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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2407576

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2407576

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2407576
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mai 2024 sous le numéro 2407576, complétée par un mémoire enregistré le 4 juin 2024, M. B C, représenté par Me Leroy, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 25 avril 2024 par laquelle le préfet de la Vendée lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour " salarié " et la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en cette qualité, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée satisfaite s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, d'autant que le refus litigieux fait obstacle à la poursuite de son activité professionnelle et le place en situation de précarité économique ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* son édiction n'a pas été précédée de l'examen sérieux et particulier de la situation personnelle de l'intéressé, en couple depuis septembre 2022 avec un ressortissante française,

* elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la présence en France de l'intéressée ne constituant pas une menace pour l'ordre public ; en tout état de cause compte tenu de l'ancienneté de sa présence sur le territoire, où résident l'ensemble des membres de sa famille, de son intégration socio-professionnelle et de sa relation avec une ressortissante française, l'atteinte portée à son droit au respect de sa vie privée et familiale est disproportionnée au regard des buts poursuivis.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision attaquée ;

- la requête n° 2407597 enregistrée le 22 mai 2024 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision susvisée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juin 2024, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :

- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,

- et les observations de Me Leroy, représentant M. C, en présence de l'intéressé et de sa conjointe, Mme A, qui a pris la parole.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Le moyen tiré de ce que le refus de séjour litigieux porte une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est de nature, en l'état de l'instruction, à créer dans les circonstances particulières de l'espèce un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. La condition d'urgence étant par ailleurs présumée satisfaite s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 avril 2024 et d'enjoindre au préfet de la Vendée de procéder au réexamen de la demande de M. C dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de munir sans délai l'intéressé, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour et de travail, sans qu'une astreinte ne soit toutefois nécessaire.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de la Vendée en date du 25 avril 2024 est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vendée de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de munir sans délai l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour et de travail.

Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 800 euros (huit cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Vendée.

Fait à Nantes, le 6 juin 2024.

La vice-présidente, juge des référés,

A.-C. WUNDERLICHLa greffière,

G. PEIGNÉ

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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