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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2402959

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2402959

vendredi 10 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2402959
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBREY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi d’un recours en excès de pouvoir contre le refus implicite de délivrance de visas de long séjour pour réunification familiale, opposé à des ressortissants guinéens par l’autorité consulaire française à Conakry. En cours d’instance, le ministre de l’intérieur a informé le tribunal avoir donné instruction de délivrer les visas sollicités, ce qui a été effectué le 14 mai 2025. Constatant que la décision attaquée a ainsi été implicitement retirée, le tribunal, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction. Les conclusions relatives aux frais d’instance ont été rejetées, faute de demande d’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 février 2024, Mme A... B..., agissant en son nom personnel et en qualité de représentante légale des enfants mineurs E... et D... F..., et Mme C... F..., représentées par Me Brey, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre les décisions du 28 septembre 2023 de l’autorité consulaire française à Conakry (Guinée) refusant de délivrer à Mme F... et aux jeunes E... et D... F... des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de faire délivrer les visas sollicités dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à leur conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que, par une note diplomatique du 28 avril 2025, il a donné instruction à l’autorité consulaire française à Conakry de délivrer les visas sollicités.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction :

Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Conakry (Guinée) a délivré, le 14 mai 2025, les visas sollicités à C... F..., D... F... et E... F.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Par suite, les conclusions de Mme B... et Mme F... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Dès lors, il n’y a pas lieu d’y statuer.

Sur les frais liés à l’instance :

Les requérantes n’ont pas déposé de demande d’aide juridictionnelle auprès du bureau d’aide juridictionnelle. Par suite, leur conseil ne peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dès lors, les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions ne peuvent qu’être rejetées.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B... et Mme F... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., Mme C... F... et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.


Fait à Nantes, le 10 octobre 2025.
La présidente,






V. Poupineau

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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