LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2402570

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2402570

lundi 7 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2402570
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantLE FLOCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi d’un recours en excès de pouvoir contre la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, confirmant le refus de délivrance de visas de long séjour au titre de la réunification familiale pour trois enfants. Les requérants contestaient notamment la motivation insuffisante, la méconnaissance des articles L. 114-5 du code des relations entre le public et l’administration et L. 561-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi qu’une violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés et que la décision attaquée était légale au regard des textes applicables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 février 2024 et 27 mars 2025, M. E C A et Mme D G, cette dernière agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale des enfants K B F, J B F et I B F, représentés par Me Le Floch, demandent au tribunal :

1°) d'admettre M. C A et Mme G au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions de l'ambassade de France en Ethiopie, refusant de délivrer aux enfants K B F, J B F et I B F des visas de long séjour au titre de la réunification familiale, a, à son tour, implicitement refusé de délivrer les visas sollicités ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen des demandes de visas, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle ou d'admission à l'aide juridictionnelle partielle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser M. C A et Mme G en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que la commission était régulièrement composée lors de la séance au cours de laquelle la décision attaquée a été prise ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la production d'un jugement de délégation de l'autorité parentale n'a jamais été sollicitée par l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'identité des demandeuses et de leur situation familiale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors que l'exercice de l'autorité parentale sur les demandeuses de visas a été confié à leur mère par une juridiction étrangère ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que M. C A, ne justifie pas d'un intérêt suffisant lui donnant qualité pour agir contre la décision de refus de visa contestée ni d'un mandat pour représenter les demandeuses de visas ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Il doit, par ailleurs, être regardé comme sollicitant une substitution de motifs.

La demande d'aide juridictionnelle déposée par M. C A a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 28 février 2025.

Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 23 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 juin 2025 :

- le rapport de Mme Glize, conseillère,

- les conclusions de M. Danet, rapporteur public,

- et les observations de Me Le Floch, avocate des requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant somalien, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié et des visas de long séjour ont été sollicités au titre de la réunification familiale pour sa conjointe Mme G, pour leur fille L E C ainsi que pour les enfants alléguées H nées d'une précédente union, K B F, J B F et I B F, auprès de l'ambassade de France en Ethiopie, laquelle a refusé de délivrer à K B F, à J B F et à I B F les visas sollicités par des décisions du 12 octobre 2023. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ces décisions consulaires, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités par une décision implicite née le 15 janvier 2024 résultant du silence gardé sur ce recours administratif préalable obligatoire, dont les requérants demandent l'annulation au tribunal.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

3. D'une part, par une décision du 28 février 2025, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. C A. D'autre part, par une décision du 25 mars 2025, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à Mme G le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à l'admission provisoire des requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :

4. Le ministre de l'intérieur fait valoir que la requête est irrecevable faute pour M. C A de justifier d'une qualité lui conférant intérêt à agir, ni d'un mandat pour les représenter. Toutefois, la requête a également été présentée par Mme G qui, en sa qualité de mère des demandeuses de visas, a intérêt à agir et peut les représenter sans avoir à produire un mandat à cette fin. Par suite, la requête est recevable et la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Aux termes de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de décision explicite prise dans le délai de deux mois, le recours administratif exercé devant les autorités mentionnées aux articles D. 312-3 et D. 312-7 est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée. L'administration en informe le demandeur dans l'accusé de réception de son recours. ".

6. Pour refuser la délivrance des visas sollicités, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, qui est réputée s'être approprié les motifs des décisions consulaires, s'est fondée, s'agissant des trois demandeuses de visas, d'une part, sur le motif tiré ce que leurs déclarations conduisent à conclure à des tentatives frauduleuses pour obtenir des visas au titre de la réunification familiale et, d'autre part, sur le motif tiré de ce qu'il n'était pas établi que le réunifiant ou sa conjointe serait le titulaire exclusif de l'autorité parentale sur ces trois dernières et enfin, sur le motif tiré de ce que l'identité J B F et I B F ainsi que leur situation familiale n'étaient pas établies, motif dont le ministre précise en défense qu'il est opposé aux trois demandeuses de visas.

7. D'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale () / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles () L. 434-3 à L. 434-5 () sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement ". Aux termes de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".

9. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'article L. 434-4 du même code, que le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaitre la qualité de réfugié peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale, par les enfants de son conjoint, qui sont issus d'une autre union, à la condition que ceux-ci n'aient pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été présentée.

