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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2409063

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2409063

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2409063
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBENVENISTE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête en annulation et en injonction. Le litige est devenu sans objet car l'autorité consulaire a délivré le visa de long séjour sollicité pour la réunification familiale après l'introduction du recours, ce qui implique le retrait implicite de la décision initialement attaquée. Le tribunal applique l'article R. 222-1 du code de justice administrative et condamne l'État à verser des sommes au titre des frais irrépétibles (articles L. 761-1 du même code et 37 de la loi du 10 juillet 1991).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, Mme C... B... B... agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure A... D... B..., représentée par Me Benveniste, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 18 janvier 2024 de l’autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) refusant de délivrer un visa de long séjour à sa fille mineure A... D... B... au titre de la réunification familiale ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cette avocate à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle, ou à défaut, en cas de refus d’octroi de l’aide juridictionnelle, de lui verser la somme même somme, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2026, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction et s’en remet à la sagesse du tribunal concernant le surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir qu’il a donné instruction au poste consulaire de Kinshasa de délivrer le visa sollicité.

Mme B... B... a été admise à l’aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 25 novembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Kinshasa a délivré, le 9 février 2026, le visa sollicité à l’enfant mineure A... D... B.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B... B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.

Mme B... B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Benveniste, avocate de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 440 euros. Il y a également lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 360 euros à verser à la requérante sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B... B... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : L’Etat versera à Me Benveniste une somme de 440 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. L’Etat versera également la somme de 360 euros à Mme B... B... au titre des frais de l’instance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... B..., au ministre de l'intérieur et à Me Benveniste.



Fait à Nantes, le 20 mars 2026.
Le président,






E. Berthon

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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