jeudi 31 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2401652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 février 2024 et le 11 avril 2025, M. C A et Mme B E A, représentés par Me Bourgeois, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 19 mai 2023 de l'autorité consulaire française à Conakry (Guinée) refusant à Mme A la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de membre de la famille d'un réfugié ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour celui-ci de se désister du bénéfice de l'aide juridictionnelle en cas d'accord, ou directement aux requérants en cas de refus d'aide juridictionnelle ou en l'absence de demande d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que leur concubinage stable et continu est établi par le certificat de mariage coutumier et par les éléments de possession d'état ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A et Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 mai 2025, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 28 mai 2025.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 9 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Paquelet-Duverger,
- et les observations de Me Rombout, substituant Me Bourgeois, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, a été admis au statut de réfugié par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 1er septembre 2021. Mme A, qu'il présente comme sa concubine, a déposé une demande de visa de long séjour, auprès de l'autorité consulaire française à Conakry (Guinée), au titre de la réunification familiale. Par une décision du 19 mai 2023, cette autorité a refusé de délivrer le visa sollicité. Par une décision du 5 décembre 2023, dont M. A et Mme A demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée s'est fondée sur les dispositions des articles L.311-1, L.561-2 à L.561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que sur le motif tiré de ce que Mme A en situation de concubinage avec M. A, en l'absence de mariage civil, ne justifie pas, par les éléments de possession d'état produits, d'une vie commune suffisamment stable et continue avant la date d'introduction de la demande d'asile de M. A. Ainsi, la décision attaquée comporte avec suffisamment de précision l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / () ".
4. Les requérants produisent une attestation de leur mariage coutumier célébré le 15 janvier 2021. Si ce mariage, qui ne peut être regardé comme une union civile au sens de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne permet pas à Mme A de se prévaloir de la qualité d'épouse, il constitue, en revanche, un élément d'appréciation de l'existence d'une situation de concubinage. Pour se prévaloir du caractère stable et continu de leur vie commune avant la date d'introduction de la demande d'asile effectuée le 9 février 2021 par M. A, qui a quitté son pays le 27 janvier 2021, les requérants se prévalent de la constance des déclarations de M. A concernant sa concubine devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et dans sa fiche familiale de référence. Toutefois, ces déclarations ne permettent pas de justifier, à elles seules, de la réalité d'une vie commune suffisamment stable et continue alors que M. A a également indiqué être le père de deux enfants nés en février 2017 d'une précédente union avec une femme qu'il a présentée comme étant sa concubine. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'après la naissance de ses deux enfants, M. A a rejoint la France pour faire des études en 2018 et 2019 avant de retourner en Guinée en janvier 2021, pour un séjour de quatre semaines au cours duquel il a épousé Mme A. Dès lors, la continuité de la relation entre M. A et Mme A n'est pas avérée. Les requérants produisent également des photographies dont une seule cependant a été prise avant la demande d'asile. De plus, les copies des échanges téléphoniques versés au dossier et qui se sont déroulés d'octobre 2017 à octobre 2021 mentionnent une certaine Kadija A tandis que ceux qui se sont déroulés entre les requérants datent des mois de février 2023 à avril 2023. En outre, les récépissés de virements de crédits téléphoniques pour des sommes modiques ne suffisent pas à établir une assistance financière par M. A à Mme A. Dans ces conditions, en rejetant le recours dont elle était saisie en raison de l'absence de vie commune suffisamment stable et continue à la date d'introduction de la demande d'asile de M. A, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas commis d'erreur de fait, ni méconnu les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. Eu égard à ce qui a été dit au point 4, et alors, de surcroît, qu'il ressort des pièces du dossier que M. A a pu séjourner avec Mme A au Sénégal et en Gambie lors de deux voyages effectués en 2024, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A et Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions accessoires :
8. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme B D, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à Me Bourgeois.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Paquelet-Duverger, première conseillère,
M. Ravaut, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2025.
La rapporteure,
S. PAQUELET-DUVERGERLa présidente,
V. POUPINEAU
La greffière,
A-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026