, le préfet a procédé à une instruction de la demande de titre de séjour présentée par le requérant et ainsi retiré, implicitement mais nécessairement, la décision de refus d'enregistrement de cette demande de titre de séjour en date du 5 décembre 2023. Il en résulte que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B sont désormais sans objet.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour du 5 décembre 2023.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Perrot.

Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Hervouet, président du tribunal,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2025.

Le président-rapporteur,

C. HERVOUETL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. MILINLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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