mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2401885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2024, M. A B, représenté par Me Jaud, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution, d'une part, de la décision du 16 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique l'a suspendu temporairement pour une durée de six mois de l'exercice de toute fonction auprès des mineurs accueillis dans le cadre des dispositions de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, et, d'autre part, de la décision par laquelle cette même autorité a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée, en l'empêchant d'exercer toute fonction après de mineurs accueillis dans le cadre de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, fait obstacle à la poursuite de sa formation en vue de l'obtention du certificat professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (CPJEPS), alors qu'il doit encore valider l'unité " concevoir des activités en direction d'un groupe " ; en l'éloignant de son rêve professionnel, la décision contestée l'affecte psychologiquement et il est désormais suivi par une psychologue depuis novembre 2023 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
* elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 227-10 du code de l'action sociale et des familles dès lors que la commission départementale compétente en matière de jeunesse et de sport n'a pas été consultée préalablement à l'édiction de la décision en litige, alors qu'aucune situation d'urgence n'est caractérisée ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 227-10 du code de l'action sociale et familles dès lors que, par dérogation au premier alinéa, le deuxième alinéa prévoit que le préfet peut prendre une telle mesure sans que la commission départementale compétente en matière de jeunesse et de sport soit consultée dans le cas où il justifie d'une urgence ou d'un risque réel pour la santé ou la sécurité des mineurs ; or, ni l'urgence ni de tels risques pour les mineurs ne sont établis, alors que les faits reprochés, au demeurant reconnus par le requérant, constituent un incident ancien et isolé au regard des postes qu'il a occupés auprès de mineurs durant plus de cinq ans, s'inscrivent dans un contexte de tension avec sa tutrice ayant conduit à la rupture du contrat d'apprentissage par commun accord entre les parties et non pour faute ;
* elle n'est ni nécessaire, ni proportionnée, alors qu'elle emporte pour lui des conséquences très lourdes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que M. B a pu se présenter aux examens en vue d'obtenir son diplôme et ainsi finir sa formation et qu'il a été recruté par la commune de la Haie-Fouassière après la résiliation de son contrat d'apprentissage d'un commun accord avec la commune de Vertou ; s'il n'a pas validé l'UC qui lui manquait et n'a ainsi pas pu valider son CPJEPS, il n'a, par la suite, pas manifesté le souhait de continuer sa formation et a conclu un contrat d'engagement de service civique avec le rectorat pour une période allant du 2 octobre 2023 au 30 juin 2024, de sorte qu'il n'établit pas l'existence d'un préjudice financier grave et immédiat résultant de la décision litigieuse, alors qu'il n'a introduit son recours que quatre mois après l'édiction de la mesure contestée , laquelle prévoit une suspension pour une durée de six mois ; au contraire, il existe une urgence à maintenir l'exécution de la décision litigieuse eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la protection des mineurs accueillis dans le cadre des articles L. 227-4 et suivants du code de l'action sociale et des familles ;
- aucun des moyens soulevés par M. B n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 février 2024 sous le numéro 2401873 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 février 2024 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Jaud, avocate de M. B, qui reprend ses écritures à la barre et insiste sur le comportement du requérant (il n'a pas d'antécédents et a immédiatement reconnu les faits de sorte qu'il n'existe pas de risque de récidive), sur les effets de la décision sur sa situation (elle le place dans une situation de précarité financière, l'empêche de terminer son cursus, et l'affecte psychologiquement), ainsi que sur l'absence d'urgence à édicter la mesure litigieuse alors que les faits sont anciens de sept mois au jour de la décision attaquée de sorte que la commission départementale aurait dû être saisie, enfin sur le caractère particulièrement large et général de la délégation de signature de l'auteur de cette décision.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 29 août 2003, a exercé la fonction d'animateur et stagiaire CPJEPS au sein de l'accueil périscolaire de la commune de Vertou (44) du 12 septembre 2022 au 20 mars 2023. Le 5 octobre 2023, la commune de Vertou a transmis au service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports de la Loire-Atlantique (SDJES 44), une déclaration d'évènement grave portant sur des faits commis le 8 mars 2023 par M. B, lors de l'exercice de ses fonctions d'animateur à l'accueil de loisirs de la presse au vin. A la suite de cette information, par une décision du 16 octobre 2023, dont le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, le préfet de la Loire-Atlantique a suspendu temporairement pour une durée de six mois son droit d'exercer toute fonction auprès des mineurs accueillis dans le cadre des dispositions de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles. Par la présente requête, M. B demande également au juge des référés, sur le même fondement, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a implicitement rejeté son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision litigieuse, M. B soutient que, du fait de la mesure contestée, il ne peut se soumettre aux épreuves de l'unité capitalisable manquante de sa formation, ce qui fait obstacle à la validation de son CPJEPS. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. B ait entrepris des démarches en vue de sa réinscription à la formation concernée, et ainsi de l'obtention de son diplôme, préalablement à la décision contestée. Dès lors, il ne peut être considéré que l'absence de possibilité de validation de l'unité manquante résulte de la mesure litigieuse et non d'un choix personnel du requérant, ou de son manque de diligence. De surcroît, il résulte de l'instruction et notamment des déclarations de la partie requérante lors de l'audience, que M. B pourra se réinscrire dans la même formation à compter de la rentrée académique prochaine, et au plus tard en novembre 2024, afin de valider sa formation et ainsi obtenir son diplôme. En outre, si l'intéressé se prévaut d'une situation de précarité financière dès lors qu'il ne perçoit plus que 600 euros par mois, il ne démontre, toutefois, pas, d'une part, que cette somme serait insuffisante pour faire face aux charges qu'il a à supporter, et, d'autre part, qu'il serait dépourvu de tout soutien de la part de son entourage. De plus, en se bornant à produire des factures de consultations chez un psychologue, datées de novembre 2023 à février 2024, M. B ne démontre pas la gravité de l'affection psychologique dont il souffre, ni son lien avec la décision en litige. Enfin, il est constant que la mesure contestée cessera de produire ses effets au plus tard à compter du 23 avril 2024. Par suite, au regard de l'ensemble de ces circonstances et alors que la décision contestée poursuit un objectif d'intérêt public de protection de l'enfance, la condition d'urgence telle qu'entendue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme satisfaite. Par conséquent, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, il y a lieu de rejeter la requête de M. B, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse '
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 5 mars 2024.
La juge des référés,
O. ROBERT-NUTTE
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026