jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2406887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL GILLES RENAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 24 mai 2024, M. B, représenté par Me Agostini, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 avril 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Mayenne l'a radié du dispositif RSA (revenu de solidarité active) à compter du 1er avril 2024, ainsi que de la décision du 9 avril 2024 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours formé contre cette radiation ;
2°) de mettre à la charge du département de la Mayenne la somme de 1 200 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de particulière précarité en ce qu'il ne percevait que le revenu de solidarité active (RSA) d'un montant mensuel de 534,82 euros pour subvenir à la totalité de ses besoins ; il a vu le montant de son allocation RSA se réduire continuellement lors des mois de décembre 2023 et janvier et février 2024 ; sa situation de précarité extrême le place ainsi dans une détresse morale, psychologique et physique ; il justifie de sa domiciliation à Changé ; il a sollicité une pension alimentaire dès que sa situation lui permettait d'y prétendre ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles ; le président du conseil départemental de la Mayenne a considéré, à tort, qu'il n'avait pas respecté les dispositions de l'article L 262-28 du code de l'action sociale et des familles en ayant manqué à l'obligation de rechercher un emploi, d'entreprendre des démarches de création de sa propre activité ou des actions nécessaires à une meilleure insertion sociale et professionnelle ; il s'est cependant retrouvé sans aucune ressource à la suite d'une procédure de divorce engagée en 2022 et a éprouvé des difficultés à trouver un emploi, compte tenu de son statut de travailleur handicapé ; n'ayant pas de droits ouverts auprès de France Travail, il a alors formé une demande de RSA qu'il a obtenu en octobre 2022 et a respecté ses engagements résultant de la conclusion d'une convention d'accompagnement avec le conseil départemental de la Mayenne ; il a été employé sous contrat à durée déterminée successivement par la société Mayon'Court puis la société BSL, mais s'est retrouvé confronté dans l'incapacité matérielle et financière se rendre sur son poste de travail, au regard des frais de déplacements qu'impliquait sa présence sur les sites de ces entreprises ; contrairement à ce qu'a retenu le conseil départemental, il était présent à son poste de travail le 25 mars 2024 et la fin de son contrat de travail résulte de la seule volonté de son employeur qui a mis fin à sa période d'essai, et non du fait qu'il aurait prétendument fait état d'une incapacité physique à exercer ses missions ; contrairement à ce que fait valoir le département en défense, il a travaillé le 18 mars 2024 et le 19 mars 2024 était un jour de repos ; son véhicule, en panne d'essence, était bien stationné à Loiron, contrairement à ce qu'il est indiqué dans l'attestation produite en défense, laquelle n'est pas établie sur un cerfa et n'est pas accompagnée d'une copie de la carte d'identité de son auteur, employé dans une association subventionnée en majorité par le département de la Mayenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le département de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 mai 2024 sous le numéro 2406858 par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 mai 2024 à 10 h 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Agostini, représentant M. B,
- et les observations du représentant du département de la Mayenne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, d'une part, de la décision du décision du 5 avril 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Mayenne l'a radié du dispositif RSA (revenu de solidarité active ) à compter du 1er avril 2024, et, d'autre part, de la décision du 9 avril 2024 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours formé contre cette radiation.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions des 5 et 9 avril 2024 par lesquelles le président du conseil départemental de la Mayenne, d'une part, a radié l'intéressé du dispositif RSA à compter du 1er avril 2024, et, d'autre part, a rejeté son recours formé contre cette radiation.
4. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au département de la Mayenne et à Me Agostini.
Fait à Nantes, le 13 juin 2024.
La juge des référés,
O. ROBERT-NUTTE
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2406887
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026