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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2408359

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2408359

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2408359
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL R & P AVOCATS - OLIVIER RENARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 18 juin 2024, M. C B, représenté par Me Renard, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, et elle est satisfaite dès lors que la décision attaquée le prive de la possibilité d'exercer son activité professionnelle et emporte ainsi des incidences graves et immédiates sur sa situation personnelle, familiale et matérielle, notamment en raison de ce que ses deux fils, son épouse et lui-même ont pour seule ressource la pension d'invalidité de son épouse ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;

* elle est insuffisamment motivée : la motivation manque en droit en ce que les stipulations de la convention internationale des droits de l'enfant ne sont pas visées ; la motivation manque en fait en ce que son fils mineur, qui l'a rejoint au mois de septembre 2023 sous couvert d'un visa de long séjour, n'est pas mentionné dans la décision ; les raisons ayant conduit à considérer que la communauté de vie avec son épouse avait cessé ne sont pas précisées, et enfin, de nombreux éléments relatifs à sa situation personnelle, matérielle, familiale et professionnelle ne sont pas pris en considération tels que sa présence en France depuis presque quatre ans qui a toujours été régulière, son insertion professionnelle passée, les faibles revenus de son épouse du fait de ses problèmes de santé, et la circonstance qu'il pourvoit à l'entretien et l'éducation au quotidien de son fils ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale ainsi qu'il ressort de la motivation lacunaire de la décision ;

* elle méconnait les articles L. 423-1, L. 423-3 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : il démontre résider sur le territoire français de manière régulière depuis plus de trois années ; la communauté de vie avec son épouse n'a pas cessé depuis novembre 2023 et le préfet échoue à démontrer le contraire ;

* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : le centre de ses attaches privées, matérielles et familiales se trouve en France et répondent aux conditions de réalité, d'intensité, d'ancienneté et de stabilité ;

* elle méconnait les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : son éloignement entraine soit une séparation avec son enfant, si ce dernier qui est scolarisé en classe de CM2, reste aux côtés de sa belle-mère qui détient l'autorité parentale à son égard, soit s'il le suit à l'étranger, une séparation de sa belle-mère avec laquelle il entretient des liens stables et durables, portant ainsi, dans tous les cas, atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il est justifié de l'intensité et de la stabilité de ses attaches familiales sur le territoire français ; de sa communauté de vie avec son épouse, de nationalité française, depuis presque six ans ; des liens intenses et durables entretenus entre son fils et son épouse ; de la présence à ses côtés de son fils mineur, entré en France sous couvert d'un visa de long séjour, dont il pourvoit à l'entretien et l'éducation ; de la stabilité de sa résidence en France depuis presque quatre ans ; sa forte insertion professionnelle ; la présence de ses attaches familiales et personnelles sur le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie : le refus de séjour n'a aucune incidence immédiate sur la situation du requérant qui ne démontre pas qu'il sera mis fin à son contrat de travail de façon automatique à l'échéance de son titre de séjour ; il n'est pas démontré qu'il se trouverait démuni de toute ressource financière ou de son hébergement ;

- aucun des moyens soulevés par M. B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 3 juin 2024 sous le numéro 2408301 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 juin 2024 à 10 heures :

- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,

- et les observations de Me Lejosne substituant Me Renard, avocat de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français. En conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.

O R D O N NE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 24 juin 2024.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La greffière,

M. ALa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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