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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2406705

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2406705

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2406705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPRELAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 13 mai 2024, M. K H et Mme J I, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux des jeunes F, D, C, E et A I, ainsi que Mme B I et M. G I, représentés par Me Prélaud, doivent être regardés comme demandant au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles les autorités consulaires françaises à Téhéran ont refusé de les convoquer et d'enregistrer leurs demandes de visa, ainsi que celles des jeunes F, D, C, E et A I ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de les faire convoquer par les autorités consulaires françaises à Téhéran et d'enregistrer leurs demandes de visa, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Le 7 mai 2024, la requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui n'a pas produit d'écritures dans la présente instance avant la clôture de l'instruction.

M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 26 avril 2024 sous le numéro 2406348 par laquelle MM. H et I et Mmes I demandent l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mai 2024 à 14 h 30 :

- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,

- les observations de Me Prélaud, représentant MM. H et I et Mmes I, qui maintient les conclusions de leur requête tendant à la mise à la charge de l'Etat des frais d'instance,

- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer qui conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte dès lors que les demandeurs de visa sont convoqués au poste consulaire français à Téhéran, le 1er juillet 2024.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Un mémoire en défense présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer a été enregistré par le greffe du tribunal, le 22 mai 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Il résulte de l'instruction que les demandeurs de visa sont convoqués le 1er juillet 2024 au poste consulaire français à Téhéran en vue de l'enregistrement de leurs demandes de visa. Ainsi, la décision contestée a été implicitement mais nécessairement retirée. Par suite, les conclusions de la présente requête à fin de suspension, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte, sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

3. M. H a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Prélaud d'une somme de 500 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de MM. H et I et Mmes I à fin de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à Me Prélaud, avocate de M. H, la somme de 500 euros (cinq cents euros) au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. K H, Mmes J et B I, M. G I, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Prélaud.

Fait à Nantes, le 11 juin 2024.

La juge des référés,

O. ROBERT-NUTTE

La greffière,

M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2406705

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