vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NDAYISABA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 et 27 mai 2024, M. H E K et Mme C G, agissant pour le compte des jeunes F I, D B et H L J, représentés par Me Ndayisaba, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté leur recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Kampala (Ouganda) du 25 septembre 2023 ayant refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à leurs enfants ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la situation des enfants dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à leur conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la durée de leur séparation avec leurs trois enfants depuis leur fuite de l'Ouganda en janvier 2018, aucun délai n'étant prescrit pour engager la procédure de réunification ; ils n'ont pas manqué de diligences dans leurs démarches relatives à la réunification familiale ; la décision contestée place les enfants en situation de vulnérabilité dès lors qu'ils sont isolés et éloignés de leurs parents biologiques, seuls titulaires de l'autorité parentale, la personne s'occupant actuellement des enfants devant prochainement quitter l'Ouganda ; la jeune F I, dont il est établi qu'elle est déjà suivie pour une pathologie grave, ne peut plus bénéficier d'un suivi médical en Ouganda où le traitement adéquat n'est pas disponible, et risque de subir de fortes complications si elle ne bénéficie pas rapidement d'un traitement et d'un suivi médical en France ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation des enfants ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la réunification familiale ainsi que la jurisprudence applicable en la matière : la motivation de la décision consulaire, implicitement reprise par la décision contestée, se fonde notamment sur l'absence de justification du lien de filiation, or ont été produits les actes de naissance des trois enfants tel qu'établis par les autorités rwandaises, et il n'est pas établi qu'ils soient entachés d'inexactitude ou de fraude ; l'administration aurait dû se baser sur l'ensemble des documents dont elle disposait, notamment les documents présentés dans le cadre des précédentes procédures d'asile ; c'est à l'administration qu'il revient d'apporter la preuve du caractère frauduleux de ces actes, ce qui n'est pas établi en l'espèce, par conséquent les enfants entrent dans les catégories ouvrant droit à la réunification familiale, leurs actes d'état civils étant présumés authentiques et les éléments de possession d'état suffisamment probants ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 2 de la Convention du 26 janvier 1990 relatives aux droits de l'enfant et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : la durée de séparation de la famille n'est pas de la responsabilité de l'administration compte tenu du temps écoulé entre l'obtention du statut de réfugié par les parents et le dépôt des demandes de visa pour leurs enfants, soit plus de trois ans ; les enfants sont pris en charge par une tutrice à laquelle il est possible pour les requérants d'adresser des fonds pour subvenir aux besoins des enfants et en ce que la pathologie dont est atteinte l'enfant F I ne constitue pas une urgence vitale ;
- aucun des moyens soulevés par M. et Mme E K et G, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 février 2024 sous le numéro 2403167 par laquelle M. E K et Mme G demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relatives aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mai 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de Me Collin, substituant Me Ndayisaba, représentant M. E K et Mme G, qui fait valoir un vice de forme en ce que la commission de recours contre les refus d'entrée en France n'a pas répondu à la demande de communication des moyens,
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui fait valoir qu'il n'y a pas de vice de forme dès lors que le silence gardé par la commission vaut rejet implicite de la demande. Il fait également valoir que le départ imminent de la tutrice des enfants du territoire ougandais n'est pas établi, le risque d'isolement des enfants étant par conséquent hypothétique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G et M. E K, ressortissants rwandais, ont fui leur pays en raison de persécutions et ont obtenu respectivement le statut de réfugiés par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides du 15 mars 2019 et par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 octobre 2019. Ils demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 4 décembre 2023 par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision du 25 septembre 2023 par laquelle l'autorité consulaire française à Kampala a refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale aux jeunes F I, D B et H L J.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. En l'espèce, pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence à statuer sur la décision implicite de la commission de recours objet du présent litige, M. E K et Mme G font valoir que l'état de santé de la jeune F I risque de se dégrader rapidement si elle ne bénéficie pas d'un suivi médical en France. Toutefois, s'il est établi, au moyen d'un certificat médical dressé par le centre de santé Malcolm Kabowa Kampala-Ouganda le 28 mars 2024, que l'enfant est susceptible de présenter les symptômes d'une endométriose sévère nécessitant des soins d'urgence et un suivi dans un établissement médical spécialisé, cela ne suffit pas à caractériser qu'elle serait susceptible d'encourir un risque vital pour sa santé si elle ne bénéficie pas d'un tel suivi sur le territoire français à bref délai. Par ailleurs, si les requérants invoquent la situation d'isolement imminent dans laquelle leurs enfants se trouveront placés en Ouganda en raison du départ de leur tutrice, il n'est aucunement établi que cette dernière aurait l'intention de les livrer à eux-mêmes, ni que les requérants n'auraient aucune solution de remplacement alors que la durée de séparation de la famille trouve pour la majeure partie son origine dans le manque de diligence des parents à accomplir les démarches de réunification.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions présentées par M. et Mme E K et G sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquences, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte et celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E K et G est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H E K, à Mme C G, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Ndayisaba.
Fait à Nantes, le 7 juin 2024.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La greffière,
M. ALa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026