mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2402947 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 5ème chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2024, et un mémoire, enregistré le 20 mars 2024, Mme H G, agissant également en qualité de représentante légale des jeunes E B C, J A et F I, représentée par Me Emmanuelle Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté pris par le préfet de la Loire-Atlantique le 9 février 2024, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros hors taxe sur la valeur ajoutée à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté formalisant les décisions attaquées a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- ces décisions ne sont pas suffisamment motivées ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure dès lors que le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, a été méconnu ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle procède d'un défaut d'examen de sa situation de mère d'un enfant français et plus largement de sa vie privée et familiale en France ;
- elle est entaché d'erreur de droit dès lors qu'elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît le paragraphe 1er de 1'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, au regard desquelles aucun examen n'a été effectué, ainsi que l'article 9 de cette convention ;
- cette mesure d'éloignement et la décision fixant le pays de renvoi méconnaissent, chacune, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles 3 de cette convention et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- cette décision méconnait l'article 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- pour fixer le Cameroun comme pays de renvoi, le préfet de la Loire-Atlantique s'est estimé lié par les décisions rejetant sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête présentée par Mme G.
Il soutient que, par un arrêté du 13 juin 2024, il a procédé au retrait des décisions attaquées.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme G par une décision du 10 juin 2024 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 juin 2024 à partir de 10h30 :
- le rapport de M. D ;
- les observations de Me Blandine Fabre, substituant Me Neraudau, représentant Mme G. Me Fabre prend acte du retrait des décisions attaquées par le préfet de la Loire-Atlantique et maintient les autres conclusions de la requête. Elle rappelle que Mme G est la mère d'un enfant français et qu'il appartient au préfet de la Loire-Atlantique d'en tirer la conséquence en lui délivrant un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est en effet précisé qu'elle n'est pas en possession de ce titre de séjour, ni même d'un récépissé de demande de titre de séjour ou d'une autorisation provisoire de séjour.
Le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent, ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue après les observations présentées pour Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H G est une ressortissante camerounaise qui est née le 29 novembre 2002. Elle est entrée en France le 21 février 2021 en compagnie de la jeune E B C qui est de même nationalité et qui est née le 28 décembre 2020. Le 15 février 2022, Mme G a donné naissance à la jeune J A, de nationalité camerounaise. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 24 octobre 2022. Le recours contre cette décision a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 4 mai 2023. Le 3 octobre 2023, Mme G a donné naissance à la jeune F I qui est de nationalité française. Par un arrêté du 9 février 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a prononcé, à l'encontre de Mme G, une obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours et fixé son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Mme G demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le juge est saisi d'un recours tendant à l'annulation d'une décision administrative, il prononce un non-lieu à statuer dans l'hypothèse où cette décision a été retirée postérieurement à l'enregistrement de ce recours.
3. Par un arrêté du 13 juin 2024, intervenu postérieurement à l'enregistrement de la requête présentée par Mme G, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de procéder au retrait de l'ensemble des décisions formalisées par l'arrêté pris à l'encontre de l'intéressée le 9 février 2024. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. En vertu des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, le juge ne peut, soit prescrire à une autorité administrative de prendre une mesure d'exécution de son jugement d'annulation dans un sens déterminé, soit fixer un délai à l'issue duquel cette autorité devra prendre une nouvelle décision, qu'à la condition que l'un ou l'autre de ces actes soit la conséquence nécessaire de ce jugement.
5. Dans la mesure où il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions formalisées dans l'arrêté pris le 9 février 2024 par le préfet de la Loire-Atlantique à l'encontre de Mme G, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution en vertu des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme G doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la mise en œuvre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
6. En vertu des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le juge dispose du pouvoir de mettre à la charge de la partie perdante une somme à verser à l'avocate de l'autre partie qui bénéficie de l'aide juridictionnelle. En application de ces mêmes dispositions, cette somme ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, laquelle est calculée, en cas de non-lieu, conformément aux dispositions de l'article 93-1 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991. Ces dispositions doivent être interprétées comme imposant de réduire cette part d'au moins la moitié de celle fixée par le barème permettant de déterminer le montant de la part contributive de l'Etat lorsque l'aide juridictionnelle totale a été accordée. En application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme mise à la charge de la partie perdante ne peut cependant être inférieure au montant de la part contributive de l'État ainsi calculé, augmenté de 50% de ce montant.
7. Mme G a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui doit être regardé comme étant la partie perdante dans cette instance, une somme qui, en application des règles rappelées au point 6, s'élève à trois-cent-soixante-dix-huit (378) euros hors taxe sur la valeur ajoutée. Cette somme devra être versée à Me Neraudau, avocate de la requérante, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Conformément aux dispositions de cet article, la perception de cette somme vaudra renonciation, par cette avocate, au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle accordée à Mme G.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer les conclusions tendant à l'annulation des décisions formalisées par l'arrêté pris à l'encontre de Mme H G le 9 février 2024 par le préfet de la Loire-Atlantique.
Article 2 : Les conclusions à fin d'injonction sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera à Me Neraudau la somme de 378 (trois-cent-soixante-dix-huit) euros hors taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H G, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Emmanuelle Neraudau.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le rapporteur,
D. D
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
No 2402947
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026