vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 29 novembre 2023, par lequel la maire de la commune de Nantes s'est opposée à la déclaration préalable n° DP 44109 23 A2195 d'installation d'une antenne relais de téléphonie mobile sur le toit de l'immeuble situé 10B rue Dobrée, à Nantes (Loire-Atlantique) ;
2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Nantes de lui délivrer une décision de non-opposition ou, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de sa déclaration préalable, le tout dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nantes le versement de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par ses réseaux de téléphonie mobile 3G et 4G et des engagements qu'elle a pris en cette matière dans son cahier des charges 4G et THD et 5G, qui ne sont pas encore tous tenus, en sa qualité d'opérateur de téléphonie mobile alors que la partie de territoire sur laquelle la station relais en litige doit être implantée n'est pas couverte par ses réseaux ; le souhait de la commune de valoriser un projet alternatif de regroupement des antennes ne constitue pas un argument légalement opposable ;
- les moyens qu'elle soulève sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ; le refus d'implantation d'antennes relais de téléphonie mobile en application des dispositions de l'article B.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUM), est entaché d'erreur de droit en ce que la décision attaquée ne fait aucunement état des caractéristiques ou des éléments qui, selon elle, seraient mis à mal par le projet en litige ; la décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à l'atteinte que le projet pourrait apporter au milieu environnant son implantation, alors que le bâtiment d'assiette ne présente pas de caractéristiques esthétiques, architecturales ou paysagères particulières, la covisibilité avec l'église Notre-Dame de Bon Port n'étant pas à elle seule suffisante pour estimer le projet incompatible avec son environnement d'autant que les antennes sont dissimulées dans de fausses cheminées peintes dans la même couleur que la façade ce qui a conduit l'architecte des bâtiments de France à ne pas émettre d'avis défavorable sur le projet ; la décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.3.2. du règlement du PLUM en ce que les gardes corps de sécurité, placés très en retrait des façades ne sont pas visibles depuis l'espace public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, la commune de Nantes, représentée par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SAS Free Mobile la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en ce que la commune de Nantes ne s'est pas opposée au projet mais a seulement demandé un regroupement des antennes et une meilleure intégration visuelle du garde corps, ce dont la société est prévenue depuis le mois de novembre 2023 sans qu'elle réagisse ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité tant externe qu'interne de sa décision compte tenu notamment que l'implantation du projet envisagé se situe dans le périmètre de protection de l'église Notre-Dame du Bon-Port, monument historique inscrit au patrimoine départemental, dont il vient en dégrader la vue en refusant de regrouper ses infrastructures au centre du toit mais en les installant en front de toiture et en prévoyant des gardes corps peu esthétiques.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête au fond par laquelle la SAS Free Mobile demande l'annulation de la décision susvisée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme métropolitain ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mars 2024 à 10h30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés et sa proposition faite aux parties d'engager une procédure de médiation ;
- les observations de Me Candelier, substituant Me Martin, représentant la SAS Free Mobile;
- et les observations de Me Dubos substituant Me Caradeux pour la commune de Nantes.
La clôture de l'instruction a été différée au 26 mars 2024 à 15h00.
Une lettre de la commune de Nantes déclinant la proposition tendant à engager une procédure de médiation enregistrée le 22 mars 2024 à 16h15 a été communiquée.
Une lettre de la SAS Free Mobile déclinant la proposition tendant à engager une procédure de médiation enregistrée le 26 mars 2024 à 14h22 n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Free Mobile a déposé, le 5 octobre 2023, à la mairie de Nantes, une déclaration préalable portant sur l'édification d'une station-relais de téléphonie mobile sur le toit d'un immeuble, située 10 B rue Dobrée à Nantes. La maire de la commune de Nantes s'est opposée à la déclaration préalable par une décision du 29 novembre 2023. La SAS Free Mobile demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de cette décision d'opposition.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur l'urgence :
4. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. En l'espèce, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile, aux intérêts propres de la SAS Free Mobile alors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment des cartes de couverture produites par la société requérante, non contestées par la commune de Nantes, que la partie du territoire concernée par le projet litigieux n'est que partiellement couvert par le réseau de téléphonie mobile de la SAS Free Mobile, la condition d'urgence à suspendre la décision de la maire de Nantes, qui ne présente pas les caractères d'une réponse d'attente mais fait grief à la société requérante en s'opposant au projet déposé, exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme satisfaite.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Aux termes de l'article B.2.3.2 du point 4.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " Qu'il s'agisse de toiture à pente(s) ou de toiture-terrasse accessible ou inaccessible, l'intégration d'accessoires techniques (édicules d'ascenseur, extracteurs, caissons de climatisation, garde-corps, capteurs d'énergie solaire, antennes) doit être recherchée de façon à en limiter l'impact visuel ". Aux termes de l'article B.2.1 du point 4.2 des dispositions générales du même règlement : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son architecture, ses dimensions ou son aspect extérieur est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux environnants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
7. Le projet litigieux consiste à installer trois antennes de téléphonie mobile dissimulées dans de fausses cheminées et des équipements techniques sur la toiture d'un immeuble d'habitations existant, situé 10B rue Dobrée à Nantes. Le projet se situe dans un secteur urbanisé composé principalement d'immeubles collectifs déjà équipés de cheminées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce secteur présenterait une sensibilité paysagère ou architecturale particulière. S'il s'inscrit dans le périmètre de protection d'un monument historique et qu'il se situe dans son champ de visibilité, il est constant que l'Architecte des Bâtiments de France ne s'est pas opposé au projet. Par ailleurs, la toiture de l'immeuble servant de support au projet est déjà surmontée de plusieurs cheminées et d'équipements appartenant à une autre société de téléphonie mobile, dont la hauteur est comparable à celle des antennes projetées. Enfin, si les fausses cheminées projetées doivent être implantées à trois angles de la toiture protégées par des garde-corps, ni leur aspect, ni leur hauteur ne paraissent de nature, au regard des documents présentés, à porter atteinte au milieu environnant. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles B.2.1 et B.2.3.2 des dispositions générales du règlement du PLUM sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au tribunal, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision de la maire de Nantes du 28 novembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Compte tenu de ses motifs, la présente ordonnance implique seulement que la maire de la commune de Nantes, procède au réexamen de la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile et prenne, à titre provisoire, une nouvelle décision. Il y a donc lieu en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la maire de procéder à cette mesure d'exécution, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
11. Sans préjudice de ce qui précède, les parties conservent la possibilité, si elles le jugent opportun, de poursuivre un processus de médiation en application des dispositions des articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS Free Mobile, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, la somme que la commune de Nantes demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Nantes la somme que demande la SAS Free Mobile au même titre.
O R D O N N E
Article 1er : L'exécution de la décision du 29 novembre 2023, par laquelle la maire de la commune de Nantes s'est opposée à la déclaration préalable de travaux déposée par la SAS Free Mobile pour l'implantation d'une antenne relais de téléphonie mobile sur le toit de l'immeuble situé 10B rue Dobrée est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la maire de la commune de Nantes de prendre, à titre provisoire, une nouvelle décision sur la déclaration préalable déposée par la SAS Free Mobile, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Nantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Nantes.
Fait à Nantes, le 29 mars 2024.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026