lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407039 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Asile - 15 jours |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, un mémoire enregistré le 21 mai 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 22 mai 2024, M. C, représenté par Me Néraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure normale, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans les meilleurs délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 700 euros à verser à Me Néraudau, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la notification de la décision ne mentionne pas les coordonnées de l'interprète qui l'a effectuée ;
- la compétence de l'interprète qui l'a assisté lors de l'entretien individuel n'est pas établie ;
- la compétence de la personne qui a mené cet entretien n'est pas non plus établie ;
- la compétence de la signataire de l'arrêté contesté n'est pas établie ;
- il n'est pas établi que les conditions de notification de cet arrêté ont été respectées ;
- l'arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit à l'information garanti par l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 et par l'article 13 du règlement UE n° 2016/679 ;
- il méconnaît les conditions de l'entretien prévues par l'article 5 du règlement n° 604/2013 ;
- il n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du même règlement ;
-il méconnaît l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 16 du règlement n° 604/2013.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 et 22 mai 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la commission du 30 janvier 2014 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rimeu pour statuer sur les litiges visés au III de l'article L. 512-1 et à l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2024 à 10h00 :
- le rapport de Mme Rimeu,
- et les observations de Me Néraudau, représentant M. C, en présence de celui-ci, assisté d'une interprète. Est soulevé un nouveau moyen tiré de l'absence de production par le préfet de la fiche visabio.
Le préfet de Maine-et-Loire, régulièrement convoqué à l'audience, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant angolais né le 11 février 1995, déclarant être entré en France le 25 août 2023, a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture de la Loire-Atlantique le 21 février 2024. La consultation du fichier Visabio a révélé qu'il était en possession d'un visa périmé depuis moins de six mois, délivré par les autorités portugaises. Le 26 février 2024, le préfet de Maine-et-Loire a saisi les autorités portugaises d'une demande de prise en charge, sur le fondement du paragraphe 4 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013. Les autorités portugaises ont donné leur accord explicite le 15 avril 2024. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a ordonné son transfert vers le Portugal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité () ".
3. Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par le chapitre III du règlement, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 dudit règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les parents de M. C, chez lesquels il réside depuis son arrivée en France, ainsi que son frère résident tous régulièrement en France. En outre, M. C souffre de plusieurs pathologies, dont la gravité n'est pas contestée en défense, pour lesquelles il justifie d'un suivi médical à Nantes. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de Maine-et-Loire, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en décidant de transférer le requérant vers le Portugal sans faire application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de le transférer aux autorités portugaises.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au second motif d'annulation retenu, l'exécution de la présente décision implique nécessairement que le préfet de Maine-et-Loire délivre à M. C une attestation de demande d'asile en procédure normale, dans un délai de quinze jours.
Sur les frais liés au litige :
7. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Néraudau au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce au versement de la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 avril 2024 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a ordonné le transfert de M. C au Portugal pour l'examen de sa demande d'asile est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de délivrer à M. C une attestation de demande d'asile en procédure normale dans un délai de quinze jours.
Article 3 : L'Etat versera à Me Néraudau la somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Néraudau.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
La magistrate désignée,
S. RIMEULa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026