mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 mars et 2 mai 2024, M. A B, représenté par Me Seguin, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative et de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) d'enjoindre, à tout le moins, au préfet de Maine-et-Loire en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative et de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français
- elle est entachée d'un défaut de base légale car fondée sur la décision portant refus de titre de séjour, elle-même illégale ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
- elle est entachée d'un défaut de base légale car fondée sur les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire, elles-mêmes illégales.
Par un mémoire en défense et une pièce complémentaire enregistrés les 24 avril et 23 août 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête de M. B n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté du16 août 2024 du préfet de Maine-et-Loire portant assignation à résidence de M. B pour une durée de quarante-cinq jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 3 septembre 2024.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, né le 16 juillet 2003, est entré, selon ses déclarations, irrégulièrement en France en novembre 2018. Il a été placé sous la tutelle du président du conseil départemental de Maine-et-Loire par une décision du 20 mai 2019 du tribunal de grande instance d'Angers. Il a bénéficié, par la suite, d'un contrat d'accueil provisoire jeune majeur. Par un arrêté du 21 avril 2022, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, décision confirmée par le jugement n°2206032 du 4 juillet 2023 du tribunal administratif de Nantes. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et- Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant des conclusions dirigées contre le refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire ".
3. Si, compte tenu de la mesure d'assignation à résidence prise à l'encontre du requérant le 16 août 2024, les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et contre les décisions accessoires fondées sur cette mesure d'éloignement relèvent de la compétence du magistrat désigné en application de l'article L.921-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour ressortissent, en vertu de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, dans sa version applicable à la date de la décision du 6 février 2024, de la compétence de la formation collégiale du tribunal statuant selon la procédure prévue à l'article R. 776-13 du code de justice administrative, dans sa version alors en vigueur et le magistrat désigné ne peut, dès lors, régulièrement y statuer seul.
4. Par suite, les conclusions présentées par le requérant à fin d'annulation de la décision de refus d'admission au séjour contenue dans l'arrêté préfectoral du 6 février 2024 doivent être renvoyées à une formation collégiale du tribunal administratif de Nantes.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Si le requérant se prévaut de son ancienneté de séjour, elle résulte de son maintien sur le territoire en situation irrégulière, en l'absence d'exécution d'une précédente obligation de quitter le territoire. En outre, s'il se prévaut de l'obtention d'un CAP commerce et service hôtel-café-restaurant obtenu en 2022 et qu'il a exercé en contrat à durée indéterminée des activités salariées auprès de la pizzeria " Signorizza " et auprès du restaurant " Buffalo Grill " depuis février 2024, outre qu'aucune preuve d'emploi n'est apportée à l'exception de quatre bulletins de salaire du mois de septembre à décembre 2023, cette circonstance n'est pas suffisante pour caractériser une intégration intense et durable dans la société française. Enfin, célibataire et sans enfant, il ne justifie d'aucun lien familial en France alors qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans et où vivent ses parents et toute sa fratrie. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire, le préfet de Maine-et-Loire aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, le requérant entend se prévaloir de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, d'une part, s'agissant d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il résulte de ce qui a été dit au point 6 qu'aucune pièce du dossier ne permet d'établir que la situation du requérant relèverait de considérations humanitaires justifiant une admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, il n'apporte aucune preuve d'emploi et ne peut prétendre à un titre salarié. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
8. En quatrième et dernier lieu, l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire n'a pas été démontrée. Aussi, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai d'un mois et fixé le pays de destination doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 6 février 2024 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Seguin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
MC. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026