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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2407599

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2407599

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2407599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantLAPLANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 mai 2024 et 24 janvier 2025, M. E B D, représenté par Me Laplane, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour, jusqu'à ce qu'il ait procédé à un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxe sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- le requérant ne présente pas de menace à l'ordre public ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est illégale par voie d'exception, l'obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde étant elle-même illégale ;

- elle est illégale en ce qu'elle expose le requérant à des traitements inhumains et dégradants.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant l'interdiction de retour du territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 8 et 20 janvier 2025, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

M. B D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 24 janvier 2025.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant irakien, né le 1er juillet 1968, est entré en France le 20 avril 2016 pour y solliciter l'asile et a obtenu, par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 février 2017, le bénéfice de la protection subsidiaire. Il a bénéficié de titres de séjour à compter du 17 juillet 2017 et a été rejoint par sa famille en France. Il a été condamné le 14 mars 2019 par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sans incapacité commise sur sa conjointe puis par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon le 12 avril 2022 à deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de violences habituelles sans incapacité sur sa conjointe et mineurs de 15 ans, confirmé en, appel par la cour d'appel de Poitiers le 4 juillet 2022. Par une décision en date du 9 décembre 2022, l'OFPRA a mis fin à la protection internationale dont il bénéficiait. Par une décision du 10 février 2023, le préfet de la Vendée a procédé au retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et l'a muni d'une carte de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'au 27 février 2025, qui lui a été retirée par une décision du 12 avril 2024. Par la présente requête, M. B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont elle fait application, notamment l'article L. 611-1, 3°. Par ailleurs, la décision, se réfère aux condamnations du requérant, inscrites au bulletin n°2, qui a été condamné le 14 mars 2019 par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sans incapacité commise sur sa conjointe puis par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon le 12 avril 2022 à deux ans d'emprisonnement dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de violences habituelles sans incapacité sur sa conjointe et mineurs de 15 ans, confirmé en, appel par la cour d'appel de Poitiers et assorti d'une interdiction d'approcher les victimes par un dispositif anti-rapprochement et retrait de l'exercice de l'autorité parentale et atteste, lesquels faits constituent une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. Elle fait également état que suite à cette condamnation, l'office français de protection des étrangers et apatrides lui a retiré le 9 décembre 2022, le bénéfice de la protection subsidiaire. Ainsi, la décision en litige, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté. En outre, il ne ressort pas de cette motivation que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen sérieux et approfondi de sa situation personnelle. Le moyen doit également être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()/ 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

4. Il ressort des termes de la décision en litige que le préfet s'est fondé sur le 3° de l'article L. 611-1. Or, il est constant que M. B D s'est vu retiré par une décision du 10 février 2023, du préfet de la Vendée sa carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " puis par une décision du 12 avril 2024, son titre de séjour " vie privée et familiale ". Par suite, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 611-1 et le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit ou d'appréciation au regard de la menace à l'ordre public.

5. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Si le requérant se prévaut de sa présence en France, en situation régulière jusqu'au 12 avril 2024 depuis 2016 et de sa vie de famille en France ou vivent son épouse et ses huit enfants, comme évoqué précédemment au point 2, il ressort des pièces du dossier que suite aux violences commises à l'égard de son épouse et de deux de ses enfants mineurs, il lui a été fait interdiction d'entrer en contact avec ces derniers, dans le cadre du sursis probatoire de deux ans au moyen d'un bracelet anti-rapprochement et l'a privé de son autorité parentale sur ces deux enfants mineurs. Il ressort également des pièces du dossier, notamment de l'arrêt de la cour d'appel de Poitiers que le requérant présente un fort risque de réitération des faits dont il n'a pas pris la mesure. Aussi si le requérant verse au dossier une attestation de suivi de cours de français, qu'il a suivi une formation " mécano Vélo " et qu'il est suivi sur le plan médical pour troubles dépressifs et psychologiques et est également suivi pour une affection longue durée comme en témoigne l'ordonnance versée au dossier, alors qu'il n'a jamais exercé d'activité salariée en France dont il ne parle pas la langue et n'est pas dépourvu d'attaches en Irak où il a vécu jusqu'à l'âge de 48 ans, il n'établit pas une intégration particulière en France. Par suite en prononçant une obligation de quitter le territoire, au regard des buts pour lesquels elle a été prise éu égard à la menace à l'ordre public qu'il constitue, le préfet de la Vendée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 512-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La protection subsidiaire n'est pas accordée à une personne s'il existe des raisons sérieuses de penser : ()4° Que son activité sur le territoire constitue une menace grave pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sûreté de l'Etat ". Aux termes de l'article L. 512-3 du même code : " () L'office met également fin à tout moment, de sa propre initiative ou à la demande de l'autorité administrative, au bénéfice de la protection subsidiaire dans les cas suivants : () / 3° Le bénéficiaire de la protection subsidiaire doit, à raison de faits commis après l'octroi de la protection, en être exclu pour l'un des motifs prévus à l'article L. 512-2. / Par dérogation au premier alinéa, la protection subsidiaire est maintenue lorsque son bénéficiaire justifie de raisons impérieuses tenant à des atteintes graves antérieures pour refuser de se réclamer de la protection de son pays ". Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

8. Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou aux articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, le fait que la personne ait la qualité de réfugié est un élément qui doit être particulièrement pris en compte par les autorités. Dès lors, la personne à qui le statut de réfugié a été retiré, mais qui a conservé la qualité de réfugié, ne peut être éloignée que si l'administration, au terme d'un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte cette qualité, conclut à l'absence de risque pour l'intéressé de subir un traitement prohibé par les stipulations précitées dans le pays de destination.

9. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'était vu attribuer la protection subsidiaire par décision de l'office français de protection des étrangers et apatrides du 28 février 2017 en raison du risque qu'il courait de subir des atteintes graves de la part de ses créanciers en cas de retour en Irak du fait de la faillite de son commerce. Il ressort également des pièces du dossier qu'il s'est vu " retirer le statut de réfugié " en raison du retrait du bénéfice de la protection subsidiaire suite à sa condamnation par le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon du 12 avril 2022 à deux ans d'emprisonnement pour violences habituelles à l'égard de sa conjointe, par une décision de l'OFPRA du 9 décembre 2022 prise en application des articles L. 512-2 et L. 512-3 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cependant, en se bornant à mentionner que " M. B D ne justifie pas faire l'objet de menaces ni être exposé à des risques pour sa sécurité ou sa vie en cas de retour dans son pays d'origine comme l'atteste la décision de l'OFPRA du 9 décembre 2022 de fin de protection", alors que la décision de l'OFPRA ne se prononce pas sur la réalité des risques en cas de retour en Irak, que le requérant a expressément exprimé ses craintes en, cas de retour en Irak dans le courrier adressé au préfet le 29 mars 2024 sans procéder à un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte sa qualité de réfugié, le préfet de la Vendée a entaché la décision fixant le pays de destination d'erreur de droit. Il y a lieu, par suite, et sans qu'il soit besoin d'analyser les autres moyens dirigés contre cette décision, de l'annuler.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant l'interdiction de retour du territoire français :

10. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

11. Si le préfet doit tenir compte, pour décider de prononcer, à l'encontre d'un étranger, une interdiction de retour et fixer sa durée de chacun des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une telle mesure soit décidée quand bien même une partie de ces critères, qui ne sont pas cumulatifs, ne serait pas remplie. Il ressort des termes de la décision attaquée qui cite notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dont elle fait application, qu'elle indique qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de ses condamnations pour violences intra-familiales, comportement troublant l'ordre public. Par suite, quand bien même il n'a jamais fait de précédente obligation de quitter le territoire et qu'il est présent en France depuis 2016, en fixant à deux ans, ce qui n'est pas la durée maximale, la durée de l'interdiction de retour prononcée contre l'intéressé, le préfet de la Vendée a suffisamment motivé sa décision et n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen ni d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B D est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision en date du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de la Vendée a fixé l'Irak comme pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Vendée de réexaminer la situation de M. B D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

14. M. B D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Laplane, avocat de M. B D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Laplane, de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision en date du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de la Vendée a fixé l'Irak comme pays à destination duquel la décision du même jour portant obligation de quitter sans délai le territoire français doit être annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vendée de réexaminer la situation de M. B D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Laplane la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B D, au préfet de la Vendée et à Me Antoine Laplane.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025 .

La magistrate désignée,

S. MOUNICLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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