jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCHAUTEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2024, Mme C A B, représentée par Me Schauten, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré et l'a astreinte à se présenter au commissariat de police de Cholet tous les lundis, mercredis et vendredis à 10 h 00 pour indiquer ses diligences dans la préparation de son départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle doit être annulée par voie de conséquence ;
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation justifie qu'elle obtienne un délai supplémentaire à trente jours ; ce délai la prive de la possibilité de passer les examens de son BTS ;
Sur la décision l'astreignant à se présenter à la police pour indiquer ses diligences dans la préparation de son départ :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi, elle doit être annulée par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme A B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Allio-Rousseau a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A B, ressortissante tunisienne née le 3 juillet 2000, demande l'annulation de l'arrêté du 8 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation à de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite d'office et l'a astreinte à se présenter au commissariat de police de Cholet tous les lundis, mercredis et vendredis 10h.
2. En premier lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
3. La décision du 8 février 2024 comporte l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour édicter une obligation de quitter le territoire. Dans ces conditions, alors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation de Mme A B, dont sa scolarisation, l'arrêté attaqué en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire est suffisamment motivé et n'est pas entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A B déclare être entrée en France au mois d'octobre 2021, sans toutefois pouvoir en justifier. Elle a déposé une demande d'asile qui a fait l'objet d'une décision de rejet de la part de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 15 mars 2023, puis de la part de la Cour nationale du droit d'asile le 16 janvier 2024. Il ne ressort pas du dossier que Mme A B serait sans attaches personnelles, notamment familiales, en Tunisie. Elle ne justifie d'aucune attache familiale ou personnelle en France. Si elle s'est inscrite en BTS de comptabilité et gestion pour la rentrée scolaire de l'année 2022, qu'elle a suivi avec sérieux et obtenu selon les attestations et les bulletins de note produits, il n'est pas établi qu'elle ne pourrait pas poursuivre en Tunisie, le cas échéant, ses études. Dans ces conditions, en dépit de l'implication de Mme A B, alors que le dépôt d'une demande de titre de séjour en qualité d'étudiante le 15 février 2024 et la proposition de stage d'apprentissage au sein d'un cabinet comptable datée du 26 juin 2024, soit postérieurement à l'édiction de la décision attaquée, n'ont aucune incidence sur la légalité de celle-ci, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'obligation de quitter le territoire sur la situation personnelle de Mme A B doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. "
6. En l'espèce, la poursuite d'une année d'études par Mme A B ne peut être regardée comme une circonstance exceptionnelle au sens des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant qu'un délai de départ volontaire courant jusqu'au terme de l'année universitaire aurait dû lui être accordé. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours.
7. En quatrième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, le moyen tiré, par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant fixation du pays de renvoi doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".
9. L'arrêté attaqué, qui rappelle la teneur de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation à Mme A B de quitter le territoire français et qu'un délai de départ volontaire lui a été accordé. Il en résulte que le préfet de Maine-et-Loire a indiqué les considérations de droit et fait constituant le fondement de la décision astreignant Mme A B, alors domiciliée à Cholet, à se présenter, pendant la durée du délai de départ volontaire, une fois par semaine au commissariat de police de cette commune. En conséquence, cette décision est régulièrement motivée.
10. En dernier lieu, l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays d'éloignement n'étant pas établie, le moyen tiré, par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions, invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de présentation doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A B à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B, à Me Schauten et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La magistrate désignée,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026