jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2406335 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHRYVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, Mme E A, agissant en son nom propre et au nom de ses enfants mineurs et représentée par Me Schryve, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 26 mars 2024 par lesquelles l'autorité consulaire française à Conakry a refusé de délivrer à ses enfants D, B et C le visa de long séjour qu'elles sollicitaient au titre de la réunification familiale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la délivrance des visas sollicités, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou subsidiairement, de procéder à un nouvel examen de leur situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 2 000 euros, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou directement à son profit en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est séparée de ses enfants depuis près de quatre ans ; que ses filles vivent dans des conditions précaires en Guinée ; que deux d'entre elles souffrent de problèmes de santé et que ses filles sont menacées par sa belle-famille ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
* elles sont entachées d'une erreur de droit ;
* elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles
L. 434-3 et L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elles méconnaissent l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
* elles méconnaissent les articles 9.1 et 3.1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
* elles ne sont pas suffisamment motivées.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Lay, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l'espèce, être déférée au juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l'urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l'administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution des décisions du 26 mars 2024 par lesquelles l'autorité consulaire française à Conakry a refusé de délivrer à aux enfants D, B et C le visa de long séjour qu'elles sollicitaient au titre de la réunification familiale, Mme A fait valoir qu'elles sont séparées depuis près de quatre ans et que ses filles vivent dans une grande précarité en Guinée et sous la menace de sa belle-famille. Il résulte, toutefois, de l'instruction que les filles de Mme A, âgées de 8, 10 et 12 ans, sont prises en charge par une cousine de la requérante et que Mme A, réfugiée en France, peut leur adresser des transferts d'argent afin de subvenir à leurs besoins. Si la requérante soutient que deux de ses filles souffrent de problèmes de santé et que les médecins recommandent leur " évacuation sanitaire ", il résulte de l'instruction qu'elles ont pu bénéficier en Guinée d'une prise en charge médicale et il ne résulte pas de l'instruction que l'état de santé des intéressées se soit dégradé depuis les consultations médicales de janvier et mars 2023 dont il est fait état. Si Mme A soutient, par ailleurs, que sa belle-famille est à la recherche de ses filles, elle n'apporte aucune précision sur les risques que sa belle-famille ferait courir aux enfants et très peu d'éléments probants au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, les circonstances invoquées ne caractérisent pas une urgence particulière justifiant la saisine du juge des référés, dès avant l'intervention de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, qui est destinée à se substituer totalement à la décision consulaire à tout le moins implicitement au plus tard le 22 juin 2024. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'accorder à Mme A l'aide juridictionnelle à titre provisoire, que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue aux dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A et à Me Schryve.
Fait à Nantes, le 2 mai 2024.
La juge des référés,
Y. LE LAY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026