mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2404017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CLARENCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 mars 2024, le 18 juin 2024 et le 21 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Bour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le maire de Sainte-Luce-sur-Loire a délivré à la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945 un permis de construire, après démolition de l'existant, sept bâtiments comprenant 121 logements, un local pédagogique et quatre locaux d'activités, sur les parcelles cadastrées section AK n°44, 45, 47, 48, 49, 50, 51, 577, 579, 799, 800, situés au 2-8 b, rue du 8 mai 1945, rue de la Loire et place Jean Drouet, modifié par un arrêté du 5 avril 2024 portant permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est irrégulier, en l'absence de mention du sens de l'avis du service départemental d'incendie et de secours ;
-le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme ;
-le projet méconnaît l'article 4.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm) ;
-il méconnaît l'article B.1.1.1 applicable à la zone UM du règlement du PLUm ;
-il méconnaît les articles B.1.1.2 et B.1.1.2 applicables à la zone UM du règlement du PLUm ;
-il méconnaît l'article B.3.1 applicable à la zone UM du règlement du PLUm.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 avril 2024 et le 23 septembre 2024, la commune de Sainte-Luce-sur-Loire, représentée par Me Vendé, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 12 juin 2024 et le 17 janvier 2025, la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945, représentée par Me Leraisnable, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'intérêt à agir du requérant et dès lors que celui-ci ne justifie pas du caractère régulier de l'occupation de son bien, à la date d'affichage en mairie de la demande de permis de construire, en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 13 janvier 2025, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par des observations en réponse, enregistrées le 17 janvier 2025, la commune de Sainte-Luce-sur-Loire, représentée par Me Vendé, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Par des observations en réponse, enregistrées le 17 janvier 2025, la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire, représentée par Me Leraisnable, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Delaunay, substituant Me Bour, avocat du requérant,
- les observations de Me Reilles, substituant Me Vendé, avocat de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire,
- les observations de Me Leraisnable, avocat de la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945.
Une note en délibéré, produite pour M. A, a été enregistrée le 10 février 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 septembre 2023, le maire de Sainte-Luce-sur-Loire a délivré à la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945 un permis de construire l'autorisant à édifier après démolition de l'existant sept bâtiments et un aménagement paysager en cœur d'îlot, comprenant 121 logements collectifs, un local pédagogique et quatre locaux d'activités, d'une surface de plancher totale de 8 225 m2, sur les parcelles cadastrées section AK n°44 à 51, 577, 579, 799 et 800 situées au 2-8 b, rue du 8 mai 1945 et rue de la Loire, le terrain d'assiette du projet étant classé dans le secteur UMa (secteur de développement des centralités actuelles ou en devenir) de la zone urbaine UM du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm). Par un arrêté du 5 avril 2024, le maire de Sainte-Luce-sur-Loire a délivré un permis de construire modificatif. M. A demande au tribunal l'annulation de ce permis de construire du 26 septembre 2023, modifié par l'arrêté du 5 avril 2024 portant permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'absence de mention du sens de l'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) :
2. Aux termes de l'article A 424-2 du code de l'urbanisme : " L'arrêté prévu au premier alinéa de l'article A 424-1 : / () / c) vise les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens. () ".
3. Une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif ne sont pas de nature à en affecter la légalité. Dès lors, la circonstance que l'arrêté attaqué ne porte pas le visa du sens de l'avis du service départemental de l'incendie et de secours, dont il ressort d'ailleurs des pièces du dossier qu'il a bien été recueilli, est sans influence sur sa légalité.
En ce qui concerne la conformité au règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole :
S'agissant de l'article 4.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm :
4. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".
5. Aux termes de l'article 4.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm : " Dans le cas où le terrain est situé dans un secteur où des orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP) sectorielles sont définies, tout projet doit être compatible avec ces orientations ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs. Cette compatibilité s'apprécie en procédant à une analyse globale des effets du projet sur l'objectif ou les différents objectifs d'une orientation d'aménagement et de programmation, à l'échelle de la zone à laquelle ils se rapportent.
