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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2403305

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2403305

lundi 25 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2403305
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSACHOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, M E C et Mme I agissant en leurs noms et en qualité, pour madame, de représentante légale de ses enfants mineurs B, F, H, G et D C, représentés par Me Sachot, demandent au juge des référés :

1°) d'admettre M. E C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet par laquelle les autorités consulaires françaises à Téhéran ont refusé d'enregistrer et d'instruire sa demande de délivrance de visas de long séjour ainsi que celles de ses enfants mineurs B, F, H, G et D C ;

3°) de convoquer Mme C et ses enfants mineurs B, F, H, G et D C auprès des autorités consulaires françaises à Tehéran (Iran) afin que soit procédé à l'enregistrement de leurs demandes de visas et qu'il leur soit délivré des quittances de frais de visas, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 € par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement des entiers dépens du procès ainsi que la somme de 1 500 euros hors taxes aux requérants ou en cas d'admission à l'aide juridictionnelle à leur conseil par application combinée des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que M. E C a été contraint de quitter l'Afghanistan au regard des persécutions qu'il subissait et a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire en France le 21 janvier 2020. Sa famille est encore victime de menaces et de persécutions de la part des talibans qui se rendent régulièrement à leur domicile à Nangarhar pour réclamer de l'argent et la menacer ; la décision contestée porte manifestement atteinte à leur droit de mener une vie privée et familiale normale et à l'intérêt supérieur des enfants mineurs de la requérante en ce qu'ils sont empêchés de rejoindre M. C, bénéficiaire de la protection subsidiaire sur le territoire français ; l'urgence est également caractérisée au regard du fait que B et F atteindront leur majorité le 24 mars prochain ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale dès lors qu'aucune disposition ne permet à l'autorité consulaire de refuser d'enregistrer et d'instruire une demande de visa, alors que les consorts C tentent, en vain depuis le 17 juin 2023, d'obtenir un rendez-vous ; elle viole les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation du fait de leur incapacité à poursuivre une vie privée et familiale leur permettant de créer des relations familiales normales en vivant ensemble et en ce qu'un des enfants mineur, F, a subi des maltraitances physiques de la part des talibans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer et s'en remet à la sagesse de la juridiction céans sur les frais exposés et non compris dans les dépens.

Il soutient que, par courriel en date du 17 mars 2024, les autorités consulaires à Téhéran ont contacté le conseil du requérant pour convenir avec lui d'une date de rendez-vous pour l'enregistrement des demandes de visa des membres de sa famille, au titre de la réunification familiale.

M. J a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%) par une décision du 5 mars 2024.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 mars 2023 sous le numéro 2403305 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 19 mars 2024, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 19 mars 2024.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%) le 25 mars 2023. Par suite, ses conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu de statuer.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative

2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

3. Postérieurement à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a justifié qu'un email avait été envoyé par les autorités consulaires à Téhéran au conseil du requérant afin de convenir avec lui d'une date de rendez-vous pour l'enregistrement des demandes de visas des membres de sa famille au titre de la réunification familiale et que cette demande s'est concrétisée par un rendez-vous fixé pour toute la famille le 8 avril prochain. Par suite, les conclusions présentées par M et Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

4. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%). Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sachot d'une somme de 500 (cinq cents) euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M et Mme C aux fins de suspension et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Me Sachot, avocate de M et Mme C, la somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M et Mme C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Sachot.

Fait à Nantes, le 22 mars 2024.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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