mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2024, M. C B, représenté par Me Guérin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a astreint à se présenter à la brigade de gendarmerie de Segré chaque lundi, mercredi et vendredi durant la période de départ volontaire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur les moyens communs :
- il n'est pas établi que l'arrêté contesté ait été signé par une autorité habilitée ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été prises à l'issue d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- son droit d'être entendu n'a pas été respecté ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru tenu par la circonstance qu'il a été débouté du droit d'asile et qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;
- elle a été prise en méconnaissance du caractère confidentiel des informations concernant sa demande d'asile ;
- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision portant obligation de se présenter aux services de gendarmerie :
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il a déménagé à Nantes où il assiste sa mère dans les actes de la vie courante ;
- elle méconnaît l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2024.
Le président du tribunal a délégué à M. A les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 12 novembre 2024, à 11 heures, M. A a constaté l'absence des parties.
Une note en délibéré, enregistrée le 12 novembre 2024, a été produite pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant azerbaïdjanais né le 7 janvier 2000, entré en France le 13 mai 2022 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités hongroises, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a astreint à se présenter à la brigade de gendarmerie de Segré chaque lundi, mercredi et vendredi durant la période de départ volontaire.
Sur le fondement de l'arrêté attaqué :
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsque la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé ou qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 de ce code, à moins que l'intéressé ne soit titulaire d'une autorisation de séjour.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été définitivement débouté du droit d'asile par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 19 décembre 2023, en sorte qu'il se trouve dans le champ des dispositions précitées.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Emmanuel Le Roy, secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire, auquel le préfet de Maine-et-Loire, par un arrêté du 26 septembre 2023 régulièrement publié le même au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, a donné une délégation l'habilitant à signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions connexes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte manque en fait.
5. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions prises à l'encontre de M. B. Dès lors, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'une ou l'autre de ces mesures est insuffisamment motivée.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant d'édicter les mesures litigieuses. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.
7. En dernier lieu, M. B ne fait état d'aucune circonstance qui, si elle avait été portée à la connaissance du préfet, aurait pu amener celui-ci à ne pas prendre les décisions contestées. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu n'a pas été respecté.
Sur les autres moyens de la requête :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, M. B, qui est entré récemment sur le territoire, ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et ne produit aucune pièce en vue d'établir sa volonté d'intégration en France. S'il soutient qu'il assiste sa mère souffrant de problèmes de santé et qui séjourne également sur le territoire, il n'établit pas, par les pièces produites, apporter à celle-ci une aide indispensable pour les actes de la vie courante, ni qu'il serait pour celle-ci son seul soutien. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que la même mesure serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
9. En second lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet se serait cru lié, pour décider de son éloignement, par la circonstance que M. B a été définitivement débouté du droit d'asile. Par ailleurs, le requérant n'établit pas, eu égard à ce qui a été dit précédemment, qu'il serait en droit d'obtenir la délivrance de plein droit d'un titre de séjour, ainsi qu'il l'allègue.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.
11. En second lieu, si M. B fait valoir que la décision en litige a été prise en méconnaissance du caractère confidentiel des informations concernant sa demande d'asile, il ne fournit aucun élément en vue de le démontrer.
12. En dernier lieu, le requérant n'établit pas l'existence d'un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine, en sorte que les moyens visés ci-dessus concernant ce risque doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux services de gendarmerie :
13. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".
14. Le requérant, qui n'établit pas la réalité de son déménagement allégué à Nantes à la date de l'arrêté contesté, ne se prévaut d'aucune circonstance qui ferait obstacle à l'obligation de pointage litigieuse. Dans les circonstances de l'espèce, cette obligation est adaptée et proportionnée. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions citées au point précédent et serait entachée tant d'erreur de fait que d'erreur d'appréciation doivent être écartés.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Guérin et au préfet du Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
C. A La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet du Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
N°2403085
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026