7. Le terrain d'assiette du projet autorisé par l'arrêté attaqué s'inscrit dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation " Sainte-Luce-sur-Loire - Centre-Ville 2 " du PLum, visant la construction d'au moins 170 logements sur une surface de plancher minimum de 12 000 m², avec pour objectifs fixés de " proposer une nouvelle offre d'habitat collectif en centre-ville, adaptée aux besoins, favorisant les parcours résidentiels sur la commune ", " de renforcer la mixité sociale ", mais également de " favoriser la création d'un cœur d'îlot qui participera à la qualité de vie des habitants de l'îlot ". Le développement de cet habitat à dominante de logements collectifs doit ainsi s'organiser autour d'un espace végétalisé à préserver, à conforter ou à créer en cœur d'îlot. Les documents graphiques de cette orientation prévoient la localisation de ce cœur d'îlot végétalisé, la valorisation, par un traitement qualitatif, des façades donnant les rues du 8 mai 1945 et de la Loire, qui doivent également faire l'objet d'un " séquençage ", ainsi que des percées visuelles depuis chacune de ces rues vers l'espace vert central. Pour autant, la délimitation, sur ces documents graphiques, de cet espace vert, qui ne peut être assimilée ni à la définition, en application de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme, d'une zone naturelle à protéger, ni à la fixation d'un emplacement réservé aux espaces verts en application du 8° du même article de ce code, ni au classement en espace boisé, au sens de l'article L. 130-1 précité du même code, ne suffit pas, par elle-même, à conférer à celui-ci un caractère inconstructible.
8. Le projet, dont les constructions, pour un total de 121 logements collectifs, sont d'architecture sobre et contemporaine, quand bien même elles ont un gabarit plus important que certains des bâtiments de logements collectifs avoisinants, comporte des différences de volumes, de matériaux et de couleurs, entre le rez-de-chaussée, les étages et les attiques, et présente également plusieurs cheminements doux qui constituent des percées visuelles et piétonnes vers un cœur d'îlot particulièrement arboré au sud, qui peut être rejoint par les habitants de l'opération et les riverains depuis les rues du 8 mai 1945 et de la Loire. Cette réalisation participe de l'objectif que pose l'OAP de confortement et de renforcement des espaces végétalisés en cœur d'îlot. Eu égard au choix d'implantation des différents bâtiments, comme des volumes, qui font l'objet d'un épannelage progressif en lien avec le bâti existant, le projet propose un traitement qualitatif et séquencé des façades sur rues. Dans ces conditions, la circonstance qu'un des bâtiments, le bâtiment D, dont la construction est autorisée par le permis de construire en litige, est implanté dans le périmètre de l'espace vert identifié sur les documents graphiques de l'orientation d'aménagement et de programmation, qui n'a fait l'objet ni de la fixation d'un emplacement réservé aux espaces verts, ni d'un classement en espace boisé protégé, ne suffit à rendre le projet incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation " Sainte-Luce-sur-Loire - Centre-Ville 2 " précité, compte tenu de l'ensemble des objectifs poursuivis par cette orientation à l'échelle de la zone à laquelle elle se rapporte. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme et de l'article 4.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm doit, par suite, être écarté.
S'agissant de l'article B.1.1.1 du règlement du PLUm applicable à la zone UMa :
9. Aux termes de l'article UM B.1.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Nantes Métropole applicable au secteur UMa, relatif à l'implantation des constructions : " " Secteur UMa / Les rez-de-chaussée des constructions doivent être implantés en limite d'emprise publique ou de voie*pour au moins 70 % du linéaire cumulé de la façade du projet à l'exception des constructions situées dans les polarités commerciales de proximité identifiées au règlement graphique pour lesquelles l'obligation d'implantation précédemment définie s'applique à 100 % du linéaire cumulé de la façade du projet. / Dans tous les cas ce linéaire doit être assuré par le bâti objet du projet et complété éventuellement par un élément de type mur, porche, portail, etc, assurant la continuité visuelle du bâti/ Une implantation différente de celle définie ci-dessus peut être imposée ou admise dans les hypothèses prévues à l'article B.1.1.1 de la 1re partie au 4.2 "'Les autres dispositions communes à toutes les zones'", afin de prendre en compte le contexte spécifique dans lequel s'insère la construction ".