10. Enfin, il incombe aux autorités administratives françaises de tenir compte des jugements rendus par un tribunal étranger relativement à l'état et à la capacité des personnes sauf à ce qu'ils aient fait l'objet d'une déclaration d'inopposabilité, laquelle ne peut être prononcée que par le juge judiciaire, ou, à établir l'existence d'une fraude ou d'une situation contraire à la conception française de l'ordre public international.

11. En premier lieu, pour justifier de l'identité d' K B F, J B F et I B F ainsi que du lien de filiation les unissant à Mme G, les requérants produisent les certificats de naissance légalisés qui ont été établis le 27 octobre 2022 par le maire de Mogadiscio (Somalie), faisant tous apparaître que les intéressées sont nées de l'union H et de M. F, ainsi que les certificats de confirmation d'identité, qui contiennent des informations cohérentes. Si le ministre fait valoir que ces documents sont présentés en langues somalie et anglaise, alors que l'anglais n'est pas la langue officielle de la Somalie, qu'ils comportent la mention " municipality of Mogadishu " en lieu et place de " Mogadishu municipality " et que les certificats de naissance auraient dû être intitulés " warqadaha " et non " warqadda ", ces éléments ne sont toutefois pas de nature à établir le caractère non probant des documents produits. La situation familiale des demandeuses de visas est, en outre, corroborée par les informations figurant dans le formulaire de demande d'asile renseigné par M. C A le 28 mars 2022 et dans le compte-rendu de l'entretien du 31 mai 2022 réalisé dans le cadre de cette même procédure, ainsi que par la note de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 4 mai 2023, aucun élément ne permettant d'établir que les déclarations fournies concernant les demandeuses de visas caractériseraient une tentative frauduleuse d'obtention des visas sollicités. Dans ces conditions, alors qu'il est constant que Mme G est, depuis le 5 février 2018, la conjointe du réunifiant, l'identité K B F, J B F et I B F, ainsi que leur situation familiale tant à l'égard de leur mère qu'à l'égard du réunifiant, doivent être tenues pour établies. Par suite les requérants sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation à ce titre.

12. En second lieu, il incombe aux autorités administratives françaises de tenir compte des jugements rendus par un tribunal étranger relativement à l'état et à la capacité des personnes sauf à ce qu'ils aient fait l'objet d'une déclaration d'inopposabilité, laquelle ne peut être prononcée que par le juge judiciaire, ou, à établir l'existence d'une fraude ou d'une situation contraire à la conception française de l'ordre public international.

13. Les requérants soutiennent qu'à la suite du divorce H, l'exercice de l'autorité parentale sur K B F, J B F et I B F lui a été confié et qu'elle a elle-même ensuite délégué l'exercice de l'autorité parentale à son conjoint M. C A. Ils produisent à cet égard une décision rendue le 3 février 2015 par laquelle le tribunal judiciaire de Buloburte (Somalie), après avoir constaté le divorce H et de M. F, le père biologique des enfants, a ordonné le transfert de la responsabilité parentale à Mme G, ainsi qu'une décision rendue le 6 février 2018 par le tribunal d'Hamarweine (Somalie) ordonnant le transfert de la responsabilité parentale à M. C A. Alors que le ministre ne précise pas les dispositions du droit local qui imposeraient que le consentement du père soit recueilli lorsque l'exercice de l'autorité parentale est confié à la mère dans le cadre d'une procédure de divorce, les décisions juridictionnelles produites par les requérants mentionnent les parties en cause pour chaque instance ainsi que les trois demandeuses de visas. Il ressort au demeurant des termes de la déclaration faite par M. F devant le tribunal de Buloburte le 6 février 2024, que ce dernier a consenti à ce que l'autorité parentale soit confiée à Mme G. Dans ces conditions, il est établi qu'à la date de la décision attaquée, M. C A, bénéficiaire de la procédure de réunification familiale en sa qualité de réfugié et conjoint H, était le titulaire exclusif de l'autorité parentale sur K B F, J B F et I B F. Par suite les requérants sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation à ce titre.

14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

15. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que des visas de long séjour soient délivrés à K B F, à J B F et à I B F. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de deux mois à compter de sa notification, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

16. Mme G a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Le Floch, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission des requérants à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 15 janvier 2024 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à K B F, à J B F et à I B F les visas sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à Me Le Floch la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E C A, à Mme D G, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Le Floch.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,

M. Garnier, premier conseiller,

Mme Glize, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2025.

La rapporteure,

J. GLIZE

La présidente,

M. LE BARBIERLa greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions