lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2406809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LARRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 26 mai 2024, M. B, représenté par Me Larre, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle la directrice régionale des Finances publiques des Pays-de-la-Loire et du département de la Loire-Atlantique a prononcé son licenciement pour inaptitude physique à l'exercice de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre à la directrice régionale des Finances publiques des Pays-de-la-Loire et du département de la Loire-Atlantique, à titre principal, de le réintégrer dans ses fonctions dans un autre service jusqu'au terme de son stage, ou à défaut, de lui transmettre ses documents de fin de contrat dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée le prive de toute source de revenu alors que ses charges mensuelles s'élèvent à 655,99 euros et continuent d'être prélevées, auxquelles s'ajoutent les frais d'habillement, de nourriture, de transport et de santé ; il percevait un traitement indiciaire de 1 806,66 euros brut en janvier 2024, puis ne percevait plus que des indemnités journalières au mois de février, a ensuite perçu pour le mois de mars uniquement une rémunération de 13,17 euros, ses indemnités journalières d'arrêt de travail versées a posteriori, 75,45 euros au titre de l'allocation adultes handicapés et 85,21 euros au titre de la prime d'activité, et se trouve dépourvu de rémunération depuis lors ; il ne dispose pas de l'attestation de fin de contrat, ce qui l'empêche de solliciter le bénéfice des aides de retour à l'emploi ; il ne dispose pas des moyens financiers nécessaires à la poursuite de son suivi médical ; ainsi, la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation financière et son état de santé ; sa requête n'est pas tardive ; il ne peut lui être reproché de ne pas avoir cherché un autre emploi ; l'avis de somme à payer d'un montant de 3 000 euros qui lui a été adressé en mai 2024 accroît encore sa précarité financière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la compétence de son auteur n'est pas établie ;
* elle est insuffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-1, L. 211-3 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, notamment, en ce qu'elle ne comporte pas l'ensemble des dispositions applicables ;
* elle est entachée d'un vice de procédure substantiel, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un avis préalable du conseil médical en application des dispositions de l'article 24 du décret n°094-874 du 7 octobre 1994, ce qui l'a privé d'une garantie et a nécessairement eu un effet sur le sens de la décision contestée ; il n'a pas été informé de la possibilité de saisir le conseil médical lors de son entretien préalable, ni du délai dans lequel cette saisine devait intervenir ; sa contestation n'est, en tout état de cause, pas tardive et le conseil médical rendra son avis le 6 juin prochain ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article 17 du décret n°2016-580 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : la DRFIP n'établit pas avoir cherché en vain un poste de reclassement compatible avec ses restrictions médicales et être ainsi dans l'impossibilité de le reclasser dans un autre service ; de plus, la DRIFP n'a pas respecté les préconisations du médecin du travail en ne modifiant pas son affectation, en dépit de ses demandes en ce sens ; en outre, il a saisi le service CAP EMPLOI afin de trouver une solution lui permettant de demeurer à la DRIFP ; le licenciement a été prononcé alors que son inaptitude est limitée aux missions du service dans lequel il a été affecté et ne porte pas sur l'exercice de ses fonctions ; de plus, cette inaptitude est temporaire ; il n'est ainsi ni définitivement ni absolument inapte à ses fonctions ; il sera à nouveau apte à occuper un poste adapté, une fois sa thérapie terminée ; l'administration ne démontre pas qu'elle a recherché activement un poste de reclassement, ni qu'aucun poste correspondant à ses compétences ne serait disponible sur l'intégralité de la DRIFP ; les préconisations du médecin du travail établies en janvier 2024 sont complétement extrapolées par rapport à celles émises en septembre 2023 ; plusieurs médecins ont attesté que son état de santé est compatible avec son grade ; ses prétendues insuffisances professionnelles ou relationnelles sont inopérantes au regard du motif de la décision contestée et, en tout état de cause, infondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête, dès lors que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont mal fondées et que celles aux fins d'injonction sont irrecevables.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 avril 2024 sous le numéro 2406425 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n°094-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mai 2024 à 9 h 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Larre, représentant M. B, en sa présence ;
- et les observations de la représentante du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, alors agent contractuel occupant un emploi d'agent administratif principal des finances publiques de 2ème classe au sein de la DRFIP des Pays-de-la-Loire et du département de la Loire-Atlantique, a été déclaré inapte définitivement à la poursuite de son activité professionnelle avec possibilité de reclassement par un médecin généraliste agréé, le 27 décembre 2023. Le 18 janvier 2024, le médecin de prévention a émis les préconisations en vue du reclassement de l'intéressé. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle la directrice régionale des Finances publiques des Pays-de-la-Loire et du département de la Loire-Atlantique a prononcé son licenciement à compter du 1er mars suivant, pour inaptitude physique à l'exercice de ses fonctions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 29 février 2024 par laquelle la directrice régionale des Finances publiques des Pays-de-la-Loire et du département de la Loire-Atlantique a prononcé son licenciement à compter du 1er mars suivant, pour inaptitude physique à l'exercice de ses fonctions.
4. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, ni de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à Me Larre.
Fait à Nantes, le 17 juin 2024.
La juge des référés,
O. Robert-Nutte
La greffière,
M-C. MinardLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026