lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 13 et 27 mai 2024, M. A B et Mme E F, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux des enfants mineurs, D B et C B, représentés par Me Bourgeois, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours dirigé contre la décision du 12 décembre 2023 de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran), refusant de leur délivrer un visa en vue de solliciter l'asile en France ;
2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer leur situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de leur conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. A leur profit en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* eu égard à leurs conditions de vie en Iran ; elles sont extrêmement précaires et ils sont victimes de discriminations et de violences en raison de leur appartenance à l'ethnie hazara et en raison de leur qualité de migrants ;
* eu égard au risque de renvoi vers l'Afghanistan. S'ils ont bénéficié d'un visa du 31 juillet au 28 octobre 2022, qui a été renouvelé jusqu'au 11 janvier 2024, ils n'en disposent plus. Or, il est connu des autorités françaises que les autorités iraniennes expulsent les afghans vers leur pays, notamment lorsqu'ils sont en situation en irrégulière. Ils y seraient exposés à des persécutions des talibans en raison, en premier lieu, de leur appartenance à l'ethnie hazara, en deuxième lieu, pour Madame, en raison de son genre, en dernier lieu, en raison de leur qualité d'opposants au régime et de défenseurs des droits humains, en tant que journaliste opposé aux talibans s'agissant de Monsieur, mais également de webmaster au service de l'OTAN, et du travail de Madame au sein de l'organisation AYNEO.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* en refusant la délivrance des visas qu'ils sollicitent, les autorités françaises font obstacle à ce qu'ils puissent faire valoir une demande de protection internationale en raison des risques pour leur vie et leur sécurité auxquels ils sont exposés en Iran et en Afghanistan, illustrés tant par la tentative d'agression par les talibans dont Madame a été victime le 1er mai 2021, que par la fouille de leur logement le 3 juillet 2022 ; outre ces expulsions massives, la situation actuelle en Iran est extrêmement difficile, exacerbée par la répression sanglante du régime ;
* elle méconnait les stipulations des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnait les stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Le syndicat national des journalistes, représenté par Me Bourgeois, a présenté un mémoire en intervention volontaire au soutien des conclusions présentées par les requérants, enregistré le 21 mai 2024, complété par des pièces le 24 mai 2024.
Vu :
- la requête en annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mai 2024 à 14 heures 30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Pollono, substituant Me Bourgeois, avocate des requérants, qui insiste sur la réalité des risques encourus en cas de retour des intéressés en Afghanistan, alors que les expulsions des afghans en situation irrégulière sont nombreuses, ce que la Cour nationale du droit d'asile ne manque d'ailleurs pas de rappeler ;
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée pour les requérants, a été enregistrée le 28 mai 2024 à 17h53. Elle a été communiquée.
L'instruction a été rouverte pour être à nouveau close le 30 mai à 16h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme E F, ressortissants afghans, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours dirigé contre la décision du 12 décembre 2023 de l'autorité consulaire française à Téhéran refusant de leur délivrer, ainsi qu'à leurs enfants mineurs, un visa en vue de solliciter l'asile en France.
Sur l'intervention :
2. Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, le syndicat national des journalistes, représenté par Me Bourgeois, déclare intervenir volontairement au soutien de la requête de M. A B et de Mme E F. Cette association a intérêt à la suspension de l'exécution de la décision attaquée. Son intervention est recevable.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aucun des moyens invoqués par M. A B et par Mme E F, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions présentées par M. A B et par Mme E F au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles formulées à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention du syndicat national des journalistes est admise.
Article 2 : La requête de M. A B et de Mme E F est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme E F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 3 juin 2024.
Le juge des référés,
L. Bouchardon
La greffière,
J. DionisLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026