10. Aux termes de l'article B.1.1.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm : " Afin que l'implantation des constructions tienne compte du contexte urbain environnant et des particularités du site, une implantation différente de celle exigée au règlement particulier de chaque zone, peut être admise ou imposée dans les hypothèses suivantes: / () / 2. Afin de prendre en compte les caractéristiques particulières du terrain d'assiette telle qu'une configuration irrégulière ou atypique, une topographie accidentée, une situation en décalage altimétrique par rapport au niveau de la voie, une localisation au contact de plusieurs emprises publiques ou voies, afin d'adapter le projet en vue de son insertion dans le site ". Aux termes du lexique de ce même règlement : " Emprise publique ou voie / Emprise publique ou privée ouverte à la circulation publique quel que soit le mode d'utilisation (piétons, deux roues, véhicules automobiles particuliers () ".
11. Il ressort des plans du dossier que le bâtiment A est implanté à l'angle de la rue de la Loire et de la rue du 8 mai 1945, en retrait de l'emprise publique, compte tenu de la localisation d'un cèdre bleu de l'Atlas, dont le projet prévoit la conservation, afin d'améliorer son insertion dans son environnement paysager. D'une part, la préservation de cet arbre, qui est de nature à renforcer l'insertion du projet dans son environnement, quand bien même cet arbre n'est pas identifié au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, et, d'autre part, la configuration des lieux à l'intersection de deux emprises publiques, comme, enfin, la préservation d'un même alignement des façades est des bâtiments A et B en retrait de l'emprise publique, autorisent, sans erreur d'appréciation, une implantation dérogatoire en retrait du bâtiment A en application des dispositions du 2° de l'article B.1.1.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions et de l'article B.1.1.1 du règlement du PLUm applicable à la zone UMa doit être écarté.
S'agissant de l'article B.1.1.3 du règlement du PLUm applicable à la zone UM :
12. L'article B.1.1.3 applicable à la zone UM relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même unité foncière dispose notamment que : " Lorsque deux constructions sur une même unité foncière ne sont pas contiguës, la distance les séparant doit être au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction la plus haute, avec un minimum de 8 mètres. Pour le calcul de cette distance, ne sont pas pris en compte les éléments de saillies tels que les balcons ou les loggias, ni les doubles peaux assurant un confort bioclimatique. (). Cette règle n'est pas applicable entre une construction et ses annexes ni en cas de césure ". Le lexique du règlement du PLUm définit la notion de césure en ces termes : " Interruption du bâti sur toute sa hauteur (hors sous-sol) et sur toute sa profondeur. Une césure doit présenter une largeur au moins égale à 3 mètres et inférieure à 5 mètres. Des jonctions de type passerelle entre les deux parties d'une construction peuvent être réalisées dans une césure à condition qu'elles ne s'étendent pas sur plus de deux niveaux consécutifs. La césure doit comporter a minima des ouvertures secondaires (baies constituant l'éclairement secondaire d'une pièce principale ou baie d'éclairement d'une pièce secondaire) sans face à face et doit être, si possible, le lieu de distribution de la cour ou du jardin ou accueillir d'autres usages ". Il ne ressort pas de la définition générale de la césure telle qu'elle résulte du lexique de ce plan et telle qu'elle est applicable à l'ensemble des dispositions qui y font mention, y compris donc à l'article B.1.1.3, qu'une césure ne pourrait être caractérisée qu'entre deux constructions présentant une même volumétrie et en particulier la même hauteur.
13. Les façades sur rue des bâtiments A, de type R+2+attique, et B, de type R+1+attique, qui ont un parking commun en sous-sol, forment un même linéaire, qui est interrompu par un cheminement de 4,99 mètres. Ce cheminement, qui distribue l'espace vert central, rompt le volume bâti sur toute sa hauteur et profondeur, la rampe d'accès et la plateforme d'accès ne pouvant être regardées comme créant une continuité du bâti. Il ressort également que les façades sud et nord donnant sur ce cheminement ne comportent pas d'ouvertures en face à face. Dans ces conditions, ce cheminement constitue une césure au sens et pour l'application du règlement du PLUm, nonobstant la différence de volumétrie des bâtiments A et B en cause, les caractéristiques du couronnement du bâtiment B étant également sans incidence. Il suit de là que compte tenu de la présence de cette césure entre ces deux bâtiments, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B.1.1.3 du règlement de la zone UMa du plan local d'urbanisme métropolitain ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'article B.1.1.2 du règlement du PLUm applicable à la zone UM :
14. Aux termes de l'article B.1.1.2 du règlement du PLUm applicable à la zone UM relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Constructions sur rue Implantation par rapport aux limites séparatives latérales et de fond de parcelle : Les constructions doivent être implantées sur l'une des deux limites séparatives latérales au moins ; en cas de retrait ce dernier est au moins égal au tiers de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de 3 mètres. Les constructions doivent respecter un retrait du fond de parcelle au moins égal au tiers de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de 3 mètres ".
15. L'article B.1.1.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du indique que : " Pour que l'implantation des constructions tienne compte du contexte urbain environnant et des particularités du site, une implantation différente de celle exigée au règlement particulier de chaque zone peut être admise ou imposée dans les hypothèses suivantes : / 1° Afin de prendre en compte l'implantation, la volumétrie des constructions et la morphologie urbaine environnante (de la portion de rue, ou de l'îlot, ou du quartier) afin que le projet s'insère sans rompre l'harmonie des lieux, d'un front bâti constitué ou d'une organisation urbaine particulière ; () ".
16. Enfin, le lexique du règlement du PLUm définit la construction sur rue comme une " constructions dont au moins 80% d'une façade est implantée à une distance inférieure de la limite d'emprise publique ou de voie ". La limite séparative est quant à elle " constituée par les limites du terrain d'assiette du projet avec un autre terrain ne constituant pas une emprise publique ou une voie ".
17. Le terrain d'assiette du projet étant contigu aux emprises publiques à l'ouest, au nord et à l'est, seule sa limite sud peut être qualifiée de limite latérale. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que les bâtiments A et B seraient implantés de part et d'autre d'une limite séparative. Le bâtiment B du projet, construction sur rue composée de deux volumes, au sud, de type R+1, et au nord, de type R+1+C, est implanté avec un retrait de 3,88 mètres par rapport à cette limite séparative latérale. Le requérant fait valoir que l'implantation du bâtiment B, en retrait de cette limite, n'est pas conforme aux dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du PLUm applicable à la zone UM. Toutefois, l'implantation en retrait de ce bâtiment est justifiée par l'implantation et la volumétrie des constructions présentes sur la parcelle mitoyenne cadastrée AK n°43 sur laquelle sont implantées une maison d'habitation en limite séparative latérale au rez-de-chaussée et en retrait au niveau du R+1, ainsi qu'une annexe de type verrière. Ces éléments justifient, sans erreur d'appréciation, par dérogation aux règles applicables à la zone UM, une implantation en retrait de la limite latérale sud, par application de l'article B.1.1.2 du règlement applicable à toutes les zones. De surcroît, et en tout état de cause, la hauteur du plan de façade le plus proche de la limite séparative sud étant à l'acrotère, de 7,43 mètres, la distance de retrait de 3,88 mètres, satisfait aux prescriptions de l'article B.1.1.2 du règlement du règlement du PLUm applicable à la zone UM relatives au calcul de la distance de retrait. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaît ces dispositions.
S'agissant du coefficient de biotope par surface :
18. Il ressort des pièces du dossier que le règlement écrit du PLUm a institué, au sein des règles afférentes au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et des abords des constructions, un outil, dénommé " coefficient de biotope par surface " (CBS), destiné à évaluer et assurer la qualité environnementale des unités foncières. L'article B.3.2 de la 1ère partie du règlement prévoit à cet effet que " Tout projet de construction nouvelle ou d'extension, situé dans une zone où s'applique un coefficient de biotope par surface, doit comprendre une proportion de surfaces favorables à la biodiversité, au cycle de l'eau et à la régulation du microclimat, dites surfaces éco-aménagées. / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles de CBS édictées par le PLUm sont appliquées à la parcelle, déduction faite du CBS déjà atteint par les espaces communs de l'opération. / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles de CBS édictées par le PLUm sont appliquées à la parcelle, déduction faite du CBS déjà atteint par les espaces communs de l'opération. / Dans le cas où le projet est situé dans une OAP sectorielle prévoyant une application mutualisée des objectifs de CBS, ceux-ci ne s'appliquent pas à l'échelle du terrain d'assiette du projet mais à l'échelle du périmètre défini dans l'OAP et selon les dispositions spécifiques prévues en 1re partie au B.3.2 paragraphe 8. / Le CBS n'est pas applicable () aux réhabilitations de constructions ". La formule de calcul du CBS, présentée dans l'article B.3.2 des dispositions générales du règlement du PLUm, résulte du rapport entre, d'une part, les " surfaces éco-aménagées ", qui sont déclinées en dix types différents selon leur nature (liée à leur caractère d'espaces de pleine terre, à leur caractère perméable, partiellement perméable ou imperméable ou à l'épaisseur de terre végétale recouvrant les surfaces imperméables) et pondérées par un coefficient propre à chaque type de surface et, d'autre part, la surface du terrain d'assiette. L'article B.3.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUm comprend un tableau détaillant le type de surface perméable et le coefficient de pondération associé.
19. Par ailleurs, aux termes de l'article B.3.1 du règlement du PLUm applicable à la zone UMa : " tout projet de construction neuve et d'extension doit intégrer des surfaces éco-aménagées permettant d'atteindre un CBS de 0,4 ".
20. L'OAP " Sainte-Luce-Sur-Loire - Centre-ville 2 " prévoit une mutualisation des objectifs du CBS à l'échelle du périmètre défini dans l'OAP. Par suite, le CBS ne s'applique pas à l'échelle du projet en cause mais à l'échelle de ce périmètre. Or, alors qu'un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu des différentes surfaces éco-aménagées, les modalités de calcul du coefficient de biotope des espaces du terrain d'assiette du projet qui s'établit à 0.405, seraient erronées. Compte tenu de ce coefficient, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un CBS de 0,4 ne pourrait être atteint sur le périmètre de l'OAP. Contrairement à ce que soutient le requérant, il n'y a pas lieu d'inclure au dénominateur du rapport de calcul du CBS la partie de la parcelle AK n°577 incluse au nord dans le périmètre de la ZAC des Indulgences et appartenant à La Nantaise de l'Habitation, dès lors que cette partie n'est incluse ni dans le périmètre de l'OAP ni a fortiori dans le terrain d'assiette du projet et qu'à supposer même qu'elle soit issue d'une division foncière du fait du projet, le CBS applicable à une telle opération de lotissement se calculerait par lot. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article B.3.1 du règlement du PLUm.
En ce qui concerne l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". L'article R. 442-1 du même code prévoit : " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : () c) Les divisions effectuées par l'aménageur à l'intérieur d'une zone d'aménagement concerté ; / () / f) Les détachements de terrain d'une propriété en vue d'un rattachement à une propriété contiguë ; () ".
22. Doit être regardé comme une unité foncière un îlot de propriété d'un seul tenant, composé d'une parcelle ou d'un ensemble de parcelles appartenant à un même propriétaire ou à la même indivision, la circonstance que cet îlot proviendrait de lots initialement distincts et demeurant identifiés au cadastre étant par elle-même sans incidence.
23. Il résulte, d'une part, des dispositions de l'article R. 442-1 du code de l'urbanisme précitées que les divisions effectuées à l'intérieur d'une zone d'aménagement concerté ne constituent pas des lotissements. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comprend, au nord-ouest, la parcelle cadastrée section AK n°577p, issue de la division foncière de la parcelle cadastrée section AK n°577, qui est intervenue à l'intérieur de la zone d'aménagement concertée des Indulgences visée par l'arrêté attaqué. De surcroît, l'inclusion de la parcelle cadastrée section AK n°577p dans l'unité foncière du projet, qui a uniquement consisté à rattacher le restant du terrain d'assiette à une parcelle contiguë, ne constitue pas une division soumise à autorisation distincte mentionnée à l'article R. 442-1 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, la légalité de l'arrêté attaqué n'est pas subordonnée à une telle autorisation distincte qui n'en constitue pas la base légale et dont il n'est pas une mesure d'application. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet en litige aurait dû faire l'objet d'une autorisation préalable distincte en vue de lotir. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du requérant le versement d'une somme à la commune de Sainte-Luce-sur-Loire ou à la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945 à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire et de la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Sainte-Luce-sur-Loire et à la SCCV Sainte-Luce-sur-Loire 10 rue du 8 mai 1945.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026