mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2406721 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 17 mai 2024, M. C, représenté par Me Bonnet, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 20 mars 2024 par lesquelles les autorités consulaires françaises à Conakry (Guinée) ont refusé de délivrer aux enfants G et E C les visas de long séjour sollicités au titre de la réunification familiale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer les visas sollicités dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les décisions contestées portent atteinte, d'une part, à son droit et celui de ses enfants de mener une vie privée et familiale normale, et, d'autre part, à l'intérêt supérieur des jeunes demandeurs de visa ; de plus, dès lors que son épouse, qui prend en charge ses enfants G et E, nés d'une précédente union, s'est vu délivrer un visa d'entrée en France, dont la validité expire le 27 juin 2024, il justifie d'une urgence particulière, les jeunes demandeurs de visa, orphelins de mère, risquant de se retrouver isolés en Guinée ; compte tenu de la date d'intervention de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, il ne pourra, en tout état de cause, pas matériellement organiser le départ des jeunes demandeurs de visa avec leur belle-mère ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
* elles sont entachées d'une erreur d'appréciation en ce qu'il a justifié que Mme H B, mère des jeunes G et E, est décédée le 5 février 2019 à l'hôpital régional de Kindia ; il a produit une attestation du président du conseil de quartier de Koliadyn de la commune urbaine de Kindia, qui confirme la réalité de ce décès, ainsi qu'un extrait d'acte de décès établi par l'officier d'état civil de Kindia ;
* elles sont entachées d'une erreur d'appréciation en ce que l'identité des jeunes demandeurs de visa et les liens de filiation les unissant sont établis par leurs actes d'état civil, qui ont été délivrés dans les mêmes conditions que ceux de son épouse et leurs enfants, qui se sont vu délivrer les visas ; ce motif, que le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne peut ajouter à l'occasion de l'instance, est ainsi mal fondé ;
* elles méconnaissent les stipulations des articles 3-1, 9 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elles portent atteinte à son droit et à celui de ses enfants de mener une vie familiale normale, étant séparés de lui depuis plusieurs années et étant exposés à bref délai au risque d'être éloignés de leur fratrie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mai 2024 sous le numéro 2406784 par laquelle M. C demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mai 2024 à 14 heures 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Thoumine, substituant Me Bonnet, représentant M. C, qui reprend ses écritures à la barre ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer qui fait valoir que l'acte de décès produit est frauduleux dès lors qu'il mentionne que cet évènement a été déclaré en 2019 par le requérant alors que celui-ci a fui la Guinée en 2018.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant guinéen né le 1er juin 1990, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 juin 2022. Mme D F, son épouse, leurs deux enfants et les jeunes G et E C, que le requérant présente comme ses enfants nés d'une précédente union, ont sollicité la délivrance de visas au titre de la réunification familiale auprès des autorités consulaires françaises à Conakry, lesquelles ont fait droit à ces demandes, excepté s'agissant des jeunes G et E. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces deux décisions consulaires du 20 mars 2024, portant rejet des demandes de visa des jeunes G et E.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. C, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions par lesquelles les autorités consulaires françaises à Conakry (Guinée) ont refusé de délivrer aux enfants G et E C les visas de long séjour sollicités au titre de la réunification familiale, en ce qu'elles sont fondées sur l'absence de preuve du décès de la mère de ces enfants, ou de production d'un jugement portant déchéance de l'autorité parentale de celle-ci ou déléguant à M. C l'autorité parentale à l'égard des jeunes demandeurs de visa.
4. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. C en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Bonnet.
Fait à Nantes, le 11 juin 2024.
La juge des référés,
O. ROBERT-NUTTE
La greffière,
M-C MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026