jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | BENVENISTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 mars 2024 et le 26 août 2024, Mme B C représenté par Me Benveniste, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 15 février 2024 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 15 février 2024 jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de cinq jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT à verser à son avocate, ou subsidiairement à son profit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la signataire de l'arrêté était compétente ;
- le droit d'être entendu protégé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle s'est extraite d'un réseau de prostitution ; elle a une relation de couple depuis août 2023 avec un ressortissant libérien titulaire d'un droit au séjour, et souhaite avoir un enfant ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation du fait de la durée de sa résidence en France, de son insertion professionnelle et de sa maîtrise de la langue française, de sa sortie d'un réseau de prostitution, de sa relation avec un compagnon en situation régulière et de ses problèmes d'infertilité ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- en méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle, au regard notamment des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; le fait que la condition de soustraction effective du réseau de traite ne soit pas remplie selon la Cour nationale du droit d'asile ne s'oppose pas à l'existence de craintes en cas de retour au Nigéria ; elle sera privée du soutien de sa famille demeurée au Nigéria ; elle risque d'être à nouveau forcée à se prostituer et ne pourra compter sur la protection des autorités ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la demande de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français :
- l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français doit être suspendue en application des dispositions de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides portant irrecevabilité de sa demande de réexamen de sa demande d'asile est pendant devant la Cour nationale du droit d'asile ; elle produit de nombreux éléments nouveaux de nature à justifier la recevabilité de sa demande de réexamen et justifiant son maintien sur le territoire français jusqu'à l'issue de sa demande devant la Cour nationale du droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 juin 2024 et le 27 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 8 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée,
- les observations de Me Benveniste, représentant Mme C, en présence de cette dernière, qui soutient que :
o elle se désiste de sa demande de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, la Cour nationale du droit d'asile ayant rejeté par ordonnance son recours contre le rejet de sa demande de réexamen ;
o l'obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; la Cour nationale du droit d'asile a reconnu qu'elle avait été enrôlée dans un réseau de prostitution mais a rejeté sa demande d'asile au motif qu'elle n'établissait pas être sortie effectivement de ce réseau ; elle aurait pu être protégée au titre de la protection subsidiaire ; elle apporte des éléments établissant sa sortie du réseau, du fait de sa relation avec un compagnon titulaire d'un titre de séjour et de leurs démarches pour la procréation d'un enfant ;
o la décision fixant le pays d'éloignement méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle ne peut être renvoyée au Nigéria, la Cour nationale du droit d'asile reconnaissant que les femmes qui ont été victimes de réseau de traite, lorsqu'elles rentrent au Nigéria, sont victimes de mauvais traitements puisqu'elles sont ostracisées, menacées par les réseaux si elles n'ont pas acquitté leur dette, n'ont plus lien avec leur famille et de soutien familial, et risquent d'être réenrôlées dans les réseaux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante nigériane née en janvier 1987, est entrée en France en juin 2022. Elle a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 août 2022. Son recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 8 février 2023. Elle a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile en décembre 2023. Sa demande de réexamen a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 janvier 2024. Elle a saisi la Cour nationale du droit d'asile d'un recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 janvier 2024. Par des décisions du 15 février 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a obligé Mme C à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office. Mme C demande l'annulation des décisions du 15 février 2024.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 15 février 2024 :
2. Au cours de l'audience publique du 29 août 2024, l'avocate de Mme C a déclaré se désister des conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 15 février 2024, la Cour nationale du droit d'asile ayant entretemps rejeté le recours de Mme C contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 janvier 2024. Ce désistement est pur et simple. Il y a donc lieu d'en donner acte.
Sur les surplus des conclusions :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet et par délégation par Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration. Par un arrêté du 13 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de la Loire-Atlantique a accordé à la directrice des migrations et de l'intégration une délégation à l'effet de signer dans le cadre des attributions relevant de sa direction " tous arrêtés et décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception des arrêtés réglementaires et des circulaires aux maires " et notamment au titre du bureau du contentieux et de l'éloignement " - les décisions portant obligation de quitter le territoire assorties ou non d'une décision portant sur le délai de retour volontaire avec ou sans mesure de surveillance ; / () - les décisions fixant le pays de renvoi () ". Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé, notamment par son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, les auteurs de la directive du 16 décembre 2008, s'ils ont encadré de manière détaillée les garanties accordées aux ressortissants des Etats tiers concernés par les décisions d'éloignement ou de rétention, n'ont pas précisé si et dans quelles conditions devait être assuré le respect du droit de ces ressortissants d'être entendus, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ce droit, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. Dans le cadre ainsi posé, et s'agissant plus particulièrement des décisions relatives au séjour des étrangers, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
7. Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. En l'espèce, s'il est constant que Mme C n'a pas été invitée par l'administration à présenter, préalablement à l'édiction des décisions contestées, ses observations écrites ou orales sur la perspective d'une mesure d'éloignement, elle ne pouvait cependant ignorer, depuis le rejet de sa demande d'asile, qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une telle mesure et n'établit, ni même n'allègue, avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ou avoir été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire français contestée. Elle ne fait pas état, dans le cadre de la présente instance, d'éléments qui, s'ils avaient été connus de l'autorité préfectorale, auraient pu la conduire à prendre une décision différente. Par suite le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu doit être écarté.
9. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
10. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'obligation de quitter le territoire français contestée, Mme C ne réside en France que depuis environ un an et demi. Elle n'a été autorisée à séjourner en France que temporairement pour le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile qui a été depuis définitivement rejetée. Elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans hors de France. Si Mme C fait état de sa relation avec un ressortissant libérien titulaire en France d'une carte de séjour pluriannuelle, elle n'a rencontré son compagnon, aux termes mêmes de ses écritures et du témoignage du compagnon de Mme C, qu'en août 2023, soit quelques mois à peine avant la décision contestée. Mme C enfin n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine. Il suit de là que compte tenu des conditions du séjour en France de Mme C et de la nature de ses attaches privées et familiales, et quand bien même l'intéressée aurait entamé des démarches de procréation médicalement assistée, en obligeant Mme C à quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté au droit de l'intéressée à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme C.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
12. L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible./ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule quant à lui que : " " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 11 que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision du 15 février 2024 fixant le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office serait illégale en raison de l'illégalité de la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 15 février 2024 ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de Mme C avant de fixer le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office, notamment au regard des risques éventuellement encourus en cas de retour dans son pays d'origine.
15. En dernier lieu, Mme C soutient qu'elle a été victime d'un réseau de traite des êtres humains qui a organisé son départ pour la France et l'a obligée à se prostituer et qu'elle encourt des risques de représailles en cas de retour au Nigéria, d'être abandonnée par sa famille et d'être à nouveau enrôlée dans le réseau de prostitution. Cependant, et alors que la Cour nationale du droit d'asile a estimé, dans sa décision du 8 février 2023, " qu'il ne [pouvait] être exclu que la requérante ait été enrôlée au sein d'un réseau de traite des êtres humains aux fins d'exploitation sexuelle ", et qu'il n'existe donc pas de certitude quant à ce premier point, la requérante ne produit aucun élément au dossier permettant de regarder comme établi le fait qu'elle était encore exposée, à la date à laquelle l'arrêté contesté a été pris, à des risques de représailles de la part des membres de ce réseau. Sa demande d'asile et sa demande de réexamen de sa demande d'asile ont au demeurant été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et ses recours rejetés par la Cour nationale du droit d'asile. Il suit de là que ce dernier moyen doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme C de ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français du 15 février 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Benveniste et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2403817
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026