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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2401693

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2401693

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2401693
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantSCHAUTEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2024, M. B A, représenté par Me Schauten, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 400 euros à son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

s'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

s'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et compromet la poursuite de son parcours universitaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gourmelon, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant indien né le 16 mai 1995, est entré en France le 28 octobre 2021, sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant valant titre de séjour. Il a obtenu le renouvellement de son titre de séjour le 20 octobre 2022, et jusqu'au 10 avril 2023. Il a sollicité du préfet de Maine-et-Loire le renouvellement de ce titre de séjour. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 4 août 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles elle a été prise, en relevant en particulier que M. A ne remplit pas les conditions posées par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'obtention d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Elle répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 4 août 2023 ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A avant de prendre cette décision.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

5. Pour refuser de renouveler le titre de séjour portant la mention " étudiant " du requérant, le préfet de Maine-et-Loire a considéré que les échecs successifs de M. A et sa réorientation ne lui permettaient pas de démontrer le caractère réel et sérieux de son parcours d'études. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'année universitaire 2021-2022, M. A était inscrit en première année de master " business administration global sustainable business management " à l'Université catholique de l'Ouest d'Angers. Il a été ajourné, avec une moyenne de 4,40 sur 20 au premier semestre et de 0 sur 20 au second semestre. Au cours de l'année universitaire 2022-2023, il s'est réorienté et inscrit en première année du diplôme d'université d'études françaises au centre de langue française pour étrangers de l'université d'Angers, mais n'a toutefois pas validé cette année, obtenant une moyenne de 9,655 sur 20. S'il s'est réinscrit à cette même formation au titre de l'année universitaire 2023-2024, il ne fait état d'aucune circonstance particulière permettant de justifier de ces deux ajournements, autre que les difficultés rencontrées dans certaines matières. Si M. A fait par ailleurs valoir son souhait de se réorienter vers le secteur de l'hôtellerie restauration, la seule production de contrats de travail à temps partiel en qualité de commis de cuisine ou d'employé polyvalent en restauration rapide ne suffit pas à justifier de cette réorientation, les contrats conclus ne présentant en tout état de cause pas de lien direct avec le cursus dans lequel il est engagé. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de renouveler son titre de séjour.

6. En dernier lieu, pour les motifs indiqués au point précédent, la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour ".

8. En application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision par laquelle le préfet a obligé M. A à quitter le territoire français, qui vise ces dispositions, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte, dès lors qu'elle a été prise concomitamment à la décision de refus de titre de séjour, laquelle est, tel qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision ne peut qu'être écarté.

9. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de séjour que le moyen tiré de ce que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

10. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait dépourvue de base légale doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

11. En l'espèce, si M. A allègue que le délai de départ volontaire compromet la poursuite de son parcours universitaire, ce moyen doit être écarté compte tenu de ce qu'il a été dit au point 5 du jugement alors que l'intéressé ne fait par ailleurs état d'aucune circonstance particulière pouvant justifier qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Ainsi, la décision fixant à trente jours le délai accordé à M. A pour quitter volontairement le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Schauten.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.

La présidente-rapporteure,

V. GOURMELON

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. MILIN

La greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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