jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 3ème chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2024, M. C A B, représenté par Me Néraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a astreint à se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de Saumur ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de lui délivrer une autorisation de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros hors taxe au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur les moyens communs :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été signé par une autorité habilitée ;
- il n'a pas été pris à l'issue d'un examen particulier de sa demande ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- son droit d'être entendu n'a pas été respecté ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en raison de circonstances humanitaires ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision distincte fixant le pays de renvoi :
- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;
- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision obligeant à se présenter au commissariat :
- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2025, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 novembre 2024.
Le président du tribunal a délégué à M. Cantié les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 février 2025, à 10 heures, M. Cantié :
- a lu son rapport,
- a entendu les observations de Me Néraudau, représentant M. A B, qui a confirmé les écritures présentées ;
- le préfet de Maine-et-Loire n'étant ni présent, ni représenté,
- et a prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant soudanais né le 25 février 1989, a été définitivement débouté du droit d'asile par une décision du 19 mars 2024. Par un arrêté du 11 avril 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a astreint à se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de Saumur.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Emmanuel Le Roy, secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire, auquel le préfet a, par un arrêté du 18 mars 2024 régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture, donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte manque en fait.
3. En second lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté en litige, qui énonce les considérations utiles de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions prises à l'encontre de M. A B, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas examiné la situation de l'intéressé ou se serait cru tenu par le rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, l'intéressé ne fait état d'aucun élément qui, s'il avait été porté à la connaissance du préfet, aurait été de nature à influer sur le sens des décisions prises. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ces mesures sont insuffisamment motivées, qu'un examen particulier de sa situation n'a pas été opéré, ni que son droit d'être entendu n'a pas été respecté.
Sur les autres moyens de la requête :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, M. A B ne produit aucun élément précis et probant en vue d'attester que des circonstances humanitaires auraient été de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour.
5. En deuxième lieu, M. A B, dont la durée du séjour en France s'explique par l'examen de sa demande d'asile, ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Les éléments dont il fait état ne suffisent pas à démontrer sa volonté d'intégration en France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que la même mesure serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 4 et 5 et compte tenu de la portée de l'obligation de quitter le territoire pris à l'encontre de M. A B, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne saurait être accueilli.
En ce qui concerne les autres décisions contestées :
7. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. A B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.
8. En deuxième lieu, les faits dont fait état M. A B en vue d'établir qu'il encourt un risque personnel en cas de retour au Soudan ne sont pas attestés par des éléments suffisamment précis et probants. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En dernier lieu, le requérant ne fait état d'aucune circonstance qui s'opposerait à ce qu'il respecte l'obligation de pointage qui lui a été assignée, qui n'apparaît pas disproportionnée au regard de la situation de l'intéressé.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et les conclusions de la requête présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Néraudau, et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le magistrat désigné,
C. CANTIÉ La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
N°2407382
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026