jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2405698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL OILLIC AUDRAIN ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 et 29 avril 2024, la société ALD, représentée par la SELARL Oillic-Audrain associés, demande au juge des référés du tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions des 21 et 27 mars 2024 portant résiliation du marché public dont elle était titulaire et ordonner la reprise provisoire des relations contractuelles avec le département de la Loire-Atlantique, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la validité de la résiliation du contrat ;
2°) de mettre à la charge du département de la Loire-Atlantique la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence est réunie, compte tenu des graves effets sur sa situation financière et la pérennité de son exploitation de la résiliation pour faute et à ses frais et risques du marché dont elle était titulaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Boisset, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'urgence n'est pas caractérisée.
Le président du tribunal a désigné M. Cantié, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 29 avril 2024 à 14h30, M. Cantié :
- a présenté son rapport,
- a entendu les observations de Me Oillic, représentant la société ALD, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens ;
- a entendu les observations de Me Boisset, représentant le département de la Loire-Atlantique, qui a confirmé les écritures présentées ;
- et a prononcé la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Par un acte d'engagement notifié le 5 avril 2022, le département de la Loire-Atlantique a chargé la société ALD de l'exécution du lot n°7, portant sur des travaux de couverture, de l'opération relative à la modernisation du site du grand T à Nantes et du rapprochement de rapprochement avec Musique et Danse en Loire-Atlantique. La durée prévisionnelle d'exécution de ce marché public, d'un montant global et forfaitaire de 1 million d'euros hors taxe, a été fixée à 29 mois, avec un démarrage du chantier prévu le 30 mars 2022. Le constat par le maître d'ouvrage du non-respect par le titulaire de règles en matière de sécurité sur le chantier l'a conduit à adresser à la société ALD un courrier du 8 février 2024 portant mise en demeure avant résiliation, puis à l'informer, par un courrier du 27 mars 2024, de sa décision de résilier le marché pour faute du titulaire et à ses frais et risques.
3. Par sa requête, la société ALD demande au juge des référés d'ordonner la reprise provisoire des relations contractuelles avec le département de la Loire-Atlantique, dans l'attente du jugement de son recours au fond portant contestation de la régularité et du bien-fondé de cette mesure de résiliation.
4. Il incombe au juge des référés saisi, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de conclusions tendant à la suspension d'une mesure de résiliation, après avoir vérifié que l'exécution du contrat n'est pas devenue sans objet, de prendre en compte, pour apprécier la condition d'urgence, d'une part, les atteintes graves et immédiates que la résiliation litigieuse est susceptible de porter à un intérêt public ou aux intérêts du requérant, notamment à la situation financière de ce dernier ou à l'exercice même de son activité, d'autre part, l'intérêt général ou l'intérêt de tiers, notamment du titulaire d'un nouveau contrat dont la conclusion aurait été rendue nécessaire par la résiliation litigieuse, qui peut s'attacher à l'exécution immédiate de la mesure de résiliation.
5. Il ne résulte pas de l'instruction que la résiliation du marché litigieux entraînerait pour la société ALD une perte de chiffre d'affaires susceptible d'affecter substantiellement son chiffre d'affaires global. Contrairement à ce que soutient la société requérante, il n'y a pas lieu de prendre en compte, pour mesurer les effets immédiats de cette mesure de résiliation, des surcoûts susceptibles d'être mis à sa charge à l'issue de l'exécution du marché de substitution conclu par le département de la Loire-Atlantique avec la société PIM pour la réalisation de travaux d'isolation thermique et de pare-vapeur des couvertures, ainsi que de l'exécution des autres travaux inachevés ou non exécutés qui relèvent du lot n°7 de l'opération. Dans ces conditions et en l'absence de circonstances particulières, la condition d'urgence prévue par les dispositions citées ci-dessus de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas réunie.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens relatifs à la la validité de la mesure de résiliation et les motifs qui s'opposeraient à ce que la reprise provisoire des relations contractuelles soit prononcée, les conclusions présentées par la société ALD au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société ALD une somme de 2 000 euros à verser à ce titre au département de la Loire-Atlantique. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société ALD est rejetée.
Article 2 : La société ALD versera au département de la Loire-Atlantique la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ALD et au département de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 2 mai 2024.
Le juge des référés,La greffière,
C. CANTIEM-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026