LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2405014

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2405014

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2405014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKHATIFYIAN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 2 avril 2024 sous le n° 2405014, Mme C A, représentée par Me Khatifyian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que l'arrêté litigieux a été signé par une autorité compétente ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé de l'examen de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2024.

II. Par une requête, enregistrée le 1er août 2024 sous le n° 2411949, M. D B, représenté par Me Khatifyian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elles ont été signées par une autorité compétente ;

- elles ne sont pas suffisamment motivées ;

- sa situation professionnelle n'a pas été prise en compte dans l'examen de sa demande au titre d'une régularisation exceptionnelle ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire : elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination : elle est illégalité en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 août 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Douet, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant pakistanais né le 20 février 1993, est entré régulièrement en France le 8 octobre 2021 sous couvert d'un visa de court séjour de vingt-un jours expirant le 6 novembre 2021. Sa demande d'admission exceptionnelle au séjour a été rejetée par une décision du préfet de Maine-et-Loire du 27 janvier 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français. Les recours formés à l'encontre de cette décision ont été rejetés par des décisions respectives du tribunal administratif de Nantes du 18 janvier 2023 et de la cour administrative d'appel de Nantes du 28 septembre 2023. Il a sollicité par la suite la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de Maine-et-Loire a opposé un nouveau refus à sa demande assorti d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 25 juillet 2024. Mme A, son épouse, ressortissante pakistanaise née le 8 mai 1995, est entrée régulièrement en France le 16 août 2022 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour étudiant expirant le 15 août 2023. Elle a sollicité du préfet de Maine-et-Loire le renouvellement de son titre de séjour. Cette demande a été rejetée par un arrêté du 29 février 2024 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré. Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 février 2024 et M. B l'arrêté du 25 juillet 2024.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2405014 et 2411949 présentent à juger de questions semblables se rapportant à la situation d'un couple et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 février 2024 :

3. En premier lieu, l'arrêté du 29 février 2024 a été signé pour le préfet de Maine-et-Loire et par délégation par M. Emmanuel Le Roy, secrétaire général de la préfecture, auquel le préfet a, par un arrêté du 26 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, donné délégation à l'effet de signer, notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué fait mention des considérations utiles de droit et de fait constituant le fondement des décisions qu'il comporte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces mesures manque en fait.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'ait pas procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme A avant d'édicter les décisions litigieuses.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par le bénéficiaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Dès lors, pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement considéré comme poursuivant effectivement des études.

7. Pour refuser de faire droit au renouvellement du titre de séjour de Mme A, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée ne justifiait pas suivre effectivement et sérieusement des études en France dès lors qu'elle ne présentait aucun résultat pour sa première année d'études en France et explique avoir décalé sa rentrée compte tenu du jeune âge de son enfant pour la seconde année de présence en France.

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été inscrite au titre de l'année universitaire 2022-2023 en master " food and agribusiness management " au sein de l'établissement Audencia Business School. Elle ne produit aucun résultat pour cette année et explique avoir été sujette à une grossesse à risque. S'il ressort des pièces du dossier qu'elle a effectivement donné naissance à son fils le 3 juin 2023, Mme A n'apporte aucun élément établissant que son état de grossesse l'a effectivement empêchée de suivre, au moins en partie, la formation à laquelle elle était inscrite. Au titre de l'année scolaire 2023-2024, Mme A s'est de nouveau inscrite dans la même formation mais n'a pas suivi le cursus, en raison, selon elle, du jeune âge de son enfant et de l'absence de mode de garde. Elle a sollicité un report de son année d'études et verse au dossier une autorisation de la directrice de ce master de décaler son entrée à l'année scolaire 2024-2025. Si la grossesse de Mme A puis la naissance de son fils expliquent en partie les difficultés rencontrées dans le suivi de ses études, Mme A, qui se borne à verser au dossier les inscriptions successives dans la formation qu'elle entend suivre, ne peut être regardée comme établissant du caractère réel et sérieux des études suivies en France dès lors qu'elle ne justifie ni de son assistance aux cours de son cursus ni d'aucun résultat 18 mois après son entrée en France. Dans ces circonstances, le préfet de Maine-et-Loire a pu, sans entacher sa décision d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation, refuser de renouveler le titre de séjour étudiant de l'intéressée au motif qu'elle ne justifie pas suivre effectivement et sérieusement des études en France et lui porter obligation de quitter le territoire français.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est présente en France depuis le 16 août 2022. Son séjour est donc récent. Si elle se prévaut de la présence de son époux ainsi que de leur fils, son époux ne dispose pas d'un droit au séjour en France et fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français alors que leur fils, mineur, a vocation à suivre ses parents dans leur pays d'origine où leur vie familiale pourra se poursuivre. Par ailleurs, Mme A a vécu la majeure partie de sa vie au Pakistan où elle conserve nécessairement des attaches importantes. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France et eu égard aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts dans lesquels ont été prises ces décisions qui, dès lors, ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. Pour les mêmes motifs, dès lors que l'enfant de la requérante a vocation à accompagner ses parents, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2024 :

En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet et par délégation par M. Emmanuel Le Roy, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté du 18 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire a accordé une délégation permanente au secrétaire général de la préfecture à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire, à l'exception d'un certain nombre de décisions, au nombre desquelles ne figurent pas les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

13. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué fait mention des considérations utiles de droit et de fait constituant le fondement des décisions qu'il comporte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces mesures manque en fait.

14. En troisième lieu, si M. B soutient que le préfet de Maine-et-Loire n'a pas examiné la possibilité d'une régularisation exceptionnelle au regard de sa situation professionnelle, il ressort de la motivation même de l'arrêté que le préfet a pris en compte les éléments relatifs à son insertion par le travail avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du défaut d'examen est écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que M. B est arrivé en France, sous couvert d'un visa de court séjour, le 8 octobre 2021. Sa première demande de titre de séjour ayant été rejetée par un arrêté du 27 janvier 2022 du préfet de Maine-et-Loire pour lequel les recours en annulation ont été rejetés par des décisions du tribunal administratif et de la cour administrative d'appel de Nantes, M. B s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire en dépit de l'obligation de quitter le territoire qui lui avait été faite par le même arrêté. La présence en France de son père, qui réside régulièrement sur le territoire sous couvert d'une carte de résident ne saurait constituer, dans les circonstances de l'espèce, des liens familiaux d'une particulière intensité dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que celui-ci réside en France depuis 2003 et qu'ils ont vécu séparés depuis cette date et jusqu'à l'arrivée en France de M. B et que M. B a formé sa propre cellule familiale avec Mme A qui fait également l'objet d'un arrêté de refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement. Enfin, leur fils mineur a vocation à les suivre dans leur pays d'origine où M. B a vécu la majeure partie de sa vie et où la cellule familiale pourra se reconstituer. Au titre de sa situation professionnelle, M. B verse au dossier deux promesses d'embauche qui, si elles démontrent des efforts du requérant, ne suffisent pas à établir qu'il justifierait, en France, d'une insertion professionnelle particulière. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France et eu égard aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de Maine-et-Loire, en refusant de régulariser son séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts dans lesquels ces décisions ont été prises. Par suite les décisions attaquées ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Pour les mêmes motifs, le préfet de Maine-et-Loire n'a entaché les décisions attaquées ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation de la situation du requérant au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas davantage entaché ses décision d'une erreur manifeste quant à leurs conséquences sur la situation personnelle du requérant.

18. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ". Il appartient à l'autorité administrative de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur ", répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Il résulte, en outre, de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.

19. Il résulte de ce qui a été dit au point 16 que M. B ne justifie pas de circonstances particulières justifiant son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions citées au point précédent doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

20. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire, que M. B invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire, doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

21. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire, que M. B invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n° 2405014 de Mme A et n° 2411949 de M. B, doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°s 2405014 et 2411949 présentées par Mme A et M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à M. D B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Khatifyian.

Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.

La présidente-rapporteure,

H. DOUET

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2405014,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions