mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2401854 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 16 février 2024, Mme G et M. H B A, représentés par Me Bautes, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, née le 23 décembre 2023, par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 25 septembre 2023 par laquelle les autorités consulaires françaises à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme G et à leur quatre enfants F, C, E et D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal, de leur délivrer les visas sollicités, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de leur situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à Me Bautes en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* aucun manque de diligence ne saurait leur être opposé ;
* M. B A a quitté son pays le 15 octobre 2015. Cela fait presque 10 ans qu'il n'a pas vu femme et enfants, dont le dernier D est né peu de temps avant qu'il ne parte ;
* la situation en Afghanistan et particulièrement dans le village du requérant, dans lequel sa famille se trouve encore, lui a valu l'obtention de la protection subsidiaire, en raison des violences répétées que cette région connait. Les demandeurs de visas encourent de forts risques en Afghanistan ;
* Madame est une femme qui élève seule ses quatre enfants, l'aînée étant aussi une jeune fille âgée de 14 ans. Or, la situation des droits des femmes en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des talibans est plus que délétère.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 561-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en l'absence de condamnation ou de décision reprenant factuellement et juridiquement les actes délictueux que M. B A aurait commis, l'autorité administrative ne saurait maintenir le refus d'une réunification familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie. Les requérants n'ont pas fait preuve de célérité dans le dépôt de leur demande de visas. Par ailleurs, rien dans la requête ne permet de situer les demandeurs de visa en Afghanistan et ainsi les risques qu'ils y encourent.
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il ne conteste pas que le motif initial n'a plus lieu d'être et demande qu'y soit substitué le motif tiré de ce que les déclarations faites par le réunifiant présentent de nombreuses incohérences remettant en doute la réalité de la vie familiale antérieure, voire la filiation même des enfants.
M. H B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 février 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 février 2024 à 14h30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. H B A, ressortissant afghan né le 19 février 1984, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 25 janvier 2021. Le 15 mai 2023, Mme G et les enfants F, C, E et D, qui se présentent comme son épouse et ses enfants, ont déposé une demande de visa auprès de l'ambassade de France à Téhéran au titre de la réunification familiale. Par la présente requête, M. H B A et Mme G demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, née le 23 décembre 2023, par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 25 septembre 2023 par laquelle les autorités consulaires françaises à Téhéran ont refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme G et aux enfants F, C, E et D.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision en litige, les requérants font valoir qu'ils vivent séparés depuis près de 10 années et que les demandeurs de visas encourent des risques particuliers du fait de la situation en Afghanistan, qui a d'ailleurs valu à M. H B A d'obtenir le bénéfice de la protection subsidiaire. S'il n'est pas contesté en défense que les femmes constituent du fait de leur genre une population particulièrement vulnérable en Afghanistan, les requérants ne précisent toutefois pas de manière circonstanciée les risques et dangers auxquels les demandeurs de visa seraient personnellement exposés, alors même qu'aucune pièce du dossier ne permet d'identifier le lieu où ils se trouveraient dans ce pays. Dans ces conditions, pour douloureuse que soit la séparation des membres d'une famille, les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision en litige. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de Mme G et de M. H B A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme G et de M. H B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G, à M. H B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 27 février 2024.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026