lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - 96h - Eloignement |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2024, M. C, représenté par Me Guérin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 20 mai 2024 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique, d'une part, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant ce réexamen sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 613-2 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été mis en œuvre avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision attaquée ;
Sur la décision portant assignation à résidence :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 1° de l'article L. 731- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français prive de base légale la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mai 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 mai 2024 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Allio-Rousseau, magistrate désignée ;
- les observations de Me Guérin, représentant M. C ;
- les observations de M. C, assisté de Mme B, interprète en langue azerbaïdjanaise ;
- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré produite pour M. C a été enregistrée le 24 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par les arrêtés du 20 mai 2024, dont M. A C, ressortissant azerbaïdjanais né le 19 mai 1985, demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique, d'une part, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département de la Loire-Atlantique pendant une durée de 45 jours.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par un arrêté du 2 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme Urwana Querrec Halleguen, secrétaire générale pour les affaires régionales des Pays de la Loire, à l'effet de signer, pendant les permanences préfectorales qu'elle est amenée à tenir pendant les jours non ouvrables (samedis, dimanches et jours fériés), les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français ainsi que les arrêtés portant assignation à résidence. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". En outre, l'article L. 613-2 de ce code dispose : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".
4. L'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. L'autorité compétente doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
5. La décision litigieuse vise l'article L.612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que M. C a fait l'objet le 21 février 2022 d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à laquelle il n'a pas déféré, qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il n'établit pas disposer en France d'attaches privées et familiales intenses stables et anciennes et qu'il n'a aucune ressource légale. L'arrêté attaqué relève enfin qu'il est défavorablement connu des services de police pour avoir menacé son ex-conjointe le 19 mai 2024. Cet arrêté est ainsi, au regard des exigences rappelées au point précédent, suffisamment motivé en droit comme en fait. Contrairement à ce que soutient l'intéressé, le préfet n'avait pas, en particulier, à indiquer les raisons pour lesquelles il a estimé qu'aucune circonstance humanitaire ne justifiait que cette interdiction ne soit pas prononcée. Cette motivation permet par ailleurs de constater que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen complet de la situation de M. C.
6. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
7. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de la garde à vue dont il a fait l'objet le 20 mai 2024 au commissariat de police de Nantes, M. C, qui a bénéficié de la présence d'une avocate pour l'assister, a été auditionné sur sa situation de séjour sur le territoire français et sur l'irrégularité de ce séjour. Il a déclaré à cette occasion séjourner irrégulièrement sur ce territoire depuis 2021 et avoir déjà présenté une demande d'asile rejetée par les instances compétentes. Il a indiqué la présence en France de son ex-compagne, de son père et de sa mère, chez lesquels il a indiqué résider, ainsi que de ses deux frères et d'autres membres de ses familles maternelles et paternelles. Il a également déclaré avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire qui ne lui aurait pas été notifiée et ne pas vouloir retourner en Azerbaïdjan. Enfin, il a mentionné avoir des problèmes de santé liés à sa thyroïde. Dans ces conditions, il a été mis à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur son maintien en France suite à l'édiction d'une obligation de quitter le territoire et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une interdiction de retour sur le territoire français. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, des droits de la défense et du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
9. En troisième lieu, les dispositions de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile définissent les informations devant être communiquées à un étranger faisant l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français, postérieurement au prononcé de cette interdiction. Dès lors, ces dispositions, qui sont propres aux conditions d'exécution de l'interdiction, sont sans incidence sur sa légalité et ne peuvent être utilement invoquées au soutien de conclusions tendant à son annulation.
10. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le requérant est entré et s'est maintenu irrégulièrement en France depuis 2021. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire à laquelle il n'a pas déféré. Il est séparé de son compagne de même nationalité avec laquelle il a eu une altercation ayant donné lieu à son placement en garde à vue au cours du mois de mai 2024. Si ses deux frères ont acquis la nationalité française, il ressort des pièces du dossier que ses deux parents, auprès desquels il résidait, sont en situation irrégulière en France et n'ont pas vocation à y rester. Il n'établit aucune intégration particulière en France. Le requérant ne fait valoir aucune circonstance humanitaire de nature à faire échec à une interdiction de retour sur le territoire français en se bornant à faire état à des publications générales sur la situation des droits de l'homme dans son pays d'origine, alors que sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu le 6 janvier 2022 par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile. Par ailleurs, s'il indique être atteint de dysthyroïdie, pour laquelle il bénéfice d'un traitement adapté en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement équivalent dans son pays de nationalité, alors au demeurant que la décision attaquée n'a pas pour effet de l'éloigner à destination de ce pays. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qui entacherait la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans tant au regard des dispositions de l'article L. 612-7 que de celles de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En sixième lieu, le requérant se borne à soutenir que l'obligation de quitter le territoire du 21 février 2022 est illégale dès lors que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas procédé à un examen complet de sa situation individuelle avant son édiction. Ce faisant, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer que l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du 21 février 2022, qu'il n'a pas contestée, entrainerait par voie de conséquence l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur l'assignation à résidence :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
14. La décision du 20 mai 2024 portant assignation à résidence de M. C dans le département de la Loire-Atlantique pendant une durée de quarante-cinq jours comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui la fondent. Il suit de là qu'elle est suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté comme manquant en fait. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision contestée, que la situation de M. C n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet et sérieux par le préfet de la Loire-Atlantique.
15. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Ces dispositions, issues du 2° du VI de l'article 72 de cette loi sont d'application immédiate ainsi que cela résulte du IV de l'article 86 de la même loi, soit le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel de la République française, en l'absence de disposition réglementaire nécessaire à leur application.
16. Il ne ressort d'aucune des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'une obligation de quitter le territoire français deviendrait caduque à défaut d'avoir été exécutée à l'issue d'un délai déterminé. Alors même que les dispositions de l'article L. 731-1 de ce code, dans leur rédaction antérieure à la loi du 26 janvier 2024, faisaient obstacle à l'assignation à résidence d'un étranger sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire prise plus d'un an auparavant, elles n'avaient ni pour objet ni pour effet de mettre fin aux effets de la mesure d'éloignement, l'étranger demeurant tenu de quitter le territoire. Il s'ensuit que l'écoulement du temps depuis l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français le 21 février 2022, n'a pas, en lui-même, eu pour effet de placer l'intéressé dans une situation juridique définitivement constituée. M. C ne peut se prévaloir d'aucun droit acquis faisant obstacle à l'application de règles nouvelles à sa situation.
17. En conséquence, en prononçant l'assignation à résidence contestée de M. C sur le fondement des dispositions nouvelles du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile après avoir relevé que l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français notifiée le 21 février 2022, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu le principe de non-rétroactivité des actes administratifs, ni entaché sa décision d'une erreur de droit.
18. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation qui est faite à M. C de se présenter tous les lundis, mercredis et vendredis entre 8h00 et 9h00 aux services du commissariat central de Nantes procède d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé, lequel, domicilié dans cette commune, ne justifie d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire à cette obligation ni d'aucun élément de nature à démontrer le caractère excessif de la mesure de pointage ou son incompatibilité avec sa situation personnelle, durant le temps nécessaire à la mise à exécution des décisions relatives à son éloignement.
19. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. En dernier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'étant pas établie, M. C n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision portant assignation à résidence.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Guérin et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
La magistrate désignée,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026